Des hauts et des bas

« Vous avez particip√© √† l‚Äôentretien de s√©lection concernant le poste cit√© en objet et je vous en remercie.

J’ai le regret de vous informer que votre candidature n’a pas √©t√© retenue, un autre profil¬† √©tant plus proche de celui souhait√© pour le poste √† pourvoir.

Meilleures salutations »

La semaine a √©t√© lourde en √©motions. Depuis samedi dernier j’√©tais stress√©e par « l’entretien ». Finalement √ßa c’est bien pass√©, c’√©tait pour un poste moins stressant que t√©l√©conseiller, mais c’√©tait tr√®s d√©stabilisant : ce n’est pas du tout « cet entretien l√† » que j’avais pr√©par√©… Bien s√Ľr ce n’√©tait pas¬† √† la hauteur de mon dernier poste en 2005. Il s’agissait de num√©riser « le flux entrant comme ils disent »… Comprendre « le courrier » : les feuilles de soin, le courrier en g√©n√©ral, etc. La premi√®re chose d√©primante √† l’issu de cet entretien n’√©tait pas tellement √ßa (c’√©tait finalement beaucoup stressant que « le t√©l√©phone » ) c’√©tait qu’il s’agissait d’un contrat particulier pendant 3 mois o√Ļ j’aurais gagner 650 euros en √©tant √† temps plein. Ensuite √ßa aurait √©t√© un CDD de 6 mois pour un SMIC √† peu pr√®s.¬† Ca encore √ßa pouvait passer m√™me si ma fiche de paye autrefois affichait 1750‚ā¨, bonjour la chute… (Oui je sais j’√©tais pas non plus « pleine aux as », comme je disais l’autre jour)¬† mais bon, √ßa je le savais avant d’aller √† l’entretien et c’√©tait OK.¬† Non le truc qui m’avait d√©vast√© c’est que c’√©tait pour commencer imm√©diatement, lundi 9 juillet et √ßa, √ßa je ne m’y √©tais pas pr√©par√©e! Le 1 ao√Ľt oui, mais piti√© : pas l√† maintenant tout de suite! Pas supprimer mes 15 jours¬† √† LR!

Heureusement que c’est la derni√®re question que j’avais pos√©e, √ßa m’a permis de ne pas faire la gueule pendant tout l’entretien….

Je peux passer par un salaire mis√©rable au service du courrier au rez-de chauss√©e, voire en sous-sol, mais faire une croix sur mes vacances √† La Rochelle, sur les vacances de mon fils, celles de mon mari, c’√©tait un d√©chirement. Un truc affreux. Pourtant je n’aurais pas dit non. J’ai besoin de bosser, urgemment…

La semaine a √©t√© ravag√©e donc, par l’id√©e de passer l’√©t√© √† Pau et de devoir attendre la Saint-Glinglin avant de revoir mes fr√®res, ma villes, mon oc√©an, mes tours, ma brise…. La semaine √† ressasser √ßa… A ressasser mon fils sans vacances au grand air de la mer, sans le cours des Dames, le port, les bateaux, les moules, mes frangins, la plage, le sable dans le slip de bain, les repas partag√©s avec mes fr√®res, le petit air frais du soir pr√®s des tours…

Et puis j’avais mes r√®gles. Je mords quand j’ai mes r√®gles!

Delphine de Vigan

Et puis j’ai termin√© le livre, le tr√®s excellent et tr√®s d√©primant livre de Delphine de Vigan! Faut avoir du courage ou de l’inconscience ou un esprit suicidaire¬† pour le lire la semaine de ses r√®gles quand on est angoiss√©e par une r√©ponse de boulot! Et quand on arrive pas encore de se d√©crocher des antid√©presseur : le minimum maintenant, plus qu’un jour sur deux. Le toubib m’avait il y a quelques mois : « C’est fini, c’est le bout du tunnel, vous allez bien maintenant et puis cet √©t√©, une fois √† La Rochelle, vous arr√™terez. Ca me faisait flipper √ßa aussi. Ne pas aller √† LR. Ne pas arr√™ter les m√©docs?

Delphine, c’est peu dire, qu’elle s’en ai pris plein la gueule avec sa famille. A plusieurs reprise j’ai cru que j’allais ramen√© le livre √† la m√©diath√®que sans le terminer. Mais c’√©tait sans compter sans son talent , sans sa plume concise, franche, en quette de v√©rit√© et d’honn√™tet√©. Je me disais c’est pas possible je peux pas lire √ßa avant de m’endormir. Je ne veux pas penser √† tous ces morts… Je¬† me suis senti tant et tant de point communs avec elle!!! J’avais l’impression que j’aurais pu √©crire un livre similaire. Ma m√®re ne s’est pas suicid√©, mais mes fr√®res l’ont retrouv√© morte presque une semaine apr√®s son d√©c√®s. Ce passage du livre (les premi√®res pages et les derni√®res) √©tait assez difficile √† gober pour moi… Les cancers, les morts, les suicid√©s, les d√©pressifs…. (Heureusement pas de « fous » chez moi je crois). Les m√©docs qui font perdre le discernement. Les somnif√®res un peu trop puissants… Tout cela fait un √©cho dans mon coeur un peu trop sonore.

Mais j’ai fini le bouquin. Parce qu’il est attachant, parce que son √©criture si¬† simple est si parfaite, ses personnages pour moi √©taient comme de famille…

Voil√†, c’est fini. Je n’ai pas le job, on a les vacances. Le bouquin est pr√™t √† repartir sur les rayonnage de la bib’. J’aimerais avoir les impressions fournies et d√©taill√©es¬† de ceux et celles qui l’ont lu d’ailleurs.

Je n’ai plus qu’√† peindre et √† me r√©jouir pour ma ni√®ce qui vient d’avoir son bac avec mention bien et qui va bient√īt int√©grer une tr√®s bonne √©cole d’art publique √† Paris. Encore f√©licitations ma belle.