ArtĂ©misia et les Judith

Il me paraĂźt encore plus difficile de parler de la vie d’une femme du 17iĂšme siĂšcle que de celle d’une femme du 18iĂšme!!!

ArtĂ©misia (c’est comme ça que je me souviens d’elle parce que son nom de famille m’Ă©chappe toujours!) est une peintre que je connais par son tableau probablement le plus connu : Judith dĂ©capitant Holopherne

Judith décapitant Holopherne, 1612, Artemisia Gentileschi, MusĂ©e Capodimonte de Naples. 158,8 x 125,5 cm.

Artemisia Gentileschi Rome 1593 , Naples 1652, peintre italienne de l’Ă©cole caravagesque.

A chaque fois je regarde ses oeuvres, je me demande pourquoi elle n’est pas aussi connu que les autres? Que les hommes? Parce que c’est vrai tout de mĂȘme, son nom n’est pas dans tous les ouvrages de rĂ©fĂ©rence…

Tenez j’ouvre ma petite encyclopĂ©die de la peinture de Stefano Zuffi, je cherche dans l’index des peintres Ă  G et je crois avoir mĂ©dis : je vois Gentileschi… Orazio!!!! Page 181…

HĂ© oui voilĂ  c’est comme ça… La peintresse compte pour du beurre! Pourtant dans le Robert 2 des noms propres on dit :  » Fille du prĂ©cĂ©dent… Blabla bla…  « elle Ă©clipsa la gloire de son pĂšre » !!! Alors pourquoi certains livres , un  peu phallocrate? Parlent du pĂšre et non de la fille? Hein, dites-moi?

Son pĂšre, Orazio Gentileschi, Ă©tait donc peintre et va savoir pourquoi (probablement parce que son pĂšre n’Ă©tait pas phallocrate lui), comme un garçon, elle a suivi la voie de son pĂšre…

Elle devient un peintre de cour Ă  succĂšs, sous le patronage des MĂ©dicis et de Charles Ier d’Angleterre.

« ConsidĂ©rĂ©e comme l’un des premiers peintres baroques, l’un des plus accomplis de sa gĂ©nĂ©ration, elle s’impose par son art Ă  une Ă©poque oĂč les femmes peintres ne sont pas facilement acceptĂ©es. Elle est Ă©galement la premiĂšre femme Ă  peindre l’histoire et la religion Ă  une Ă©poque oĂč ces thĂšmes hĂ©roĂŻques sont considĂ©rĂ©s comme hors de portĂ©e d’un esprit fĂ©minin. Elle nous a laissĂ© d’elle un autoportrait d’une grande vigueur qui dĂ©note une maĂźtrise consommĂ©e de son art et de l’art. » WikipĂ©dia

Judith et sa servante, 161~, Artemisia Gentileschi, Palazzo Pitti, Florence

Artemisia a la chance d’avoir un pĂšre intelligent : elle fait donc   fait son apprentissage dans son atelier Ă  ses cĂŽtĂ©s de mĂȘme que ses frĂšres mais elle dĂ©montre par rapport Ă  eux un talent bien plus Ă©levĂ©… Comme le style de son pĂšre, Ă  cette Ă©poque, se rĂ©fĂšre explicitement Ă  l’art du Caravage (avec lequel Orazio est ami), les dĂ©buts artistiques d’Artemisia se placent dans le sillage de celui-ci…

Alors qu’elle n’a que 19 ans elle est violĂ©e par son professeur Agostino Tassi que son pĂšre lui a choisi puisqu’étant femme, malgrĂ© son Ă©norme talent, elle ne peut intĂ©grer une acadĂ©mie d’art… Son pĂšre porte plainte, s’en suit un procĂšs retentissant … Il en rĂ©sulta que le type Ă©tait vraiment une sale crapule qui n’en Ă©tait pas Ă  ses premiers crimes… Il fut condamnĂ© etc.

TĂ©moignage d’Artemisia au procĂšs, selon les chroniques de l’Ă©poque :

« Il ferma la chambre Ă  clef et aprĂšs l’avoir fermĂ©e il me jeta sur le bord du lit en me frappant sur la poitrine avec une main, me mit un genou entre les cuisses pour que je ne puisse pas les serrer et me releva les vĂȘtements, qu’il eut beaucoup de mal Ă  m’enlever, me mit une main Ă  la gorge et un mouchoir dans la bouche pour que je ne crie pas et il me lĂącha les mains qu’il me tenait avant avec l’autre main, ayant d’abord mis les deux genoux entre mes jambes et appuyant son membre sur mon sexe il commença Ă  pousser et le mit dedans, je lui griffai le visage et lui tirai les cheveux et avant qu’il le mette encore dedans je lui Ă©crasai le membre en lui arrachant un morceau de chair. »

Le procĂšs fut incroyable et dura presque un an. Elle fut torturĂ© afin de vĂ©rifier si elle disait bien la vĂ©ritĂ©… Ce fut en gros a elle de prouver qu’elle Ă©tait une victime alors qu’il fut reconnu que son agresseur avait dĂ©jĂ  violĂ© d’autres femmes de sa propre famille.

Orazio qui était un pÚre qui  jamais ne laissa tomber sa fille arrangea alors pour Artemisia un mariage avec Pietro Antonio Stiattesi, un  peintre comme eux, qui aida Artemisia, violentée, abusée et dénigrée, à retrouver un statut honorable. Ils eurent quatre enfants.

Et maintenant je me demande si ces peintresses ne sont pas plus connues dans d’autres pays que le notre quand je ne trouve des documentaires sur ArtĂ©misia qu’en anglais, italien, espagnol…

TrÚs intéressant documentaire en anglais

Dans ne seconde version, plus grande, de sa Judith dĂ©capitant Holopherne, oĂč elle donne ses propres traits Ă  sa Judith, attribuant Ă  Holopherne ceux de Tassi.

Judith décapitant Holopherne, 1620, Artemisia Gentileschi, Galleria degli Uffizi, Florence. Huile sur toile, 199 × 162 cm.

Sa vie et son oeuvre Ă©tant fort riche je vous laisse approfondir le sujet si le coeur vous en dit. Personnelement cette pĂ©riode dans la peinture n’est pas ma prĂ©fĂ©rĂ©e mĂȘme si j’en admire la force, je prĂ©fĂšre la douceur du baroque…

Quand Ă  Judith tranchant la tĂȘte d’Holopherne c’est un des sujet qui a Ă©tĂ© peint par tous les grand ou presque…

Mon prĂ©fĂ©rĂ© est celui du Caravage je crois avec la vieille femme au cĂŽtĂ© de la jeune beautĂ©… Elle est lĂ , elle l’assiste, la soutient, la comprend.

Le Caravage. Judith dĂ©capitant Holopherne, 1598, huile sur toile, 145 cm × 95 cm, Rome, Galerie nationale d’art ancien.

Celui-ci aussi est bien connu :

Lucas Cranach l’Ancien, Judith avec la tĂȘte d’Holopherne, vers 1530, Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Le Titien 1487/90 – 1576,  Judith avec la tĂȘte d’ Holoferne, huile sur toile (89 × 73 cm) 1515 Galleria Doria Pamphilj, Rome

Les tableaux reprĂ©sentant cette scĂšne sont innombrables, je vous laisse en dĂ©couvrir d’autres par vous mĂȘme, Google est fait pour ça…

LĂ -dessus, turlututu chapeau pointu je vous laisse retourner Ă  vos activitĂ©s…

Adishatz et portez vous bien…