Tout le monde change, un jour.

J’ai toujours bien aim√© l’odeur du caf√© moulu. J’ai toujours ador√© pass√© devant les br√Ľleries. J’aimais bien l’atmosph√®re de ce petit magasin de caf√© en bas de la rue Sainte-Catherine o√Ļ Jeff buvait son caf√© debout sur le comptoir. La patronne √©tait sympa, j’y ai achet√© mon th√© pendant des ann√©es et aussi une boite √† th√© en 84 ou je mets aujourd’hui les bouillon-cubes…

J’ai commenc√© √† boire du caf√© quand j’√©tais en 3i√®me ou en seconde, parce que c’√©tait ce qu’il y avait de moins cher. Avec ma copine B√©a on allait dans ce bar de la rue du Vieux Port. J’aimais pas le caf√©, je mettais deux sucres dedans, une goutte de lait et je l’avalais en faisant la grimace.

J’en ai toujours bu pourtant, de temps en temps, principalement dans les bars. Le th√© c’est souvent un peu cher quand on est fauch√© et j’ai souvent √©t√© fauch√©e.

Alors qu’est-ce qui s’est pass√© en 2011? Pourquoi l’autre jour me suis-je achet√© une petite cafeti√®re rien que pour moi (et mon Jules soyons g√©n√©reuse ūüėČ – clic dessus pour √©couter ce que j’√©coute en ce moment-) avec un vrai paquet de caf√©, rien que pour moi, pas en pr√©vision de visites??

Pourquoi depuis quelques semaines je sirote mon petit caf√©, sans lait, avec extase et juste un demi sucre????¬† Je ne comprends pas. Aura-t-il fallu que j’attende le noble √Ęge que j’ai pour appr√©cier enfin l’amertume √©trange du…. noble breuvage!

Tenez, au club de peinture : je suis la premi√®re √† proposer la pause caf√© avec l’√©nergie du d√©sespoir du pauvre buveur de caf√© qui attend son heure.

J’ai arr√™t√© la clope en 2005. J’ai arr√™t√© le chocolat et les biscuits en 2011. Et le caf√© est entr√© dans ma vie comme une rafale romantique, un cri d’amour! Je ne comprends pas du tout. Vraiment pas. Car je ne le d√©couvre pas! J’en ai toujours bu, un peu, de temps en temps, en pin√ßant le nez…

Anyway… Quand j’√©tais √©tudiant j’habitais avec Jeff, mon big brother (rien √† voir avec le bouquin!) √† chaque fois qu’il faisait du caf√© (c’est un grand amateur) il me demandait si j’en voulais. Je disais toujours non. Mais par politesse, ou au cas o√Ļ un jour je changerais d’avis, il m’en proposait toujours!

Ben voil√†, grand-fr√®re : j’ai chang√© d’avis! Je crois bien que j’aime le caf√©! J’ai mis le temps hein!?