Non, je n’Ă©tais jamais seule

Quand j’Ă©tais petite et mĂŞme plus grande, je voulais avoir 4 enfants… Pour reproduire la famille que j’avais. Adulte 2 ou 3 m’auraient comblĂ©. Mais me voilĂ  avec un enfant unique. On m’imagine, forcĂ©ment mère possessive et Ă©touffante… Toutes les mères d’un unique garçon ne sont-elles pas comme ça? Comme toutes (?) les mères j’essaye de faire de mon mieux pour que mon fils soit Ă©panouie, fort,  intelligent, solide, indĂ©pendant, aventureux et heureux… Si parfois je me plantais et bien… j’en serais la plus malheureuse…

J’invite ses copains le plus souvent possible et je suis toujours heureuse qu’il aille jouer chez ses potes… Moi qui Ă©tais entourĂ©e de 3 frères, je n’Ă©tais jamais seule…

Mes frères veillaient sur moi, me protĂ©geaient, m’Ă©mancipaient, ils Ă©taient mes stars absolues, mes rĂ©fĂ©rences… Grâce Ă  eux j’ai toujours eu un train d’avance sur mes copines… J’Ă©tais la première Ă  savoir que le père noĂ«l n’existait pas, la première Ă  dire que Cloclo c’Ă©tait pour dĂ©biles, la première Ă  voir des films pour plus grand que moi, la seule Ă  dire « frangins » , « bahut »… La première Ă  aller Ă  Bordeaux frayer avec les Ă©tudiants. Toute petite je dormais dans le mĂŞme lit que Jeff, qui a 9 ans de plus que moi. Lulu, El Vaquero, m’avait donnĂ© son nounours et Steph sauver des roues de la voiture de maman…

Je ne m’ennuyais jamais. Ma Yaya disait d’ailleurs : « Y’a que les gens bĂŞtes qui s’ennuient ». Quand mes frères ne torturaient pas mes poupĂ©es, je jouais aux petits soldats avec eux, au tour de France Ă  la plage… Quand Lulu et Steph se tapaient dessus, Jeff venaient les sĂ©parer, pendant que mes parents restaient tranquillement en bas. Parfois j’ai l’impression que nous vivions une vie parallèle en autarcie. Bien polis et bien mignons pour dire bonsoir aux amis des parents quand il y avait un dĂ®ner et puis laissĂ© Ă  nos mondes imaginaires Ă  l’Ă©tage, Ă  nos jeux, Ă  notre imagination, nos bouquins….

Musique « vintage » :

* Moustaki