Journal d’une chercheuse d’emploi 1

ennui

Et voilĂ , on est 10. Et voilĂ  on est 11…

Paul m’a envoyĂ© suivre un CAP (Cap Projet Professionnel). Enfin lui et moi avons dĂ©cidĂ© que ça serait chouette que je suive un truc comme ça… Pour redĂ©finir mon projet professionnel…  On s’imagine toujours qu’on va ĂȘtre seul avec quelqu’un qui va ĂȘtre Ă  l’Ă©coute ou au moins pas plus de 4 ou 5… Et puis…

Y’en a pour 3 mois. Le formateur n’est pas encore lĂ . Une douziĂšme personne arrive… Chouette! Qu’est ce que ça va ĂȘtre nul! Chouette! Le projet « perso » promet… Et toujours pas de formateur. La secrĂ©taire entre et nous dit qu’il manque encore 5 personnes… 17 personnes dans cette toute petit salle minuscule ça doit pas ĂȘtre trĂšs « conforme »… DĂ©jĂ  Ă  12, depuis que la fille qui a mangĂ© des frittes hier et ne s’est pas lavĂ© en sortant de sa couette moisie ce matin est entrĂ©e, ça sent pas la rose…

Il est 9h35. Dans 2 heures on va Ă©touffer et probablement mourir dans les Ă©manations toxiques de transpirations pas nettes….

Je griffonne Ă  toute vitesse sur mon papier. Certains ziphonent (2), les autres regardent par terre en se rendormissant peu Ă  peu. Sonnette. « Oui  entrez! Entrez! Bonjour!Passez Ă  cĂŽtĂ©! » Une autre victime du tueur en sĂ©rie entre timidement dans notre salle une chemise rouge (comme le sang) Ă  la main. La victime est Ă©tonnĂ©e de nous voir tous. elle s’attendait Ă  ĂȘtre seule, c’est visible. En fait la secrĂ©taire doit ĂȘtre la formatrice : « Bisous » dit-elle Ă  son interlocutrice au tĂ©lĂ©phone, aprĂšs avoir dit « Je fais un CAP ce matin ».

Un autre coup de sonnette. dans l’entrĂ©e : « Je vais vous demander de passer Ă  cĂŽtĂ© et de vous trouver une place. » Dit la maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie/formatrice/secrĂ©taire. Puis elle entre pour nous faire passer une feuille d’Ă©margement… « Vous signerez Ă  cĂŽtĂ© de votre nom et mettrez votre date de naissance s’il vous plait ». 5 femmes et 9 hommes sont prĂ©sents. Je noircie ma feuille. Vous voyez : je sais m’occuper dans les moments de dĂ©tresse. Personne ne se parle. L’atmosphĂšre est lourde. 3 barbus. On s’emmerde dĂ©jĂ  ferme. . Tout le monde se demande probablement ce qu’il fout ici. La « dame » (elle n’a toujours pas pris le temps de se prĂ©senter) n’est pas restĂ©e aprĂšs avoir fait passer la feuille d’Ă©margement. Le silence est pesant. Un « merci » murmurĂ© quand la feuille passe de l’un Ă  l’autre.

« Bon, on va commencer! » La formatrice entre, ferme la porte et se prend un grand panneau qui Ă©tait derriĂšre sur la tĂȘte. La salle reste silencieuse, la jeune fille Ă  cĂŽtĂ© de moi Ă©touffe un « OH! »… La dame est enjouĂ©e.

Ca commence bien… (Ă  suivre)