On a pas l’habitude du nu masculin…

Je me rappelle quand je suis arrivĂ©e Ă  Bordeaux en 84, y’avait un magasin, au dĂ©but de la rue Sainte-Cath, qui vendait des gadgets, des affiches et des cartes postales. Y’avait des chanteuses anglaises Ă  gros seins sur ces cartes, des nanas Ă  poil provocantes pour exciter les mecs et des mecs Ă  poil super sexy, tout huilĂ©s et rasĂ©s… Pour exciter… Les mecs.

Le nu masculin, c’est  pratiquement toujours une histoire de gays, des cartes postales kitchs au magnifiques photos de Mapplethorpe, c’est pas des mecs pour des filles.

Il parait que mĂŞme Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit, en français, Michel-Ange, Ă©tait gay et que c’est pour ça qu’il a fait de si belle sculpture d’hommes nus, comme « le » David.

L’autre jour je suis tombĂ©e sur des dessins de Didier Paquignon (monotypes* Ă  l’encre et au crayon). Ça peut paraĂ®tre anecdotique, mais Paquignon n’est pas gay, ce qui explique peut-ĂŞtre pourquoi il s’intĂ©resse au corps masculin d’une manière diffĂ©rente, d’une manière qu’on a pas l’impression d’avoir vu avant.

Denis Lavant par PaquignonMonotype, 100×80, Denis Lavant par Didier Paquignon

denis1Et c’est pas des photos…

denis3Et c’est sacrĂ©ment chouette…

Ca me laisse pantoise. J’aimerais aller Ă  une de ces expo et rester lĂ  planter Ă  regarder pendant des heures…

marius_colucci_Marius Colucci (qu’on a pu voir dans Les Petits Meurtres… Sur F2, j’adore cet acteur! Ah bon? Son père Ă©tait connu?)

quentin_bertoux_1_b7f8ad2412Quentin Bertoux, photographe.

La sĂ©rie de 100 portraits, s’appelle « Les muses ».

* Le monotype, en gravure, est un procĂ©dĂ© d’impression qui ne permet pas de faire plusieurs Ă©preuves. Il s’agit de peindre Ă  l’encre typographique ou Ă  la peinture Ă  l’huile, ou Ă  la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du mĂ©tal ou du plexiglas.

La peinture est ensuite passĂ©e sous presse avec un papier qui reçoit l’Ă©preuve, on peut Ă©galement enduire la totalitĂ© du support et appliquer la feuille de papier par dessus. En exerçant une pression Ă  certains endroits avec une pointe ou les doigts, on obtient diffĂ©rentes valeurs de noir et on peut ainsi rĂ©aliser un dessin plus prĂ©cis, et donc diffĂ©rent de la mĂ©thode prĂ©cĂ©dente.

Le support n’Ă©tant pas gravĂ©, il peut resservir pour d’autres monotypes après nettoyage. Le monotype n’est pas une gravure au sens strict, mais une estampe (Ĺ“uvre obtenue après un pressage manuel ou mĂ©canique). Le terme gravure est devenu un terme gĂ©nĂ©rique pour ce type d’Ĺ“uvres, quelle que soit la technique utilisĂ©e.

Le monotype ne peut ĂŞtre numĂ©rotĂ©, car, comme son nom l’indique, son tirage est unique. (WikipĂ©dia)