La nuit je mens

Je suis réveillée de puis un bon moment déjà, mais il n’a jamais été une difficulté pour moi de me rappeler de mes rêves… Je me rappellerai de celui-ci ce soir et probablement aussi longtemps qu’un film que j’aurai vu.

Plus jeunes j’ai souvent raconté à mes copines de bus mes rêves étranges le matin sur le chemin de la fac ou même la suite le soir en revenant. Et ceux qui partagent mon petit déj’ y ont droit depuis mon enfance ! (Pas vrai? lol… je sais que c’est probablement un peu ennuyeux au bout d’un moment)

Mon problème ce n’est pas de m’en rappeler mais plutôt de les oublier, car c’est parfois un peu perturbant de les ressasser ! En fait je considère que j’ai bien dormi si je ne m’en rappelle pas… Quand je me réveille la tête pleine d’histoires abracadabrantes, je ne suis guère « reposée ».

Et voilà que ce matin, avant mon réveil, je parcourrai la rue du Loup à Bordeaux, à la recherche de mon frère El Vaquero. Il était en vacances, et moi je n’avais rien à faire. C’était idiot que nous ne nous promenions pas ensemble. Je venais de réaliser que notre frère ainé travaillait et qu’El Vaquero était donc seul comme moi. La rue du Loup ressemblait peu à peu à l’Espagne, les rues autour étaient pleine de commerces de bouche et de restaurants. Je disais bonjour à tous les commerçants que je connaissais bien et qui me répondaient en souriant. C’était Madrid. Ce n’était pas Bordeaux. Le moyen le plus simple de retrouver mon frère était bien sûr de lui téléphoner puisque que nous avions tous maintenant des portables ! Je réalisais que c’était quelque chose qui existait, le portable. Je me dirigeais vers mon appartement où devait se trouver mon téléphone. J’étais assez impatiente de découvrir cet appartement qui se trouvait Gran Via là où se situeait la Téléfonica ou bien plutôt cours de l’Intendance ? Mon appartement était au 3ième étage. Il y avait une chambre sans fenêtre et un salon qui donnait sur la Gran Via-Cours de l’Intendance. Il y avait beaucoup beaucoup de fenêtres dans le salon, c’était très clair, comme j’aime.

Je retrouvais mes deux frères dans la rue. Luc avait été voir les arènes. Je lui disais que c’était loin. Il me disait que non. Je lui demandais s’il avait vu la Plaza Mayor. Il ne l’avait pas vu. Je ne pouvais le laisser partir de Madrid sans avoir vu ce chef d’œuvre de l’architecture. En plus c’était là où je pouvais acheter des clopes. Bien vite je m’apercevais que j’étais perdue. Il me disait « Ca fait bien 9 ans que tu as quitté Madrid ? » Je disais « Non je suis partie en 92, ça fait bien…. 36 ans… » Nous marchions sur une sorte de forteresse qui montait vers une montagne, je disais « Non ce n’est pas par là, redescendons ». Nous reprenions les rues normales de Madrid. Soudain apparaissait devant moi le marché San Leonardo. Je disais « Ca y est je sais où nous sommes, la Plaza Mayor est juste à côté. C’est là où je faisais mes courses les jours où j’avais le temps. (En vérité très rarement) C’est le plus beau marché de Madrid ! » Nous arrivions enfin aux abords de la Plaza Mayor. Je disais « Vous allez voir, c’est magnifique, elle est infiniment plus belle que celle de Salamanque !!! » (Pourquoi ce mensonge ? J’ai toujours considéré celle de Salamanque beaucoup plus belle….)

Nous rentrions sur la place. Elle était petite, étrange, entourée de grosses statues contemporaines. Elle ne ressemblait en rien, à la place que j’avais connue. J’étais très déçue. Je ne savais que dire. Je réalisais tout le temps qui avait passé depuis mon départ de Madrid : la ville n’était plus la même.

Jeff avait faim. Il préférait aller manger à l’appartement. Nous achetions des blancs de dinde dans un petit super-marcher. Nous remontions les escaliers de mon immeuble. Les 3 ou 4 étages. De l’appartement en face du mien s’échappait les accords de la 9ième symphonie. Une fois dans l’appartement nous l’entendions encore parfaitement, bien que de manière diffuse. Je me disais que quand ils feraient une teuf et que ça serait des bruits « d’orgie » il me faudrait des boules Quiès et que ça devait aller comme ça. Je re-rentrais dans ma chambre : elle était pleine de fenêtres : c’était un soulagement énorme. Je savais que je n’aurais pu rester dans un appart ou la chambre n’avait pas de fenêtre. Je réalisais soudain que j’allais rester. Que ce n’étais pas la peine de rentrer à … La Rochelle. Mes parents comprendraient. Je réalisais aussi que j’allais pouvoir bosser comme prof de français dans une « académia » comme autrefois : et j’étais encore une fois infiniment soulager… J’avais un job, le seul que je savais faire réellement ! Je regardais par la fenêtre du salon : j’étais curieuse et enchantée de chercher des yeux l’hôtel où nous séjournerions bientôt avec El Marido. Je l’apercevais pas très loin, en face.

De nouveau je suis dans la rue. Je regarde un bâtiment de Gran Via-Cours de l’Intendance qui n’existait pas « autrefois ». Et puis une déflagration énorme. Un tremblement de terre ? Non, il semble que ce soit une bombe à l’intérieur du bâtiment. Je suis maintenant, avec beaucoup d’autres, prise dans la panique de l’attentat, à l’intérieur du bâtiment. Nous voulons tous sortir, le plus vite possible. On se pousse vers une sortie qui ressemble à un entonnoir. On étouffe, on rampe, on va tous étouffer. Finalement je suis éjectée hors de ce tunnel mais je suis toujours dans le bâtiment, à l’accueil, peut-être au 10ième étage. Je demande à un maître d’hôtel le chemin pour sortir dans la rue. Il me dit que c’est impossible de sortir dans la rue que le seul moyen prudent c’est de prendre le métro. Il interpelle un type qui me semble complètement stupide et lui demande de m’accompagner dans le métro pour aller jusqu’à Chueca.

Moi je sais bien que je peux aller seule jusqu’à Chueca en suivant les plans qui sont dans tous les couloirs du métro. Nous montons dans l’ascenseur. Il y a des boutons pour choisir sa ligne de métro. Je m’aperçois que le type n’y connaît rien et je me dis qu’il va falloir que je le sème rapidement. Dans le métro madrilène je n’arrive pas à semer le gars. Tant et si bien que je prends des risques et me retrouve dans le tunnel à marcher en rasant les murs tandis que des métros passent à côté de moi en vrombissant. J’ai un peu peur, pas trop. Je marche dans de la cendre froide, comme la cendre d’une cheminée. Je vois à peine la lueur de la prochaine station et le métro suivant qui va démarrer. Je sais que ma seule chance de survie est de m’allonger  profondément dans la cendre le plus près du mur et de reprendre rapidement ma marche une fois que le métro sera passé. Je me dis que quand je surgirai des cendres sur le quai de Chueca les gens seront très surpris mais que très sûrement ils m’aideront.

Je me réveille.

Je me rappelle aussi en détails d’une histoire de camionnette, d’ascenseur, de parking souterrain. Mais ça ferai un peu trop pour vous ce matin 😉

Je corrigerai les fautes plus tard :-p