Si Mercedes si…

J’ai jamais Ă©tĂ© trĂšs branchĂ©e concerts… La premiĂšre fois que j’ai Ă©tĂ© voir un concert (pas classique et pas avec mes parents) c’Ă©tait ValĂ©rie Lagrange. Quelqu’un se rappelle d’elle? C’Ă©tait « gĂ©nial ». Bon bref. J’ai pas Ă©tĂ© a beaucoup de concerts de moi-mĂȘme par la suite… CharlĂ©lie Couture… J’aurais bien aimĂ© voir Higelin, j’lai pas vu.  J’ai vu plus de concerts complĂštement chiants comme Sting ou U2… Boooooooooooooooring… Et d’autres machins dont je me rappelle mĂȘme pas, tellement c’Ă©tait chiant.

Le concert de Lluis LLach Ă  la fac… Ça c’Ă©tait quelque chose d’important… Quand la petite française comprenait un peu ce qui s’Ă©tait passĂ© en Espagne il y avait encore trĂšs peu d’annĂ©es…

Les Quilapayun…

Alors que je dĂ©couvre l’AmĂ©rique Latine Ă  travers mes Ă©tudes. Ce que c’est que la « politique » lĂ -bas… Les Quilapayun sont comme un choc Ă©lectrique. C’est donc tout ça qui se passe lĂ -bas? Et nous bien tranquille en France… Hum… Dans la salle des sud-amĂ©ricains sont lĂ , lĂšvent le point et scandent « El pueblo unido jamas sera vencido! ». Je comprends que je vie dans  la ouate. Je me rappelle d’un lecteur chilien qui s’Ă©tait mis en colĂšre un jour contre nous pauvres petits cons de français ignorants. Je le remercie. Je ne sais pas si sans son coup de gueule j’aurais un jour ouvert les yeux sur l’AmĂ©rique Latine, lu des bouquins comme El Señor Presidente en rĂ©flĂ©chissant vraiment, pas seulement en lisant un bouquin pour les exams. Remarquez ça m’a pas rendu optimiste. J’aurais peut-ĂȘtre mieux fait de ne rien lire et de vivre heureuse et bĂ©ate comme une couillonne de la lune. Comme j’Ă©tais avant.

Mais pourquoi je vous raconte  tout ça? C’est parce que je pensais tout d’un coup ce soir que les « concerts » ça m’avait toujours  fait chier, sauf les concerts de gens qui avaient quelques choses Ă  dire. Qu’est-ce que je me suis emmerdĂ© parfois Ă  ces putains de concerts! En plus je me suis bousillĂ© l’oreille droite, sĂ»rement pas en Ă©coutant Moustaki Ă  la maison. Mais bon. Bref.

J’ai aimĂ© le concert de Krafwerk. J’ai aimĂ© l’aimer, ne pas ĂȘtre déçue.

Tout ça tout ça pour dire qu’une personne que j’aurais aimĂ© voir en concert (c’est plus possible elle est morte) vraiment si il y a une personne pour qui j’aurais pu faire des kilomĂštres c’est Mercedes Sosa. J’en aurais eu la chair de poule.

Je voulais juste qu’on l’Ă©coute encore…

Anne

Il y a cette femme. J’ai fait sa connaissance en septembre dans la cours de l’Ă©cole pendant que nous attendions nos enfants respectifs. Elle est aimable et enjouĂ©e, un peu nĂ©gligĂ©e. Sympathique. TrĂšs vite elle m’a invitĂ© Ă  prendre une tasse de cafĂ© chez elle et j’ai acceptĂ© avec plaisir. Sa maison Ă©tait en vrac, un gros bordel. Je me suis dit « Y’a des gens comme ça, c’est pas grave », on a projetĂ© d’aller Ă  la piscine ensemble, le jeudi matin. Et puis chaque jeudi, moi ou elle ne pouvait pas. Je ne sais pas comment je n’ai pas tout de suite vu et senti ce qui clochait. Je m’en suis aperçue peut-ĂȘtre la 5Ăšme  fois que j’ai discutĂ© avec elle en attendant que la cloche sonne, devant l’Ă©cole. Son visage et ses paupiĂšres infĂ©rieures sont gonflĂ©s, rouges, elle parle vite, sans tabous, se lie avec  tout le monde facilement… Et puis certains ne lui  parlent qu’une fois. Elle sent l’alcool de tout son corps. Cette odeur si Ă©trange que je n’avais jusqu’Ă  maintenant senti que chez de vieux hommes, dans des bars cheloux, en allant acheter des clopes. Elle, elle a 37 ans.

Je pense que je ne l’ai jamais vu sobre. Cette aprĂšm comme souvent je suis passĂ© Ă  l’Ă©picerie de mon petit bled. Parfois j’y achĂšte un pac de lait, parfois un melon pour le soir, aujourd’hui j’y allait pour le jus de canneberge (z’en avaient pas). Comme souvent j’y ai croisĂ© Anne, comme Ă  chaque fois que je la trouve lĂ  elle achetait une bouteille de Ballentine’s. Je ne sais pas pourquoi je voudrais qu’elle arrĂȘte de boire et ait un regard moins visqueux. Je la connais Ă  peine. Elle n’est probablement pas plus intĂ©ressante que n’importe qui. J’aurais pu ĂȘtre son amie mais son odeur me tient Ă  distance, non, ce n’est pas ça, ce qui me tiens Ă  distance c’est que d’un jour Ă  l’autre elle ne se rappelle plus que je parle anglais par exemple (elle est anglophone) et elle me dit « Oh, tu parles anglais! Tu ne m’avais pas dit ça! » bien que nous ayons eu une petite conversation en anglais la semaine prĂ©cĂ©dente. J’ai l’impression de parler avec une petite dame qui aurait alzheimer, elle ne se rappelle jamais de nos conversations. Et je ne sais plus si j’aurais voulu ĂȘtre son amie parce qu’elle me fait de la peine ou parce qu’elle est sympa… Je me dis juste « Oh laisse tomber… Cette fille parle avec tout le monde toutes façons… » Aussi bien avec moi qu’avec l’idiot du village quand il se plante devant l’Ă©cole, ou le con rĂ©ac avec les chaussures moches, ou l’autre libidineux qui se dit que ça serait fastoche de la culbuter derriĂšre un buisson.

J’aurais bien aimĂ© ĂȘtre copine avec Anne. Mais j’ai pas envie de me lancer dans cette amitiĂ© lĂ . Rien ne me dit non plus qu’elle voudrait ĂȘtre amie avec moi.

Ca me rappelle l’Ă©cole, quand j’Ă©tais copine avec Lulu, elle Ă©tait pas alcoolique pourtant, mais personne n’avait envie de lui parler Ă  cette prĂ©tentieuse. Y’avait que moi pour ĂȘtre attirĂ©e par cette pimbĂȘche. Tout le monde s’entendait avec moi, mais moi fallait toujours que j’aille repĂȘcher les trop casse-couilles, les trop « petites veuves »* ou les trop grosses, fallait toujours que je vois dans leur regard ou leur sourire un truc qui me faisait penser qu’on allait s’entendre. C’est peut-ĂȘtre ce truc que j’ai vu dans le sourire d’Anne. Mais j’ai plus 16 ans et je fume plus de clopes en gloussant sur la digue.

*filles habillées en noir dans le vocabulaire de ma mÚre.

Va jouer sur l’autoroute Ernst GrĂ€fenberg!

Quelques jours aprĂšs m’ĂȘtre fait poser mon stĂ©rilet en janvier 2009, je me disais que c’Ă©tait vraiment pas glop et que j’avais dĂ©cidĂ©ment trop mal. J’ai eu mal pendant des semaines, des mois et puis c’est « parti » ou presque et puis c’est revenu, reparti, revenu et finalement  toute la semaine derniĂšre j’ai eu trĂšs trĂšs trĂšs mal et je me le suis fait enlever vendredi. J’ai pas eu besoin de demander : la gynĂ©co a dit qu’il y avait pas le choix… Alors Ă  toutes celles Ă  qui j’ai dit que c’Ă©tait une bonne idĂ©e : je retire ce que j’ai dit et je demande pardon! Ca a probablement Ă©tĂ© la pire bonne idĂ©e que j’ai jamais eu! Le machin est plus lĂ  et je continue Ă  ĂȘtre en vrac. Il faudra que je la revoie en juin pour savoir si tout « s’est bien remis » 😩 Chouette : ça peut « ne pas bien se remettre »! Demain j’irai chez le toubib parce que je continue Ă  dĂ©guster pour la cystite qui va avec (il parait que c’est un hasard, mon oeil!) et normalement 48H aprĂšs avoir avalĂ© l’antibio je devrais ĂȘtre comme une fleur. La fleur Ă  passer l’aprĂšs-midi au lit…

Ca m’a permis de presque finir le bouquin que m’a conseillĂ© BĂ©rangĂšre :  Le mec de la tombe d’à cĂŽtĂ© de Katarina Mazetti. Ce bouquin est une perle! SĂ©rieusement ça fait des annĂ©es qu’un bouquin ne m’a pas autant plu! Y’a des bouquins qui m’ont passionnĂ©, fait rigoler, trĂšs intĂ©ressĂ©… Mais celui-lĂ … Celui-lĂ  c’est autre chose… Je suis complĂštement embarquĂ©e! Bon, je l’ai pas encore finit, alors que personne ne me fasse d’allusion Ă  comment ça finit, hein… Mais pour ceux qui l’ont pas lu : faites confiance Ă  BĂ©rangĂšre, ce bouquin lĂ  c’est trop de la boule! C’est un coup de foudre!

Je trouve cette version un peu azimutée, stimulante!

Si vous me lisez depuis un moment vous savez que j’ai une passion pour le piano en gĂ©nĂ©ral, le classique et aussi le jazz. Je suis bien sĂ»r une hispanomaniaque mais en premiĂšre annĂ©e de fac j’ai fait aussi de l’italien. J’ai laissĂ© l’italien tombĂ© en deuxiĂšme annĂ©e pour la littĂ©rature russe (en français 😉 Mais je n’ai jamais abandonnĂ© mon flirt avec la langue de Marcello. Paolo Conte a bercĂ© beaucoup de mes nuits dans un de mes petits apparts d’Ă©tudiante. Celui de la Place Saint-Projet Ă  Bordeaux en… 1985-1986 rĂ©sonnait souvent de sa voix douce comme la caresse d’un vieux chat bottĂ©. C’est Ă  lui que je dois de pourvoir communiquer en italien un minimum.

Quand j’Ă©coute ça, ça me remonte le moral 🙂

Samedi c’est soirĂ©e bougies!

Pour lutter contre le changement climatique, une grande manifestation, l’Earth Hour,  est organisĂ©e le 27 mars 2010 de 20H30 Ă  21h30. A cette date, 100 jours aprĂšs le sommet de Copenhague, chaque personne soucieuse de l’avenir du climat est invitĂ©e Ă  Ă©teindre ses lumiĂšres durant 1 heure. Ce symbole est une occasion de se faire entendre, lĂ  ou d’autres n’ont pas encore rĂ©ussi…

Moi je compte les Ă©teindre un peu plus, le temps de faire un diner aux chandelles, quelques parties de « puissance 4 » bien tranquilo et d’aller se coucher 🙂