These hands are made for painting

Nancy Sinatra : These boots are made for walking…

Au début je ne savais pas trop où j’allais avec cette jeune femme en train de siroter un verre…

Quand je lui rajouté des yeux et une bouche je me suis que peut-être… Ne regardez pas la main c’était juste pour la placer…  Je recule le moment de faire les mains 😦

Y’a tours un moment où tout s’éclaire et où en même temps mon cerveau s’assombrit…

Ensuite on envoie tout péter et on change « d’orientation ». Mais Youri (c’est le nom de ma petite dame) attend toujours son Roméo.  Les mains restent toujours à faire… Peut-être un cendrier… Un appareil photo sur la table? Un téléphone portable… Je sais pas encore. Bon le visage n’est pas terminée non plus of course il lui manque un peu de « relieve »*

Autrement je commence à avoir la dalle. Le poulet est pas encore cuit et j’ai hâte de me nouer la serviette autour du coup, de boire un coup de rouge et d’attaquer « el higado del pollo »**

*relief.

** le foie du poulet.

1996, Voyage en Italie, Lilicub

Rien de plus doux qu’un beau dimanche ensoleillé, pas trop chaud, juste bien… Piscine à bulles le matin avec mes deux hommes, jardin toute l’après-midi, papotages téléphoniques pendant des heures sur le transat… Chats qui se tortillent sur les dalles chaudes… Ratatouille pour finir.

Une belle fêtes des pères avec poème le matin et petits cadeaux à peine réveillé. Oeuf à la coque pour le roi du jour… Petit restau à midi…

Demain il fera 30°, ça sera moins confortable pour moi.

Ce soir je ressemble à une tomate : allez à la piscine pendant deux heures sans crème solaire quand on a une peau de rousse c’est pas une bonne idée!!!

Ca chauffe!

La guerre

Journal août-septembre 1944 Aude S* (15 ans)

Montélimar, 24 août 1944

Je commence ce journal aux coups du canon qui ne cesse de raisonner depuis le 15 août, jour du débarquement anglo-américain sur la cote méditerranéenne. Le soir même de ce jour mémorable les Legarf et Nano vinrent coucher à la maison. Le 22 août les Leenarth viennent aussi à la maison qui est plus protégée que celle de nos amis. Ce soir là nous sommes 11 à coucher dans l’antichambre, étendus sur matelas et coussins, et personne ne peut arriver à dormir, tant les canons « bruitent » et la fusillade claque. Hier soir nous avons passé une nuit assez agitée. Nous couchions, (la famille S*) dans la petite serre, tout habillés et couchés par terre. Au milieu d’une accalmie profitant de la fraîcheur nous sortions un peu quand nous avons vu 5 gros incendies qui éclairaient tout le ciel de lueurs rouges et noires assez effrayantes à voir. Et  toujours le canon tonne ébranlant sans cesse portes et fenêtres. On entend le bruit des camions allemands et des ordres brefs et gutturaux. Une forte odeur d’essence se dégage. Ne pouvant pas dormir nous nous réfugions tous à la cuisine où à la lumière de la bougie (l’électricité est coupée), nous chantons des cantiques. Quand nous regagnons nos lits, Martine est très ébranlée et à chaque coup de canon elle sursaute effrayée.

Aujourd’hui 24 août c’est le pire, jamais le canon n’a tonné si fort. Les bombes pleuvent partout et de nombreux incendies se déclarent. A midi nous émigrons tous  de la salle à manger à la cuisine à cause de l’exposition de cette pièce ; et c’est un spectacle pittoresque que de nous voir manger du poulet à quatre tables différentes. Nous avons « faillit » faire une découverte tout à l’heure. Nous venions de découvrir une porte murée derrière les cyprès et qui nous préoccupait beaucoup. Trésor caché ? Souterrain ? Toutes les hypothèses se présentaient. Mais Tardieu détruit bientôt nos espérances, ce n’était qu’une cave qui s’écroulait

On vient de nous apprendre que la villa Malis vient d’être pillée par les occupants. Pauvre Leenarth !

Nous n’avons toujours pas nouvelles de papa, et nous sommes bien inquiètes pour lui. Et notre René que lui arrive-t-il et où couche –t-il loin de nous ?

25 août

Nous avons passé une nuit beaucoup plus calme et reposante. Mais il y a eu un peu partout des incendies vers la ??? de l’eau.  La chapellerie explose et des gerbes de fumées s’élancent vers le ciel gris, ainsi que d’immenses flammes rouges. Barvatie et Jacqueline viennent de rentrer de la ville et nous disent que la chocolaterie d’Orient est en train d’être pillée par les Français. Ils viennent tous avec remorques et sacs de pommes de terre, et empilent, kilo sur kilo de chocolat, plaques de graisse, et nombreux pots de confiture. C’est un véritable vol. Une éclaireuse elle-même, est venue pour contribuer à cet étrange carnage, quelle honte !

Les troupes allemandes ont l’air aussi un peu désorganisées : un soldat désarmé est venu apporter aux Grimaldi un mulet gris pommelé et puis est reparti tout courrant en leur criant de le garder.

26 août

C’est pleine de joie que j’écris aujourd’hui mes mémoires ! Maman vient de nous annoncer de bien bonnes nouvelles, les Anglais sont à Lyon ! Et Paris, ce qui est le plus beau, a été délivré par les Parisiens eux-mêmes. Apprenant la prise de Versailles, d’un seul élan 5000 parisiens ont pris les armes  « et boutés l’ennemi loin de Paris » C’est magnifique !  Et maintenant les alliés sont dans la capitale, acclamés par la foule. Je voudrais bien y être ! (Mais patience, le tour de Montélimar viendra. Tardieu vient de nous annoncer qu’une magnifique distribution de sucre, de confiture et de nouilles se fera à une heure et demi : on se sent brusquement dans une toute autre ambiance et l’on repense à une toute proche libération. La chambre de maman a été entièrement vidée de ses meubles et tout est au salon qui est maintenant un vrai capharnaüm, sans glaces, et sans tous les jolis tableaux. Juste comme maman allait sortir en ville, on frappe à la porte, Mimi se précipite pour ouvrir et recule épouvantée : c’est un allemand. Il vient quelques minutes se protéger du canon qui tonne très fort contre les avions américains. Maman lui parle en allemand, et il nous dit qu’il sait que Lyon leur est repris. Il avait l’air d’avoir bien peur ! Barvatie à apporté tout à l’heure un magnifique bouquet de glaïeuls que nous avons mis dans notre sombre cuisine-salon-dortoir, pour l’égayer un peu. Martine lit toujours le 2° V de mOnte Cristo et j’ai hâte qu’elle me le cède enfin.

Aujourd’hui le canon tonne beaucoup moins. Un état major allemand est installé chez les Mareshal. Tante Francine ne  revient toujours pas voir sa famille et garde avec vigilance  sa demeure pillée.

30 août

Lundi 27. Comme nous déjeunions tranquillement ce matin là, on frappe violemment à la porte, nous nous précipitons : ce sont trois allemands qui demandent à se laver. Après s’être décrassés, car il nous disent eux mêmes être « sales comme des cochons ». Le chef demande à maman si ils peuvent avoir du café, contre un kilo de graisse. Nous sommes tellement ravies de cette aubaine que nous sautons de joie, car Lydia n’avait plus alors un gramme de cette précieuse denrée. 3 viennent encore, boire et se laver. Si bien que quand ils partent, ils nous laissent encore 2 boites de conserve. Ils ont sûrement peur ceux-là et se méfient. Cet après-midi là, comme Martine, Christiane et moi préparions une pièce de théâtre avec le guignol fait par les garçons et papa, on frappe de nouveau, à coups précipités…terrifiés nous posons, le chef de la gestapo, la mère Michel et le « petit du maquis » que nous tenions … et apparaît une espèce de brute malpropre qui nous bouscule, nous interroge sur la maison, suivit de trois soldats moins hardis, ils veulent réquisitionner la maison, mais convaincus, du peu de solidité de celle-ci par Barvatie pendant que nous cherchons maman au fond du jardin. Ils bousculent tout le monde et claquent la porte sous nos yeux ahuris et en colère. Et la séance de (canon) guignol reprend, malgré notre effarement, tandis que le canon tonne !

28 août

Aujourd’hui le canon fait tant de bruit que nous passons presque toute la journée dans la tranchée. Les bombes et les obus passent sans cesse. D’immenses incendies s’allument partout. Cela ne peut plus durer ainsi depuis huit jours que ça dure ! Le pont Eiffel doit sauter, aussi nous attendons…  Nous sommes tous couchés dans ce boyau de terre avec tous les voisins. Il fait bien chaud, mais on ne peut sortir , ni dormir tant les petits font de bruit. Nous lisons à haute voix Ali-Baba et Aladin… et toujours, toujours le bruit si fatigant du canon : Boum ! Boum ! Lydia nous apporte du café, « bien sucré », pendant une accalmie et nous sortons quelques minutes, mais il faut rentrer bientôt car ce n’est pas prudent. De nouveau c’est une bousculade pour entrer dans la tranchée poussiéreuse où tout le monde gémit. Brusquement une détonation étourdissante. Une bourrasque de vent s’engouffre dans le boyau. Le pont Eiffel vient de sauter… Les questions s’entrecroisent, mais aussitôt Nano et ceux qui étaient à la maison arrivent en courant et nous racontent les dégâts que l’explosion vient de provoquer à la maison : les carreaux son cassés, le cabinet de toilette de maman n’est qu’un amas de débris (la grande glace est cassée) et plusieurs serrures sont projetées à quelques mètres. Mais nous ne sommes pas les plus atteints…

Pendant le dîner nous apprenons que les anglais sont arrivés à Montélimar. C’est incroyable , mais pourtant on nous disait les américains au faubourg… c’est donc vrai… en effet le drapeau français flotte sur le pauvre pont écroulé. Hourra : on s’embrasse, on rit, on pleure presque, enfin c’est la fin, ou presque, la délivrance. Nos drapeaux sortent déjà, poussiéreux, mais si beaux… C’est trop beau !!!

29 août

Ce matin nous sommes tous sortis pour voir la ville. C’est un spectacle pitoyable et magnifique à la fois. Pitoyable parce que la ville semble avoir été un vrai champ de bataille : du fumier partout, une odeur atroce se dégage. Des camions écrasés gisent ça et là. Des papiers sales, des boites de conserve, des casques allemands, des fusils, des grenades en quantité, des balles de fusil, des obus et même des corps humains, gisent, dans cette lamentable saleté qui couvre le sol, et tout le monde farfouille dans cette horreur, afin de trouver quelque chose d’utile… Nous ramenons deux litres d’essence, un casque et quelques autres saletés… Mais c’est si beau de voir arriver tous les américains et les maquis soit en camion soit à pied qu’on ne peut se lasser de cet émouvant spectacle. La milice et les allemands passent escortés de terroristes et de Montiliens qui portent le fusil. C’est un bouleversement général et inoubliable. Nous rentrons surexcités, mais gardant pour toujours cette vision impressionnante et belle. La ville est couverte d’oriflammes : français, américains et anglais : vive les 3 pas et Hourra pour nos libérateurs ! On nous apporte de bonnes nouvelles de René et chacun s’endort joyeux dans son lit retrouvé et moelleux.

30 août

Aujourd’hui nous avons été sur la route de Valence. C’est encore plus abîmé et sale que Montélimar même. Les façades des maisons sont carbonisées et les camions qui bordent la route le sont aussi pour la plupart. Des chevaux morts « embaument » l’air. Mais les américains sont là et tout s’oublie pour eux. Il y en a bien une soixantaine devant la façade de la maison des Mareschal. Beaucoup nous donnent des monceaux de bonbons : nous les adorons (d’autant plus à cause de leurs cadeaux). Un lieutenant qui loge chez nos amis, nous paraît très sympathique et est généreux comme ses compatriotes, en fait de sucreries. Ce cher homme se nomme Edouard, 2è du nom. Il nous parle de sa famille qui est d’origine française (en parlant anglais) car il ne connaît pas le français et corrige notre mauvais accent. Nous nous amusons follement toute cette journée avec les américains.

3 septembre (dimanche)

Je reprend enfin mon journal aujourd’hui n’ayant pas eu le courage d’entreprendre cette tache au milieu des rangements que nous avons fait toute cette fin de semaine.

Le 31 nous avions été faire une promenade sur la route de la chapellerie, avec un panier de figues que nous distribuions aux américains qui nous plaisaient (un nous donna une tablette de chocolat à chacune). Quand nous apercevons devant nous notre maquis. René arrivait tout sale et habillé en vrai « terroriste ». Nous nous précipitons vers lui d’un seul élan. Nous étions bien contentes de nous revoir après ces 3 semaines sans nouvelles. Il portait un beau fusil et avait un gros pansement sur la joue. Le pauvre garçon avait attrapé des furoncles (particulièrement un ??? à la taille qui devait lui faire horriblement mal tant il était gros et pointu. J’ai vu ça pendant que maman le nettoyait) Pendant qu’il était au bain, voilà un de ses amis du maquis de Dieulefit qui vient nous donner de  ses nouvelles ne le sachant pas là. C’est un jeune russe, Bertho, qui a été recherché par la gestapo pendant toute la guerre. Le deux terroristes dînent à la maison et y couchent. On a peine à croire que tout est fini pour ici, que le canon ne va plus ronfler ou plutôt « tonner » et que les avions ne vont plus lâcher dans un fracas étourdissant leurs chapelets de bombes … et pourtant… le drapeau français peut flotter librement et dans toute sa gloire.

1er septembre

Rangements sur toute la ligne. Nous remettons tout en état. René est venu nous voir en allant à l’infirmerie.

2 septembre

Aujourd’hui il fait un temps très orageux et pourtant la pluie à l’air récalcitrante. De plus j’ai une crise de foie et je n’ai de goût à rien. Heureusement que pour midi une pluie torrentielle nettoie un peu toute cette poussière qui vous dessèche et vous fatigue. La pluie tombe jusqu’au soir et après cette journée le temps s’est tellement rafraîchie que l’on supporte aisément un chandail. Le temps se lève et il fera beau demain pour la revue des troupes de FFI. Les Maréchal viennent de partir et toute la maison semble un peu vide. Les circonstances nous ont beaucoup rapprochés et l’on se sent presque de la famille des autres depuis ces 3 semaines côte à côte ; mais ce n’est qu’un au revoir… Minette et Nano revienne déjà déjeuner mardi.

3 septembre

Ce sont ceux du maquis

Ceux de la résistance

Ce sont ceux du maquis

Qui gardent l’espérance

Aujourd’hui il fait un magnifique temps d’automne frais et clair. Nous nous dépêchons de partir voir la revue. C’est un bien magnifique spectacle que de voir tous les terroristes de la Basse-Drôme réunis sur le champs de Mars. Ils sont là, bien quatre ou cinq milles, habillés d’uniformes différents selon les compagnies, mais bien mieux que d’habitude, malgré ce manque d’uniformité de couleur et de tenue. La 14è compagnie, celle de rené, est en vert. D’autres sont en bleu, d’autres en kaki. Mais tous les groupes rouges sont comme d’ordinaire et dépare un peu des autres. C’est bien beau à voir de ce levé de drapeau aux couleurs françaises et de voir aussi tous les maquisards cités à l’ordre de l’armée, s’avancer pour recevoir diplôme et croix. Après la cérémonie c’est le défilé au son de la « Lyre montilienne » qui joue un air de marche entraînante et aux acclamations de la foule curieuse et joyeuse à la fois. Cette après-midi René est encore venu nous voir et nous a dit qu’il partait mardi pour Valence ! Toujours pas de nouvelles de papa… Que fait-il ? et où est-il ? Demain le travail de vacances commence en force : piano, math, anglais et français. Après ces jours de vacances forcées, si je puis dire, c’est plutôt dur. On se demande si ce mois de septembre nous amènera enfin la défaite finale de l ‘Allemagne ? C’est à croire ! Pour le moment préparer sa classe c’est le plus important. Je voudrais tant passer en 3ème. Je voudrais bien aussi que Jean-Claude réussisse son bachot. Quel chance si Titi et moi vainquions les examens de passage. Oh, alors victoire ! Mais sait-on jamais…

Jeudi 7 septembre

Voilà quelques jours déjà que j’ai abandonné mon journal aussi comme je veux toujours le tenir au courant je reprends ma longue rédaction quotidienne. Ce matin nous avions notre leçon de dessin qui s’est très mal terminée pour moi. Maman avait été d’enterrement et nous avait laissé toutes seules devant un modèle. Quand elle est rentré, elle m’a dit que j’avais fait ça très mal et que l’on pourrait même croire en voyant cette feuille que je n’avais fait ou presque de dessin. J’étais si vexée, d’avoir travaillé pendant deux heures et de recevoir ça comme gage que je me suis mise à pleurer et à grogner. J’ai tout effacé et je me suis mise à tout recommencer, mais trop tard. Quand l’heure des notes est finie, ce n’était qu’une vague esquisse. Est-ce de l’orgueil, je le crois, en voyant que je n’avais pas fait même comme Nano, j’ai demandé à maman qu’elle ne me note pas mon « horreur » et j’ai été la brûler, après quoi je suis montée pour pleurer sur mon manque de persévérance. Mais heureusement ce n’est pas toujours comme cela, je tâcherai de prendre ma revanche jeudi prochain.

René n’est pas revenu à la maison depuis quelques jours, sûrement il doit être parti plus haut.

Tous les soirs depuis quelques jours nous assistons à un feu d’artifice sur notre terrasse. Des américains et des ??? nous offrent tous les soirs une magnifique séance. Des fusées blanches, rouges, vertes, jaunes retombent en pluie illuminant le ciel de leurs petites étoiles brillantes. Nous nous amusons follement et ce n’est que des Ha et des ho de joie. J’ai repris avec joie depuis notre visite à madame Moulinier, le tricot. Heureusement d’ailleurs car il nous faut préparer l’hiver à Versailles en faisant des nages.

Je suis très contente de travailler tous les matins ! Car cela m’occupe beaucoup et puis je crois que c’est tout à fait utile et important que je secoue un peu ma paresse !

Vendredi 9 septembre

Cette après-midi nous avons été à la Coucourde ( ???) pour voir un peu ce que c’est que la « vraie guerre ».

Je trouve que nous avons fait une bien horrible promenade. Une saleté indescriptible règne sur cette route de Valence. Des milliers d’autos brûlées gisent là et on ne sait pour combien de temps. Des uniformes : capotes, vestes, culottes vertes, tout cela est lamentablement souillé de terre et dégoûtant, des monceaux de boites de conserve, des papiers, des photos et maintes et maintes choses sont là… et le plus « horrible » c’est qu’au fur et à mesure qu’on s’avance une affreuse odeur de pourriture se dégage. Des hommes et surtout des chevaux sont là en décomposition, putréfiant en l’air, sous des amas de ferrailles ou encore au milieu du trottoir. A chaque mètre on se bouche le nez tant cette odeur est innommable et j’ai vu…oh ! Quelle horreur 3 cadavres de chevaux sur le bord de la route, en une telle décomposition et sentant une telle charogne et je n’ai pu retenir un Oh ! d’horreur. En chemin on a arrêté Jean-Claude pour le faire travailler à l’ensevelissement de cadavres. On arrête tous les hommes à partir de 15 ans pour éviter la peste, qui se propagerait bientôt et il n’y a moyen de s’esquiver à se travail repoussant. On dit que des centaines et des centaines d’hommes et de chevaux gisent dans les bois et que des hommes protégés par des masques à gaz y travaillent à les ensevelir.

C’est affreux de penser et de voir ce qu la guerre a apporter ici et partout dans la France. Les maisons sont percées de bombes, pillées et le plus souvent, particulièrement à Logis neuf il ne reste plus que de lamentables ruines. Tous les fils téléphoniques pendent. Des trains entiers brûlés, restent comme pétrifiés sur la voie, avec leurs énormes canons, gueules levées vers le ciel (ou vers le maquis).

On ne pourrait ou presque avoir sur la bouche assez le mot de « vengeance » quand on parle des boches. Quelle race maudite, il faudra qu’ils paient cher toutes ces destructions !

12 septembre

Hier j’ai eu 15 ans, mais je ne m’en aperçois pas le moins du monde, si ce n’est que je fais de très gros efforts pour bannir à jamais mon pouce de ma bouche.

J’ai eu de bien jolis cadeaux : entre autre une ravissante étoffe pour me faire une blouse et une paire de ciseaux. L’après-midi nous avons eu un délicieux goûter malgré les restrictions.

Aujourd’hui en sortant de notre leçon d’anglais nous avons été au chant d’aviation pour voir les campements américains et cette après-midi nous irons avec maman voir et monter en avion, si l’on nous permet.

Un éclaireur qui est très très débrouillard nous a dit que son frère avait été à Cannes avec des américains et en avion et que lui avait été avec le camion du ravitaillement à Saint-Tropez, à Grenoble, en couchant et mangeant avec eux. C’est vraiment drôle et bizarre mais enfin je n’ai pas le doit de douter de la parole d’un éclaireur.

14 septembre

Leçon de dessin.  J’ai eu les meilleures notes : 17 mon dessin de semaine et 14 pour le dessin dirigé (on a fait un coin de la chambre de maman)

15 septembre

Hier nous avons passé une bonne journée calme et heureuse. Nous avons fait les vendanges avec Nano.

(le journal s’arrête là, des pages manquent visiblement).

La traboule du picnique*

Je n’ai aucun souvenir de pic-niques avec papa. Papa détestait la plage, je ne sais vraiment pas pourquoi, mais c’était comme ça, il n’y allait pas. Les seuls souvenirs que j’ai de papa à la plage sont plutôt des flashs, voir des faux souvenirs! J’avais 3 ans à l’île de Ré.

La notre était plus simple, sans le « cannage ».

Quand on partait en pic-nique quand j’étais petite papa était au rugby. On partait « tôt » le matin avec la 4L de maman (papa n’avait pas de voiture, d’ailleurs il ne conduisait pas. Il marchait beaucoup). Jeff à l’avant et les 3 autres à l’arrière. Deux paniers d’osier pour les victuailles, comme disait maman. Maman avait préparé des oeufs durs. On s’arrêtait à la boulangerie pour le pain, parfois à la Coop pour les tomates, les pêches, les chips… Quand on était pressés d’arriver on achetait à manger à St-Martin ou à Ars.

Ars

La route jusqu’à l’embarcadère était joyeuse et ensoleillée sur la grande avenue quasi déserte jusqu’à la Pallice. On passait par la base sous-marine allemande, énorme, grise, impressionnante. Souvent au retour on s’y arrêtait pour regarder. Mes frères pourrons dire ce qu’on y voyait… Moi j’étais trop petite. On avait le droit de passer dans la zone portuaire au milieu des montagnes de tronc d’arbres exotiques qui arrivaient par bateau…

La base allemande de la Pallice

En dehors de Juillet et Août il n’y avait pas d’attente pour le bac. En été l’attente était parfois très longue : 2 heures, 3 heures… C’est pour ça qu’on partait « tôt » …  Pour éviter les touristes : les non-rochelais.


Le bac c’était toute une aventure. Une grande excitation. On le prenait tellement souvent qu’on s’y sentait vraiment chez nous mais à chaque fois c’était la fête, l’aventure!  Qu’est-ce que c’était bien! D’abord maman se garait dans le bac sous les « ordres » des dockers. C’était des gars musclés et très tannés. Des gros durs. Ensuite on courait dans les escaliers en fer pour aller à l’avant du bac, là où se sent les rois du monde et où on se prend les embruns dans la figure. On s’asseyait sur les bancs oranges sous lesquelles étaient les gilets de sauvetages… Je crois que la traversée durait environ 2O minutes.

Le bonheur quand on arrivait près du débarcadère! Tout le monde redescendait en vitesse vers les voitures! Le bac s’ouvrait par les côtés en faisant un bruit énorme et puis on était sur l’île!!!!

L’île!

La 4L roulait sur ce pont pour entrer dans Saint-Martin.

Interdit aux voitures depuis un sacré bail!

Il faut imaginer l’île des année 70, avec ses vieux qui n’avaient jamais été sur le « continent », avec ses routes qui sont les pistes cyclables d’aujourd’hui, sans les grosses routes. L’île de quand on passait sous la vieille porte de Saint-Martin. L’île avec ses vieux petits magasins tout ringards comme dans n’importe quel petit village de Charente.

Alors on s’arrêtait à l’épicerie (la seule) de Saint-Martin, avec son rideau en lanières en plastique, son côté ultra années 50… Parfois on avait droit à du Pschitt Cassis. Une bouteille en verre. Il fallait un décapsuleur. On avait jamais le droit au tube de mayo. Je sais que d’autres gens avait de la mayo en tube pour les pic-nics, pas nous et j’aurais bien aimé.

Maman aimait aller jusqu’au bout de l’île à Trousse-chemise. Pour y arriver c’était un chemin de sable et il fallait connaître, à l’époque. Parfois il n’y avait vraiment personne. On étalait les serviettes de bains sur les épines de pin pour faire une nappe, dans le bois, juste devant la plage. On mangeait en maillot de bain, après une première baignade. On croquait nos tomates, on épluchait nos oeufs dur… Pas de fourchettes et un seul couteau pour faire des sandwichs au jambon. On buvait le Pshitt au goulot, ou on buvait de notre petite gourde en plastique qui nous faisait des années et qui sentait pas bon.

Maman avec sa petit tribu de 4 enfants roulants dans le sable, courant sur le Banc du Bucheron, faisant la planche dans l’océan salé.

Dans la voiture on chantait, on comptait les voitures. Je revois encore « la carte de passages » du bac, ils faisaient un trou dedans à chaque passage. maman avait une carte de verte parce qu’elle était « insulaire », étant prof au collège de l’île.

*Jeanne racontais l’autre jour ses pic-niques à elle… Je vous propose de trabouler et de nous raconter les vôtres en com’ ou chez vous.

Bonne journée à tous, adishatz et portez-vous bien 😉

Objectif lune

Aujourd’hui Youri a commencé la journée avec la caguère… Un peu pareil que quand un enfant a une gastro… Je vous passe les détails. En plus sa paupière intérieur remontait salement…  Alors cet aprem on a fait un petit tour chez les gentilles vétos (c’est un cabinet de femmes et je trouve ça parfait, elles sont comme des copines… Alors que le véto d’avant me parlait comme si j’étais une dinde. Bref : le voilà vermifugé et vaporisé. Bon, il a toujours la caguère mais « Ã§a va passer! ». Officiellement il a 3 mois. Tout le monde l’a trouvé très sympathique avec de grandes oreilles et un caractère agréable…

J’espère qu’il ira mieux dès demain 😦

Georgino reviens peu à peu, mais alors très peu à peu. La véto dit que ça lui passera…

En septembre (je croise les doigts pour ne pas avoir à y revenir avant!) je ramènerai Youri voir la Carole pour qu’elle lui fasse un « petite opération »…

En dehors de ça aujourd’hui il a fait très chaud, bien 30°et très lourd. On aimerait que ça pète, mais ça pète point. C’est raté pour voir l’éclipse de lune, le ciel est tout nuageux…