Huile de lin et Cie

L’autre jour Jenny me demandait comment s’y prendre pour peindre à l’huile… Je vais essayer de répondre même si il y a exactement un an je n’en avais encore pratiquement aucune idée!

Je me suis inscrite dans un club, j’ai acheté des bouquins, j’en ai emprunté à la bib,  j’ai essayé de me rappeler des gestes de mon père et j’ai beaucoup regardé des reproductions de tableaux de grands « maîtres »…

Un bon bouquin

La toile :  on peut acheter des toiles en coton ou en lin. Celles en coton sont moins chères, celles en lin de plus grandes qualités résistent, je suppose, mieux au temps…

Dans les deux cas les toiles sont 95% du temps déjà enduites, ce qui veut dire qu’on a pas à les « préparer » soi-même. Cependant j’aime démarrer sur une toile un peu sombre : je la peins donc généralement en terre de sienne avant de commencer quoi que ce soit. Je la peins avec de la terre de sienne acrylique. J’utilise de l’acrylique pour cette première étape car c’est une peinture qui sèche extrêmement rapidement et sur laquelle on peut peindre à l’huile  tout de suite (le contraire n’est pas vrai). Si je faisais mon fond à l’huile, il faudrait que j’attende le lendemain (ou plus) pour commencer.

Tableau de maître : Picasso!

L’esquisse : personnellement j’aime ébaucher un dessin avant de commencer pour prendre mes repères dans la toile. Je dessine rapidement sans entrer dans les détails avec un crayon fusain blanc…

La peinture : pour la peinture à l’huile je n’utilise que de la peinture de qualité, pas « la meilleure » ( Sennelier, hors de prix) mais pas les premiers prix non plus qui ont souvent des couleurs plus ternes parce qu’elles contiennent moins de pigments.

Godets à palette pour la térébenthine, l’huile de lin, le médium à peindre…

Quand je commence une toile je trempe souvent mon pinceau dans un petit godet d’essence de térébenthine pour fluidifier ma peinture. La première couche du tableau est donc « maigre » avec le mélange de térébenthine, plus je repasse sur ma toile moins je dilue à la térébenthine. Ensuite on peut faire plus gras pour les dernières couches (le fameux « gras sur maigre ») mais attention une peinture trop grasse va mal sécher (durcir) et faire des « rides ». Pour faire plus gras on utilise souvent de l’huile de lin. Il faut y faire attention avec les couleurs claires car elle jaunie. Je n’ai jamais utilisé de l’huile de lin polymérisée qui apparemment n’a pas ce défaut… L’huile de noix mélangée à de la térébenthine est aussi excellente car elle sèche en quelques heures. On peut aussi utilisé un « médium à peindre » tout prêt.

Couteau à palette pour mélanger les couleurs

Je n’utilise pratiquement jamais une couleur sortant du tube, je fais des mélanges, des patouilles. Pour bien mélanger mes couleurs (et leur fluidifiant) j’utilise un couteau à palette. A propos de palette j’ai d’abord utilisé la palette en bois de ma boîte, puis des assiettes et finalement, « lasy bones »* que je suis, un bloc de palettes jetables en papier calque (nettoyer une palette c’est pas rigolo).

Une palette respectueuse des traditions, pas comme la mienne….

En ce qui concerne toujours la palette je ne suis pas une bonne catholique, je ne fais pas « come dios manda »* : les couleurs bien disposées de chaud à froid ou le contraire… Je fais comme j’ai envie sur le moment.

Hum voilà. Il faut prendre tout ce que je dis avec des pincettes quand même étant donné que ça fait moins d’un an que j’ai commencé à peindre. Avant je faisais des dessins, à l’aquarelle, une méthode de mécréante qui n’avait pas grand chose à voir avec de l’aquarelle.

Voilà la palette de Claude Monet, elle me plait beaucoup 🙂 On y voit sa mnière de peindre 🙂

Voilà une palette de peintre inconnu, bien organisée… « Como Dios manda »!

Bon aujourd’hui, pour illustrer mon propos j’ai fait une toile dont vous pouvez voir l’évolution…

J’avais envie de faire un « one day painting » parce que galérer pendant des jours sur une toile pour ne pas en être contente, c’est gonflant. j’ai donc décidé hier matin de « travailler » à ma manière, sans vouloir faire autre chose que du Mahie et en envoyant aux orties tout le reste. Comme j’ai devant moi un joli modèle : un tableau de mon père des années 40 ou 50, je m’en suis inspiré.

Le tableau de mon père.

My master piece, 😉

*paresseuse

*comme Dieu le veut