L’Ă©tranger

Ahmad Zahir (Ű­Ù…ŰŻ ŰžŰ§Ù‡Ű±) est un chanteur afghan nĂ© le 14 juin 1946 dans la province de LaghmĂąn et mort le 14 juin 1979 Ă  Kaboul. Fils d’un mĂ©decin royal, il est extrĂȘmement populaire et a rĂ©volutionnĂ© la musique afghane en mĂ©langeant la guitare Ă©lectrique et la batterie aux instruments traditionnels comme le tablĂą et l’harmonium. Il Ă©carte de son rĂ©pertoire les refrains austĂšres des vieux chanteurs. Il sourit sur scĂšne (ce qui est trĂšs rare en Afghanistan) en chantant. Il a Ă©tĂ© assassinĂ© d’une balle dans la tĂȘte. (WikipĂ©dia)

Je suis en train de lire Les Cerfs-Volants de Kaboul…

En 1979 l’Afghanistan pour moi c’Ă©tait quelque chose entre le NĂ©pal, le YĂ©men ou l’Inde… Un truc lointain ou allaient les babas et les aventuriers…

Kaboul. Je suppose que Kaboul ne signifiait strictement rien pour moi.

Kaboul ça allait juste ĂȘtre dans les annĂ©es qui allaient suivre un endroit d’oĂč parlaient des reporters Ă  la tĂ©lĂ© sur fond de ruines…

L’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde… Tout ça pour moi c’Ă©tait un peu pareil. Ca ne me touchait pas. C’Ă©tait beaucoup trop loin.

Mon frĂšre Ă©tai revenu d’Inde amaigri et plein d’histoires dans la tĂȘte. A cette Ă©poque voyager en Inde avec un sac Ă  dos Ă©tait une vraie aventure. Il racontait, racontait… Mais est-ce que ça me sensibilisait Ă  ce qui se passait trĂšs loin de chez moi? Non. Je pensais juste que je n’avais pas envie d’aller lĂ -bas si c’Ă©tait pour ĂȘtre malade et vois des gens crever dans les rues. Mais je ne pensais pas aux gens qui crevaient dans les rues comme a de vraies personnes. C’Ă©tait juste comme un tableau abstrait.

De mĂȘme, le drame des afghans me toucha-t-il avant de lire Mille Soleil Splendides? Pourtant je n’apprenais rien de trĂšs nouveau. Je savais tout cela dans les grandes lignes…

En surfant sur le Net j’ai vu qu’un film a Ă©tĂ© tirĂ© des Cerfs Volants de Kaboul. j’ai regardĂ© quelques extraits et, bien sĂ»r, je n’ai pas trouvĂ© les images fidĂšles au livre que je suis en train de lire… (j’en suis Ă  un tiers du livre merci de ne pas faire d’allusion Ă  l’histoire dans les com’). Je le regarderai cependant le film quand j’aurais finit le livre. Pour voir les paysages, les visages. Avec un bouquin tout est laissĂ© Ă  l’imagination et il est bien difficile pour moi d’imaginer Kaboul dans les annĂ©es 70… Ni mĂȘme aujourd’hui.

Bien sĂ»r on ne peut pas prendre tout le malheur du monde sur ses Ă©paules. Bien sĂ»r j’ai souvent pensĂ© que « CharitĂ© bien ordonnĂ© commence par soi-mĂȘme » et qu’il y avait en France assez de malheureux Ă  s’occuper sans s’occuper des malheureux Ă  l’autre bout de la planĂšte juste parce qu’ils Ă©taient plus exotiques…

Pourtant tout cela me bouleverse et la sauvagerie des hommes n’en finit pas de me clouer au sol, impuissante.