Rendons à Adélaïde Labille-Guiard sa notoriété

Adélaïde Labille-Guiard, autoportrait avec deux élèves : Mesdemoiselles Capet et Carreaux de Rosemond.

New-York, The Metropolitan Museum of Art

Adélaïde Labille-Guiard (1749 -1803) est une peintre éminente du 18ième. Je ne vais pas revenir là-dessus : on à plus l’habitude de parler des hommes en tout (politique, peinture, littérature…) pourtant les femmes n’ont jamais compté pour des prunes…

Qui connait vraiment Adélaïde Labille-Guiard en dehors des passionnés de peinture du 18ième ? Hu? Pas grand monde. Ou alors on connait ses tableaux mais, sans se demander, on pense que c’est un homme qui à peint ça , c’est pas vrai? (Mais j’arrête  je sais que mon côté féministe agace… Non, je mens, j’arrête pas parce que ça agace, j’en rajoute une couche à chaque fois que je peux 😉 Na!  Hé hé!)

Adélaïde n’est pas noble, d’une bonne famille bourgeoise, ses parents sont propriétaires d’une belle une mercerie parisenne. A 20 ans elle se marie avec Nicolas Guiard. Sur son contrat de mariage, il est indiqué qu’Adélaïde est peintre de l’Académie de Saint-Luc. Elle exerce déjà en tant que peintre professionnelle.

En 1779 elle se sépare de son mari et divorce en 1793 une fois que la législation révolutionnaire le permet. En 1799, Adélaïde se remarie avec le peintre François-André Vincent,  Prix de Rome  1768 et membre de l’Académie des Beaux-Arts. Elle le connaît depuis « toujours ».  Car son père François-Elie Vincent a été son professeur très tôt. Ça c’est pour ces mariages. Passons à son oeuvre…

Francois-Andre Vincent par Adélaïde Labille-Guiard, vers 1795. Paris, musée du Louvre.

Portrait de M. de François-André Vincent (1714-1816), peintre
par son épouse Adélaïde Labille-Guiard  (1749-1803)
Paris, musée du Louvre

Madame Boyer-Fonfrède et son fils par  François André Vincent, 1796

Paris, Musée du Louvre

Adélaïde rentre à l’Académie de Saint-Luc en 1769 sur recommandation de François-Élie Vincent, son prof.  Appartenir à l’Académie de Saint-Luc permet à Adélaïde d’exercer professionnellement son art. De nombreuses femmes artistes appartiennent à cette institution. On  y comptera jusqu’à cent trente femmes en 1877 date de sa fermeture (sur combien d’hommes? Je ne sais pas…).

Très vite on la compare à Elisabeth Vigée-Lebrun. Il est amusant de constater qu’on la compare à une autre femme, alors qu’on pourrait très bien elle et Vigée-Lebrun les comparer à des hommes…. Non? Bref.

De 69 à 74 elle est l’élève du pastelliste Quentin de la tour (1704-1788, à ne pas confondre avec Georges de Latour peintre du siècle précédent) . Très vite les critiques disent qu’elle a le même talent ! Mazette! Adélaïde est enfin une artiste reconnue!

Maurice Quentin De La Tour, autoportrait au jabot de dentelle (vers 1751)

Musée de Picardie, Amiens

Saint-Luc ayant été fermée des raisons « politiques » Adélaïde cherche à entrer à l’Académie royale pour se faire connaître. Pour y entrer, il est nécessaire de présenter une peinture à l’huile. Elle commence alors son apprentissage de la peinture à l’huile auprès de son ami d’enfance François-André Vincent (Hé hé!) celui qui va devenir son deuxième mari et son grand amour 😉

François-André Vincent, lui, est  reçu  à l’Académie royale de peinture et il lui envoie à  plusieurs personnalités de l’Académie  pour faire leur portrait. Ses hommes, appréciant le talent de l’artiste, sont alors acquis à sa candidature à l’Académie royale de peinture.

Elle est reçue en 1783 en même temps que Elisabeth Vigée-Lebrun à l’Académie royale de peinture et de sculpture. (Contrairement à l’Académie française, l’Académie Royale – fondée en 1648 – admettait   les femmes,  cependant leur nombre était limité.)

Elle devient la peintresse (et pourquoi pas? On dit bien maîtresse ou princesse) officielle de Mesdames, les tantes du roi Louis XVI.

Marie Adélaïde de France, dite « Madame Adélaïde », puis  « Madame », quatrième fille et sixième enfants de Louis XV et de Marie Leszczyńska (1732 à Paris- 1800 à Trieste). Par  Adélaïde Labille-Guiard, châteaux de Versailles

Avec la révolution etc, Adélaïde change de clientèle, son portrait de Robespierre connait un beau succès :

Robespierre par Adélaïde Labille-Guiard (1791).

Collection privée

Bien qu’ayant fuit Paris au moment de la révolution elle ne sera pas inquiétée pour avoir été peintresse officielle à la cour car elle était assez favorable à la Révolution… Cependant elle du bruler quelques unes de ses œuvres elle même… Portrait du frère du roi etc…

Contrairement à Elisabeth Vigée-Lebrun, elle est connu pour ne pas « arranger » le visage de ses modèles (raison d’ailleurs pour laquelle, Marie-Antoinette, en son temps, n’avait pas voulu d’elle pour la portraiturer).

Sur ce adishatz et portez vous bien.

Demain nous parlerons de Marie-Gabrielle Capet, l’élève d’Adélaïde, femme artiste méconnue du grand public (Hé oui encore une!!!) car n’ayant pas la chance d’avoir du poil au menton… Ben oui, quoi, c’est vrai… Comment une aussi jolie fille pourrait avoir du talent?

5 commentaires sur « Rendons à Adélaïde Labille-Guiard sa notoriété »

  1. Donnons-elle (bah oui pourquoi dire donnons-lui ? Moi aussi je peux faire la féministe !) donnons-elle déjà de l’amour pour ses œuvres, la notoriété reviendra toute seule si nous sommes assez nombreux. d:-)

    Il y a une chose que je regrette quand je lis des billets sur les peintresses ou les peintres (ici et ailleurs), c’est qu’on ne me dise pas où on peut voir les œuvres en vrai.

    1. @Cristophe : pour le billet de demain le tableau principal se trouve à Tokyo!!
      Tu as parfaitement raison c’est pas une mauvaise idée…
      Beaucoup de tableau de Mme Vigée Lebrun se trouvent au château de Versailles… Pour Adélaïde je vais jeter un coup d’oeil.
      Cependantje peux te dire que la quasi totalité des oeuvres de Bouguereau de trouve aux US si ça t’intéresse… Quand même je mets souvent où se trouven les tableaux, non?

  2. CRISTOPHE (ou Christophe ?) : Lui : est un pronom de la 3e personne qui est des deux genres. Il n’y a donc pas lieu de faire du féminisme en le remplaçant par ELLE. « Donnons-elle » est incorrect. L’usage admet « donnons à elle » ou « donnons à elle-même ». Enfin, et entre autres, on peut déplorer de voir confondu le verbe « avoir » avec la préposition « à »… Mais de nos jours il ne faut plus s’étonner de rien !!! Néanmoins l’intention du site est louable. Merci pour les repro (-ductions) (:-)) Pierre

  3. Cristo. et Mahie : « Merdre ! » dirait UBU ! J’ai « confusionné » (néologisme !) : « donnons-elle » concerne bien Cristophe mais l’emploi de la prép. « à » à la place de l’auxiliaire « avoir » et la prép. était un commentaire du texte de Mahie.
    Enfin une goutte de vinaigre de plus : écrire « les œuvres originales » ferait moins « gamin » que « les œuvres en vrai ».
    Mille z’excuses.. Pierre

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