Du coq Ă  l’âne*

rouges

Il y a un truc qui me met en pĂ©tard c’est quand je passe un quart d’heure Ă  choisir un nouveau rouge Ă  lèvres, que je choisis celui qui s’approche le mieux de ma « carnation » (comme disent les experts), un qui ne soit pas trop rose, pas trop orange, pas trop rouge, avec un soupçon de violet dedans pour s’approcher de la couleur naturel de me lèvres… Un qui brille un peu, ne soit pas terne, mais pas Ă  paillettes ou glossy non plus… Bref : Le rouge Ă  lèvres parfait! Ce qui me met en pĂ©tard c’est quand je m’aperçois en rentrant Ă  la maison que c’est justement celui que j’avais dĂ©jĂ  Ă  la maison et qui Ă  la lumière du jour naturel est en effet un peu trop ORANGE! Ça, ça me contrarie un peu quand justement j’Ă©tais tellement contente de mon choix, avisĂ©.

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Aujourd’hui je voulais faire du jardinage : je suis sortie dehors et une mini tornade s’est abattue sur ma tĂŞte faisant dĂ©coller mes cheveux de ma tĂŞte en un tourbillon burlesque faisant penser Ă  une sorcière prise dans un typhon : j’ai renoncĂ© au jardinage, d’autant plus que de grosses gouttes de pluie s’abattaient sur mon visage fantomatique, crayeux, blanc, de la couleur de l’aspirine, crĂ©meux…

Je n’ai plus (très) mal au dos depuis que nous somme revenu de Bordeaux. Entendons nous bien : une personne qui n’a jamais eu mal au dos, penserait probablement qu’elle a mal au dos… Mais en comparaison de ce que mon quotidien est parfois : il y a eu une grosse amĂ©lioration. Ça n’empĂŞche pas que je traine toujours la patte, celle qui est la plus longue je suppose… J’ai jamais rien compris Ă  mes histoires de jambes. Pour avoir un jean qui tombe bien il faut que je fasse l’ourlet  de la jambe droite ou gauche d’un peu plus d’un centimètre plus court ou plus long… Par exemple si j’achète un pantalon qui est Ă  la bonne longueur et bien il n’est pas Ă  la bonne longueur pour une de mes jambes… Et il faut « le reprendre » comme disait ma mère. En parlant de ma mère, c’Ă©tait pratique quand elle Ă©tait lĂ  car elle me faisait monter sur une table ou autre chose (de plus difficile Ă  expliquer qui se trouve ĂŞtre un palier qu’on ne peu imaginer que si on le connaĂ®t dĂ©jĂ ) et donc, ma mère faisait l’ourlet avec des Ă©pingles et je n’avais plus qu’Ă  le coudre… Non je ne le faisais pas faire par ma mère, Ă  qui je dois bien, je dois l’avouer : le fait d’avoir toujours Ă©tĂ© dĂ©brouillarde et de ne pas apprĂ©cier de faire faire par les autres ce que je peux très bien faire moi-mĂŞme…

Las, un jour j’ai quittĂ© (après mon bac) le cocon familial et depuis avec mes pantalons c’est la cata. Je n’ai jamais, mais alors jamais imprimĂ© laquelle des deux jambes de futal doit-ĂŞtre plus longue. Pourtant j’y passe du temps. Mais une fois sur deux je me retrouve Ă  raccourcir la jambe dĂ©jĂ  trop courte ou Ă  rallonger la trop longue… Misère!!!! J’aimerais bien parfois monter sur une table et que des mains rassurantes et aimantes plantent des aiguilles pour prĂ©parer l’ourlet!!! De dieu!

house

Finirai-je avec une cane, comme House?

Je traine la patte disais-je donc, probablement la plus longue. Ça excĂ©dait mon ex, il croyait que je trainais les pieds exprès et ça le faisait râler très pĂ©riodiquement. Ces râleries m’ont exaspĂ©rĂ©es probablement beaucoup plus que mon pied qui traĂ®ne ne l’Ă©nervait lui… C’est comme ça aussi que finissent certaines histoires. Une accumulation de petits riens, d’intolĂ©rances au quotidien… LĂ  je pense Ă  GL)

Le soleil vient de percer  Ă  travers les nuages. Il faut que je me mette Ă  mes aquarelles, il faut que je chasse les toiles d’araignĂ©es. Ou que j’exploite mon fils pour qu’il les chasse Ă  ma place. Quand j’Ă©tais ado ma grand-mère n’Ă©tait pas loin d’ĂŞtre aveugle (elle est morte aveugle), quand j’allais chez elles (très souvent)  je poussais des cris « Mais mĂ©mĂ© y’a des toiles d’araignĂ©es partout!!!! » Elle m’armait alors d’un balais recouvert d’un torchon et « En garde! » je fais la chasse aux toiles d’araignĂ©es! J’aimais ça.

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J’ai eu aussi une pensĂ©e pour ma grand-mère l’autre jour Ă  Bordeaux quand nous Ă©tions cours de l’Intendance.  Je ne peux pas m’en empĂŞcher de penser Ă  elle parfois! Je voyais Bordeaux si belle, si Ă©lĂ©gante et je pensais  « Dis mĂ©mĂ© tu vois ça comme c’est beau!!! » « Tu vois le tram comme il est magnifique! » « Oh regarde cette confiserie comme c’est beau!!!! ». J’aurais voulu ĂŞtre accrochĂ©e Ă  son bras et voir Bordeaux avec elle, comme je ne l’ai jamais vu. Ma grand-mère rĂŞvait de revenir habiter Ă  Bordeaux, je vous l’ai dit? Ils y avaient habitĂ© des annĂ©es 30 aux annĂ©es 50, grosso modo. Et puis ensuite elle y avait travailler, comme « dame de compagnie », dans les annĂ©es 70.  Les annĂ©es passaient et elle voyait bien qu’elle n’y retournerait pas. Son fils ne voulait pas qu’elle vende la maison familiale pour partir. Tout Ă©tait compliquĂ©. C’est toujours compliquĂ©.

*Titre spécialement dédicacé à Jeanne