8 mars, journée de la femme…

TintineLes filles comptent pas pour des prunes

J’aurais pu vous raconter des souvenirs madrilènes de préparation de banderoles pendant des jours pour des nanas qui devaient nous payer notre travail mais qui ne nous l’ont jamais payé. Il faisait très beau et nous travaillions là-dessus dans l’atelier de M. Fenêtres grandes ouvertes en écoutant « los 40 principales » sur radio-je ne-sais-plus- quoi… On fumait, on riait.

J’aurais pu vous parler de ce jour du 8 mars ou nous défilions entre la place Jacinto Benavente et le rond-point de Carlos V… Il faisait super beau et nous étions pleines et pleins d’espoir en la société et en le changement. La société ne peut-elle pas toujours, forcément aller de l’avant? Progresser pour le mieux être des hommes ET des femmes? L’avortement était légal depuis seulement 3 ou 4 ans en Espagne. Qui aurait pensé qu’il serait remit en question 30 ans plus tard?

N’oublions pas que certains droits que nous croyions acquis peuvent être très facilement remis en cause par de nouveaux gouvernement… Les droits sociaux qui concernent tout le monde, l’âge de la retraite, les contrats de travail CDI, etc… Ou le droit à l’avortement…

Les droits des femmes en Europe sont très « récents » (dans d’autres pays du monde ils sont encore inexistants), pour beaucoup de jeunes femmes ce ne sont même pas des acquis… Elles pensent que ça a toujours été comme ça… Pourtant mes grand-mères n’ont pas eu le droit de vote à leur majorité… Il a fallu qu’elles attendent un peu plus que ça…

Pour le fun donc quelques petits rappels historiques :

1907 : une loi autorise, enfin, les femmes mariées à disposer librement de leur salaire! Ouf!

1920 : une loi interdit la « propagande » anticonceptionnelle. Ah ben merde.

Le droit de vote est accordé aux femmes en France en 1944. Mes deux grand-mères, donc, qui étaient loin d’être loin d’être des idiotes n’ont pas eu le droit de voter avant d’avoir 40 ans bien sonnés! Avant cette date elles étaient considérées comme incapables de comprendre la politique… Soupir. Comme si les hommes, eux, la comprenaient mieux…

Avant 1965 (ce n’est pas la préhistoire, c’est l’année de ma naissance) les femmes ne pouvaient pas travailler sans l’autorisation de leur mari  ET ne pouvait pas ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari etc.
En gros jusqu’à 1965 en se mariant une femme passait de l’autorité de son papa à celle de son mari et n’avait rien le droit de faire sans son autorisation. Youpi! C’est vraiment con que des femmes se soient battu pour que ça change, non?

En 1967, la Loi Neuwirth vient abroger la loi de 1920, autorisant ainsi la contraception, qui ne sera remboursée qu’en 1974 avec la loi Veil.

La notion de chef de famille est remplacée par l’autorité parentale conjointe en 1970. C’est à dire qu’avant cela, ma mère devait avoir une autorisation de mon père pour passer une frontière avec moi. Le fait d’être ma mère ne suffisait pas pour être « responsable » de moi. Elle ne pouvait prendre aucune décision « importante » pour ses enfants sans la signature de monsieur.

Polytechnique n’a été ouverte aux femmes qu’en 1972.

Catherine Trautmann devient la première femme maire d’une ville de plus de 100 000 habitants en 1989, Strasbourg. Waou! Il était temps!

Je me rappelle comme Yvette Roudy était moquée quand elle était ministre des Droits de la Femme (1981 à 1986), c’était lamentable. Cette femme bossait pour nous, pour l’égalité homme-femme, l’égalité des salaires, l’égalité devant la loi. Pour une société plus juste et il y avait déjà des femmes pour la dénigrer, l’insulter, pour tout mélanger.

Pour ce qui est de l’égalité des salaires il va falloir encore « attendre » ou « agir ». (Pour agir, ne comptez par sur les moules.) L’égalité des salaires homme-femme à diplôme et travail égal : ben dans le privé tu peux te brosser les fesses avec… J’ai bossé dans des boîtes ou à travail égal et diplôme égal ou même supérieur j’étais moins payée que des collègues masculins, je sais ce que c’est, et je ne l’accepte pas.

Mais si ça convient aux jeunes femmes qui prennent les féministes pour des hystériques forcément lesbiennes (que voulez-vous on a vu l’année dernière que ça ne passait pas encore si facilement que ça d’être gay!) alors tout va bien. Y’a plus qu’à se laisser marcher dessus dans la joie et la bonne humeur et à abolir le droit de vote pour les femmes. Ça ne sera qu’un petit retour en arrière de 60 ans. Ce n’est pas si énorme. Un retour en arrière de 30 ans en Espagne est majoritairement accepté!

En politique, en société comme en amour rien n’est jamais acquis et comme disaient les profs à l’école : il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. S’arrêter c’est déjà reculer…

Ah, j’allais oublier : les municipales c’est bientôt : alors n’oublions pas que nous avons le droit de vote, le droit de choisir, le droit de nous exprimer… Juste en souvenir de nos arrière grand-mères ou arrière-arrière qui n’ont jamais eu cette chance : votons!

PS : Je vous laisse faire vos petites recherches sur le féminisme si cela vous intéresse. Pas mal de date ici. Je pourrais mettre plein de liens, mais ça serait gâcher votre plaisir de « documentaliste » compulsive. Et puis Google est votre amie.

Adihatz et poutous les filles et aussi les garçons 😉