Petite princesse deviendra grande

Les Ménines : La Famille de Felipe IV. Diego Velázquez, 1656

Aceite sobre tela, 318 Ă— 276 cm
Museo de Prado, Madrid

Don Diégo (Séville, baptisé le 6 juin 1599 – Madrid, mort le 6 août 1660)

Contrairement Ă  Edouard Manet, Diego RodrĂ­guez de Silva y Velázquez (Bah je le dirait qu’une fois comme ça, ensuite je dirais « don DiĂ©go », mais on parlera quand mĂŞme  de VĂ©lazquez, hein.) n’aimait pas trop les chats…

Il prĂ©fĂ©rait le chien, beaucoup plus consensuel… Et fidèle… Mais aussi (et c’est mon avis personnel) dangereux. Hum. Bon, une fois cela dit que dire d’un des tableaux qui a Ă©tĂ© les plus commentĂ©s au monde?

1 : Jolie petite princesse blonde :  l’infante Marguerite-ThĂ©rèse, âgĂ©e de 5ans.

2 et 3 : deux demoiselles d’honneur (Las mĂ©nines) : doña Isabel de Velasco  qui fait la rĂ©vĂ©rence derrière la princesse, et doña MarĂ­a Agustina Sarmiento de Sotomayor Ă  genoux devant elle qui lui prĂ©sente un verre sur un plateau.

4 et 5 : Les deux nains : Maria Barbola, et  Nicolas Pertusato  qui s’amuse Ă  essayer de rĂ©veiller un mâtin espagnol avec son pied. (chien rĂ©putĂ© pour sa fidĂ©litĂ©, etc).

6 et 7 : doña Marcela de Ulloa la chaperonne de la princesse, habillĂ©e en deuil (J’ai vu sur plusieurs tableau de l’Ă©poque des femmes en deuil qui semble ĂŞre habillĂ©es comme des religieuses) et discutant avec un garde du corps non identifiĂ©.

Un peu de musique d’Ă©poque (c’est pas très rock’n roll)

8 : Don JosĂ© Nieto Velázquez, le chambellan de la reine et  un possible parent du peintre. Don JosĂ© prend la pause? Est-il en train de sortir ou de rentrer, je crois qu’il sort, mais on s’en fout un peu. Cette porte ouverte, cette lumière vive attire irrĂ©sistiblement le regard.  Tout converge vers ce rectangle blanc derrière lui. Le reflet du couple royal dans le miroir pousse dans l’autre sens, vers l’avant ou l’extĂ©rieur du tableau oĂą se trouve le spectateur.

10 et 11 : On dit gĂ©nĂ©ralement que  c’est un miroir qui rĂ©flĂ©chit les bustes du roi Philippe IV et de la reine Mariana : le couple royal est en train de poser pour don diĂ©go pendant que leur fille les regarde… Le tableau reprĂ©sente donc la scène telle qu’elle est vue par le roi et la reine en train de poser pour don DiĂ©go! Ha!

9: Don DiĂ©go : autoportrait!! Les clĂ©s de sa charge d’aposentador mayor de Palacio de VĂ©lazquez (maĂ®tre des appartements du Palais) pendent Ă  sa ceinture. Ce n’Ă©tait pas n’importe qui Ă  la cour, don DiĂ©go. C’Ă©tait un des favori, ou « le » favori du roi.

10 et 11 : Un miroir sur le mur du fond rĂ©flĂ©chit les bustes du roi Philippe IV  et de la reine Mariana. L’interprĂ©tation la plus commune est que ce miroir rĂ©flĂ©chit le couple royal en train de poser pour VĂ©lazquez pendant que leur fille les regarde ou les distrait. Le tableau reprĂ©sente alors la scène telle qu’elle est vue par le couple royal en train de poser pour VĂ©lazquez. Malin non? Enfin en tous cas moi j’y avais pas pensĂ© avant qu’on m’explique! Je brule d’aller revoir ce tableau le plus vite possible!!! Au Prado, Ă  Madrid!!! Donc les personnages principaux du tableau seraient le roi et la reine qui sont en fait Ă  peine prĂ©sent dans le tableaux et c’est bien eux que le peintre et tous les personnages du tableau regardent.

Le roi et la reine : Philippe avait 30 ans de plus que Marie-Anne (Mariana) et mourra d’ailleurs 30 avant elle… La laissant rĂ©gente du futur roi. Ce qui est « amusant » c’est qu’elle Ă©tait sa propre nièce et aurait du Ă©pouser son fils Ă  lui (d’un premier mariage) si celui-ci (et sa mère aussi d’ailleurs) n’Ă©tait pas mort. Hum. Hum.

Sur les murs de la salle il y a des tableaux et ces tableaux sont assez difficiles Ă  voir sur les reproductions… Cependant il s’agit selon mes sources d’une sĂ©rie de scènes des MĂ©tamorphoses d’Ovide peinte par Rubens et de copies de toiles de Jacob Jordaens peintes par le gendre et principal assistant de VĂ©lazquez Juan del Mazo. Hu! Nous voilĂ  bien! Je suis un peu déçue! lol.

Ce tableau me fascine vraiment. Le peintre Ă  la fois artiste et noble (il a Ă©tĂ© anobli par le roi qui lui avait donnĂ© beaucoup de pouvoir Ă  la cour sur tout ce qui Ă©tait « arts » et plus), la petite princesse au cheveux blond comme un ange, la prĂ©sence des nains et surtout de la naine car l’autre pourrait passer pour un enfant. Ces robes incroyables et ce « point de fuite » derrière le chambellan, plein de mystère.

Je lis tellement de choses sur ce tableau que je ne peux pas dire tout dans un post. Mais la vie Ă  la cour d’Espagne Ă©tait vraiment passionnante!

A propos des nains :

Eh bien je ne trouve pas grande info sur les nains… La seule chose que je sais c’est qu’ils Ă©taient important Ă  la cour, ce n’Ă©tait pas « juste des bouffons ». Maria Barbola est d’ailleurs prĂ©sente près de la princesse sur au moins un autre VĂ©lazquez.

Ici (clic) un article très intĂ©ressant sur les nains dans la peinture de VĂ©lazquez. L’article est en Espagnol.

Margueritte-Thérèse à 8 ans. Toujours par Vélazquez.

A 15 ans, en deuil de son père, par Juan Bautista Martinez del Mazo (Le gendre de Vélazquez). Dans le fond on peut reconnaitre, toujours présente, Maria Barbola et peut-être Nicolasito?

A 19 ans(3 ans avant sa mort)   par Juan Carreno de Miranda