J’aime bien les bonnes soeurs

Fénelon, 1984 (année du bac!). Bien malin celui qui peut me retrouver sur cette photo!

Oui c’est vrai, sans déconner, je les aime bien*, ces femmes un peu rudes mais à la fois chaleureuses, à qui on ne la fait pas et qui ont leur franc parler!

Je suis arrivée en sixième dans mon collège de bonnes sÅ“urs,  Sainte-Eustelle de Chavagne à La Rochelle. Je ne me rappelle plus de leurs noms. Il y avait « soeur Concorde » bien sûr, la supérieur, la directrice… « Concorde » à cause de son nez!!! Même les petites filles modèles des années 70 étaient « espiègles ». Il y avait la sÅ“ur toute petite, rondelette et vieille comme les murs qui « gardait » la porte sur la rue Dupaty, en face de la pâtisserie… Soeur Charlotte, ça me revient. Elles étaient toutes assez rugueuses de caractère! Mais jamais méchantes ou injustes! On pouvait les faire tourner en bourrique et aussi parfois on pouvait se faire punir mais franchement j’aimais leur silhouettes grises, leur bas de contention marron et leurs gros croquenots : elles avait une classe toute particulière… Austère, digne, sans conneries et coquéterie.

Elles m’étaient sympathiques les sÅ“urs. mais je suis (heureusement?) arrivée au moment où aucune n’enseignait Nous n’avions que des laïques comme prof. Il y avait de vieux profs qui nous faisaient commencer la journée par un « notre-père », mais ils étaient rares. Il y avait aussi Frère Machin qui était prof d’anglais soixante-huitard, sympa et rigolo. L’année où je rentrait en sixième la mixité entrait aussi à Sainte-Eustelle, j’en étais aussi inquiète que les sÅ“urs. A l’école « républicaine » de mon quartier il n’y avait eu que des filles et les garçons me faisaient peur, éh oui. A mon entrée en 5ième je les trouvais juste « bêtes » comme tout le monde.

En cinquième on  a transféré notre classe au lycée de garçons : Fénelon. Là il n’y avait que des curés, des prêtres, des pères, des frères et des laïques bien sûr, mais pas de sÅ“urs, of course. Les deux écoles avaient fusionné, mais les curés et les bonnes soeurs ne s’étaient pas pour autant mis en couples!!

Les curés étaient très cools aussi, il y avait une bonne ambiance. Ils étaient plus souvent victimes des élèves que le contraire… Je me rappelle du pauvre père Métayer qui gardait les récréations et dont le dos était la cible des crachats des garçons (ces porcs!!!) bien sûr, on allait les dénoncer tellement ça nous faisait mal au coeur de le voir se faire martyriser comme ça… Son manteau était toujours… répugnant.

Je dois préciser que dans mon école il n’y avait pas de prêtres avec de drôles de manières avec les enfants, que ce n’est pas quelque chose qui arrive « forcément »… En revanche nous avions eu un gros problème avec le médecin scolaire (de l’éducation national) qui nous avait toutes et tous un peu trop tripoté et heureusement l’année suivante nous ne l’avons pas revu suite à nos plaintes.

En 4ième et 3ième on nous a ramené à Chavagne, en plein cÅ“ur de ville, c’était bien.

Puis le lycée de nouveau à Fénelon. Malgré ma scolarité un peu merdeuse je garde un bon souvenir de ces années là. La mémoire est sélective.

* Mais quand même pas au point d’inscrire Titi au « caté »