Souvenirs des ann√©es 70

Mahie √† 11 ans dans sa jupe de cr√©pon cousue main par sa m√®re √† l’ombre du patio de la r√©sidence de peintres de S√©govie, selon un mod√®le de 100 id√©es. Sur mon roc, je n’ai toujours peu de rien.

Ao√Ľt 1976, je d√©couvre la Castille. Ce n’est pas l’Espagne du tourisme de masse. (Je vous ai d√©j√† dit que je n’aime pas les touristes en troupeau?) c’est la Castille d√©serte, d’un beaut√© incomparable… Le silence et les pierres, tout est jaune, brulant.

La premi√®re fois que j’entendais cette chanson c’√©tait √† la R√©sidence de Peintres, la musique s’√©chappait par la fen√™tre de la grande cuisine en sous-sol. Je jouais au peintre avec mon carton √† dessin.

Dans les rues de S√©govie, des promeneurs espagnols, me prenant pour une gitane, me demandaient leur chemin. Je r√©pondais : « No hablo espa√Īol » avec mon accent fran√ßais. Ils √©taient surpris. Je me promenais seule, dans la ville √©trang√®re. Mes parents ne m’attachaient pas a un piquet. Je¬† retrouvais l’un d’eux au d√©tour d’une rue, d’une place. Install√© avec son chevalet en train de peindre. Je ne disais trop rien. Je regardais le badaud qui regardait le peintre, faisait quelques remarques. Et je repartais dans les rues merveilleuses de la ville myst√®re.

Ségovie, la cathédrale.