Besoin d’un bon thé avec un très bon gâteau

Magasin Opéra du cours de l’Intendance pas encore en activitéopera-intendance-bordeaux

Hier j’ai rencontré ma très âgée voisine du dessus dans les escaliers. Elle passe sa vie entre chez elle, l’hôpital, des maisons de repos. C’est la même chose pour son mari. Il vient de passer quelques semaines dans une maison, mais il va revenir. Il en a marre. Il a 97 ans. Son compagnon de chambre est mort et il continue à l’entendre la nuit. Il va revenir ici. Ma voisine, elle, me raconte que la dernière fois qu’elle a été dans une « maison » et qu’elle a dit aux autres qu’elle rentrait chez elle, ses « amies » étaient toute étonnées d’apprendre qu’elle avait encore un « chez elle ». Elle avait un œil au beurre noir. Elle est encore tombée. Elle a trouvée que j’avais mauvaise mine.Valentin.jpg

Pâtisserie Valentin à Nansouty, très cher, très bon… Enfin je sais pas. J’y ai jamais rien acheté.

Notre « nouvelle voisine du 4ème »et son copain, (ceux qui ont remplacé la « jouisseuse » sont partis… Il la battait 😦 Ils se sont séparés quand elle a raconté la situation à ses parents. Il y a eu un gros scandale apparemment dans la cage d’escalier un jour où on était chez des copains. Y’a des nouveaux, un jeune couple qui a mis une annonce dans l’entrée : « N’avons pas de meubles… Si vous en avez en trop…? » Ils sont 4 dans le studio. J’espère que ça va mieux se passer que les derniers locataires… Avant la « jouisseuse » il y avait eu un couple qui se battait et lançait les meubles par la fenêtre.

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Hier c’était grosse tempête et ciel gris foncé, grosse pluie. J’ai été faire un tour en ville, manger avec « meilleure cops' »… Et puis j’ai marché, marché, marché… marcher en ville ça me vide la tête. Marché à la campagne ça m’angoisserait. Je suis passé rue du Pas St-Georges : il n’y avait personne, que moi et 3 ou 4 passants pressés. Ça m’a fait plaisir, j’ai presque pas reconnu la rue, j’ai du vérifier que j’étais bien là, on se serait cru il y a 20 ans…

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Cours de l’Intendance il y a une nouvelle pâtisserie, ça s’appelle « Opéra », il y en a une autre place Puy Paulin (sur Porte Dijeau) , ça à l’air super-super chic!  Pensez, une pâtisserie qui ouvre cours de l’Intendance, à côté de Baccara… Je ne suis pas entrée… J’avais pas un besoin irrépressible de religieuse au chocolat… En surffant je découvre qu’il y en a aussi une à la Victoire! Pourquoi j’en parle? parce que j’ai été surprise par le look de cette pâtisserie-boulangerie-chocolaterie : style très ancien, raffiné… Ca me fait penser à une vieille pâtisserie de la Puerta del Sol à Madrid qui n’existe probablement plus. C’est chouette à la Victoire, ça relève un peu le niveau de ce côté de la place qui tombait un peu, tristement, en ruine… J’aime le renouveau parfois.

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Puy Paulin… Voilà un endroit où j’aurais adoré aller avec ma grand-mère bordelaise… Tu t’assoies et tu profites d’un moment de pure plaisir, dans un endroit très chic… L’autre jour je suis allée à la foire à la brocante et j’ai vu un « renard », le même que celui de ma grand-mère : un renard argenté, avec ses petites pattes, sa tête, ses faux yeux en verres 😦 … Bref, le renard tout entier qu’elle portait quand elle faisait des élégances, à Bordeaux… J’étais à la fois fascinée et révulsée, par la douceur de la fourrure et par l’horreur de l’animal mort autour de son cou. Elle avait aussi un vraie patte de lapin dans la poche de son manteau.  Une autre époque.

Place de la Victoire le coin de la rue du restau-U en 2016, super moche :

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Et aujourd’hui : beaucoup plus attirant 😉

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Demain El Marido a pris un RTT pour aller voir Star Wars avec El Joven l’après-midi… J’irais bien prendre un thé…

 

J’aime l’hiver, quand il fait froid

J’aime quand il y a plein de brouillard et qu’il fait froid. J’aime quand je mets mes gants en cuir bleu avec des petits boutons. Ils sont très jolis, je les ai achetés il y a plus de 10 ans et toujours aussi jolis…

J’aime quand je mets mes grosses bottes fourrées, ça me donne envie de danser.

J’aime retourner en prépa de CAPES et retrouver mon vieux prof. Il était un peu patraque. Il a dit qu’on avait de la chance qu’il soit malade, parce qu’il avait pas la force de nous passer le savon qu’on méritait… C’est sûr que dans les années 80 il nous aurait terrorisé un bon coup sur ce coup -là! Bon… J’ai eu 4, mais pas de panique : c’était la meilleur note 😀 comme quoi vous pouvez toujours être fiers de moi!

Bon j’avoue ça ne m’a pas trop affligé. D’abord parce que cette note est principalement due (Hé oui!) à des « accents erronés ou absents » … Et à des fautes que  je ne ferai plus parce que pendant mon passage au lycée j’ai expliqué en long et en large aux lycéens pourquoi je ne tolérerai pas qu’il les fassent! lol. Nan , je rigole, je tolérais parfaitement qu’ils les fassent, mais je devais quand même leur expliquer qu’il fallait pas les faire…

Exemple de fautes qui te volent 3 points sans somation au CAPES :

Ecrire « Supé » au lieu de « Supe » (je sus), « Dijó » au lieu de « dijo » (« il dit », au passé simple). Je les ai faites toutes les deux. C’est ballot parce que j’ai toujours su qu’il fallait pas les faire… Pour que vous compreniez pourquoi il arrive qu’on les fasse : on dit « tocó » (il toucha), « instó »  (il pria instamment) etc… Ça vaut aussi 3 point de ne pas mettre un accent sur les futurs : « estará » (vous serez) ce que je sais par coeur… et pourtant… J’en ai oublié… C’est comme en français en fait. Je peux vous expliquer plein de règles d’orthographe en long et en large et faire les fautes quand même sur mon blog, encore et encore… Enfin je vous passe toutes les fautes que j’ai faites.

La bonne nouvelle c’est qu’en me concentrant je peux les éviter fastoche et remonter  de manière significative. On verra si je peux au second « partiel » de janvier. Et que j’étais quand même très contente de ma traduc. Oui je sais… Mais sachez quand même que certaines on atteint du -15… (« moins », c’est bien ce que je dis). Je vous passe les détails.

Bref. En dehors de ça… Ça va. Dans le tram j’ai rencontré la secrétaire du lycée. Elle m’a dit qu’ils allaient fait un point avec la nouvelle dès lundi prochain : ils veulent pas qu’elle leur pète dans les doigts celle-là! Ils font bien.

Allez : vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver!

Autrement mauvaise nouvelle je passe le CAPES/CAFEP (pour l’enseignement privé, afin de ne bouger que sur ma région). Et pour l’avoir il faut avoir des notes plus élevées que dans le public 😦 Sur les mêmes épreuves… 😦 Il faut en moyenne deux points de plus pour réussir le CAFEP. Big big boules….Bon les rapports du jury c’est pas facile à comprendre, mais c’est ce que je comprends… Si il y a une bonne âme qui peut me confirmer ça. http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/capes_externe/54/6/s2017_capes_externe_lve_espagnol_1_745546.pdf

Bisous.

bonus

 

¡Feliz mes de diciembre!

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Notre petit arbre  est le même que celui que nous avons acheté il y a deux ans en arrivant ici 🙂 Juste le 23! Il est bien vivant mais pas super joli. Il faudrait le mettre dans un pot plus grand, en terre. Le pot en plastique c’est pratique parce que c’est léger, mais quand il fait chaud c’est pas trop pour les plantes… Mais bon il fait toujours son job de sapin de Noël! 🙂 J’ai ressorti le petit lutin que j’avais acheté quand El Joven (ex Hijito) avait un ou deux ans… Le calendrier de l’avant qu’on a décoré il y a bien longtemps et cette semaine on installera la crèche.

La semaine dernière j’ai lu ce bouquin qui m’a complètement bluffé. J’ai trouvé son écriture tellement fine et sans fioritures inutiles. J’ai tout de suite pensé à Mauriac. Je ne sais pas pourquoi. Il peut le prendre comme un compliment. J’irai pas voir le film. Forcément il m’énerverait.  Quand j’ai aimé un bouquin les films m’énervent presque toujours.

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Maintenant j’ai commencé celui-là :

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Très bon  choix aussi : je suis fan, ultra fan… Ça commence pendant la 1ère guerre mondiale. Je ne m’y attendais pas… Une chouette écriture, sans artifices, un vrai écrivain. Il a tout les talents…

Cette semaine je retourne en cours. Moi.  J’ai pas raté grand chose. Pendant que je faisais mon remplacement les autres étaient en stage… Au moins j’ai été payé!

« Finde »*

Cette semaine j’ai claqué ma dem’. Revu le toubib. Parlé avec la fille que je remplaçais, passé 2h avec la fille qui va me remplacer = 100% le même profil que moi, « en pire ». Elle n’a jamais enseigné l’espagnol en lycée pro, ni en lycée, ni en collège… Même pas été prof doc, ni d’autre chose à l’étranger… Ni même surveillante… Ni même prof-doc. Bref. Je ne lui ai parlé ni de « bitocul », ni de « bougnoule », ni de « Vous, vous me parlez pas pas! » ni de « Ça me fait chier »…  Je lui ai même dit, pour pas l’affoler, que le jeune gars qui s’est fait expulser une semaine avec sa bande est somme toute « sympathique » (Je ne voulais pas qu’elle arrive là-bas déjà stressée).  Il y a un certain suspens pour moi : comment ça va se passer pour elle?

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C’est quand même pas le poste-cadeau-gros-noeud-en-taffetas » : aucune classe n’a le même niveau ou programme. Et au sein d’une même classe y a des (vrais) débutants et des élèves qui ont commencé en 5ème.  Term et première techno  (un programme proche du général), première pro d’une spécialité et première pro d’une autre spécialité, terminale pro encore d’une autre… Des secondes d’encore autre chose mais en deux niveaux, une classe de BTS… Plus les cours choisis : un cours que les profs organisent à leur goût et où les élèves s’inscrivent… Une somme de taf énorme. Avec une équipe scolaire très sympas, des locaux supers,  mais une organisation… Pfiou pfiou pfiou… Bref. Le dirlo n’était pas extatique, mais la secrétaire de direction et les responsables administratifs dans les « hautes sphères » ont été très sympas et « pour l’instant » je me suis repositionnée sur des remplacements en doc. Pour faire mon stage en janvier dans le cadre de mon master AVEC un prof en poste, peut-être. Car si on me propose un remplacement en doc avant je le prendrai car les impôts viennent de me dire que « Ok ça faisait vraiment beaucoup, mais il faudrait quand même sortir 800€ ma petite dame! » D’où? Je sais pas… A moins de transformer les crottes de Youri en or, je ne vois pas…

Totilla

Pas de neige ici, mais ça freeze. La semaine prochaine je retourne en cours. Le jour où j’ai « craqué » j’avais même plus envie de passer le concours. A quoi bon? Maintenant l’envie est revenue. Je n’aurais peut-être pas du accepter un remplacement dans un lycée pro. D’ailleurs c’est même pas le même CAPES/CAFEP… (Capes = concours pour le public. CAFEP = concours pour le privé) pour les lycées pro.

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Angle rue Ste-Cath et rue des Ayres

Pour les lycées pro, c’est le CAPLP, c’est différents parce que les profs de langue vivante sont également prof de lettres (français). Là je n’avais pas à enseigner le français heureusement. Enfin bref. Enfin le profil pour ce lycée c’est « avoir une grosse voix et ne douter de rien » je suppose… Qualités que je n’ai pas pas. J’ai la voix de Titi, dans Titi et gros Minet et je doute de tout et en particulier de moi. Et puis si l’esp ça peut pas faire, on continuera dans la doc et voilà.

 

Après des années j’ai finalement les cheveux 100% naturels : y’a pas mal de cheveux blancs, « des fils argentés » comme on dit en littérature », mais ça va. J’en ai moins que mes frères aînés tout de même! Plus jamais de teintures! C’est de la merde! Et je m’aime mieux comme ça.

*Finde = fin de semana = weekend ou week-end…

PS : Merci à CV, le coup de fil de SV m’a fait beaucoup de bien 😉 Bisous.

Être soi-même

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Si il y a bien une phrase qui m’a faite ricaner plus d’une fois c’est celle-ci, en forme de meilleur conseil que l’on puisse donner à quelqu’un à la télé : « Et surtout, reste toi même! ». C’est le genre de phrase complètement bateau qui pour moi et mon Marido, n’avait aucun sens, était complètement creuse, vide. « Et surtout reste toi même! », comme si le risque majeur était de devenir quelqu’un d’autre, comme si on pouvait devenir quelqu’un d’autre… « Ah ben pour sûr, pensais-je… Reste toi même mec! » Persuadée, qu’il n’y avait aucun danger que l’on puisse, de près ou de loin, être quelqu’un d’autre que « soi-même ».

Cette semaine en discutant avec une blog-amie, j’ai eu comme une révélation : le danger n’était pas de  » ne pas rester soi-même », mais de tenter, ou de feindre, d’être quelqu’un d’autre.  Feindre d’être capable et pleine de force et d’entrain quand à l’intérieur on se sent complètement incapable et tremblante… Utiliser la méthode Coué comme une force « Je vais bien! tout va bien! »… En occultant ce que l’on vit, éprouve vraiment. Si je prépare mon cours pendant des heures, ça se passera forcément bien.

_  Ça va?

– Ah oui très bien merci, tout va bien, parfait! (Alors qu’à l’intérieur tout se fissure, se brise, que les petits éclats de verre piquent les doigts.

_ Ça va? Ça se passe bien?

_ Bah, je dirais pas ça, c’est pas évident quand même…

– Allez courage! Tu sais ils sont dur avec tout le monde, faut juste les tenir. »

L’autre rigole, on rigole aussi, on prend un café. « On » sait très bien qu’on ne sait pas « les tenir », qu’on a pas en soi le truc qui fait qu’on a envie de « tenir » la horde sauvage, la capacité de le faire…

Au début de l’année, une de mes profs a dit à une étudiante qui ne voulait pas suivre ses conseils « Vous savez, moi mon CAPES, je l’ai depuis longtemps, ce que je dis, c’est pour vous, pas pour moi… » J’ai eu envie de leur dire pareil « Mon Bac je l’ai depuis un bail, si vous voulez pas m’écouter, je me casse… Parce que ce que je dis, c’est pas pour me faire plaisir à moi, c ‘est pour vous donner une chance d’avoir votre diplôme… »

– Ça veut dire quoi Madame « caraï »?

– Je ne sais pas, c’est du portugais. Tu peux répondre à la question que je viens de poser?

– Mais Madame, le portugais et l’espagnol c’est pareil!

–  Non. Pas du tout… » Bon passons à quelqu’un d’autre. De toutes façons le bordel ne va pas cesser.

On est pas soi même quand on minimise au maximum ce que l’on ressent, quand on fait semblant grâce à M. Coué de n’avoir aucun problème. On sent bien, que même si tout le monde dit être « à l’écoute », personne n’a envie d’écouter.  Et puis les autres : « c’est normal, ils vont t’en faire voir, avec les remplaçants c’est toujours comme ça… Ils leur font la vie dur. Faut les virer de cours ceux qui te font chier… » Tous les conseils entendu volent comme un nuage gris dans un tourbillon…Les manuels, les programmes, les heures et les heures de préparations,  les regards hostiles des élèves. Eux et moi dans un monde complètement différent. Eux dans leur trip, moi dans le mien. Les deux qui ne se rencontrent pas. Se choquent, se télescopent dans l’incompréhension et dans les pleurs. Le premier jour une prof m’avait dit  (était-ce Laetitia*? Une prof que j’aimerais revoir) , une prof m’avait dit : « Ils me font marrer avec leur « bienveillance » (les chefs d’établissement et toutes les « têtes pensantes » qui nous font des formations), elle avait dit en regardant une affiche dans la salle des profs, qui nous engageait tous à être « bienveillant » les avec les autres et avec les élèves. « S’ils en parlent autant », avait-elle continué, « c’est bien la preuve que c’est ce qui manque le plus… ». J’avais été surprise, par sa remarque, même un peu choquée.

La bienveillance j’en étais pleine. Elle a pris une bonne baffe en pleine figure.

PS : aujourd’hui c’est particulier. Vu le toubib hier. Passé plein de coup de fil hier et ce matin. Pas la pêche. Pas la fritte… On tourne une page.

*Ce n’est évidemment pas son vrai prénom.

 

Il pleut sur ma ville

Il Pleure dans mon Cœur

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie,

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ?…

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

***

Paul Verlaine (1844-1896)