Le refus de sauter

Le vendredi matin c’est un peu plus la course que les autres matin, car je pars en mĂȘme temps qu’El Marido et El Hijito. El Marido dĂ©pose l’enfantelet Ă  l’Ă©cole et moi je fonce vers Pau dans ma petite JosĂ©phine noire pleine de rayures et avec une batterie neuve depuis 3 semaines…

Ok la vue n’est pas complĂštement dĂ©gueu entre chez moi et la « grande » ville 😉

Le chemin vers Pau dure Ă  peu prĂšs 25 minutes (moins pendant les vacances), vers l’est, le soleil un peu dans les yeux. Si j’arrive Ă  l’heure (9h) les autres sont lĂ  depuis 10 ou 15 minutes. C’est plus sympa d’arriver en avance, le « prof » est toujours lĂ  Ă  8h45 et on dĂ©conne un peu.

 

J’aime mon cours de dessin car les participants sont de vrais passionnĂ©s. On peut parler de peintres, de dessinateurs de BD, de plein de choses sans complexes. Je veux dire par « sans complexes » qu’on sait que les autres savent de quoi ou de qui on parle… Alors que si vous parlez de Bouguereau avec un groupe pas aussi « passionnĂ©s » on peut avoir le complexe de la fille qui veut pas avoir l’air de se la pĂ©ter alors qui prĂ©fĂšre se la fermer… Voyez? Voyez pas? tant pis…

Bon bref : j’aime cette matinĂ©e (9h-midi) parce qu’on dit beaucoup de conneries, on dessine pendant presque 3h (la pause cafĂ© a aussi une importance prĂ©pondĂ©rante dans ce cours), on se cultive parce que le prof nous fait connaĂźtre plein de dessinateurs et de peintres… C’est cool.

Bouguereau. Ce matin le prof disait que c’Ă©tait plus fort que Vinci, ça m’a fait plaisir, mais je crois qu’il exagĂ©rait, peut-ĂȘtre… Ou pas, comme dirait Louise Denisot.

Y’a-t-il un « mais » allez vous le demander (ou pas) : ben oui un peu quand mĂȘme… Quoi? (dĂźtes-vous?) Bah…. En fait… Allez, je me lance : j’aime pas trop dessiner!!! Je veux dire dessiner avec un plume, un crayon ou… un fusain ou… un pinceau fin Ă  l’encre de chine… Ca me saoule, un peu. Oui je sais je me suis mise Ă  ce cours de dessin prĂ©cisĂ©ment pour faire des progrĂšs en dessin (et aussi parce que notre nouvelle prof dans mon bled ne me plaisait pas, du tout), mais voilĂ  le dessin c’est juste pas trop mon truc. D’ailleurs vous avez sĂ»rement (?) constatĂ© que je ne vous ai rien montrĂ© de ce que je fais Ă  ce cours… 😉 HĂ© hĂ©, pas folle la guĂšpe, j’ai pas envie de me dĂ©crĂ©dibiliser! Mais je vais persĂ©vĂ©rer, faut progresser!

La peinture Ă  l’huile me manque! Mes pinceaux bien gras de peinture, schplotch! Le problĂšme c’est que je n’arrive pas Ă  m’y mettre toute seule Ă  mes huiles… Le chevalet est lĂ , derriĂšre moi, avec mes tubes, mes pinceaux… Tous les jours je me dis : Aujourd’hui je m’y mets et tous les jours je trouve un truc infiniment plus passionnant Ă  faire comme passer l’aspiro ou faire les courses. Il faut pourtant bien que je m’y remette!

C’est pas l’angoisse de la page blanche, c’est pire : c’est le refus de sauter!

Sur ce adishatz et portez vous bien qui que vous soyez et sautez, sautez, sautez!