Argh! Je viens de tomber amoureuse de chaussures!!!

SANDALES DOC MARTENS

Bon Ă©videmment… Ce sont des Docs… J’en suis raide dingue : il me les faut! D’ailleurs elles tiendront des annĂ©es, parce que les docs, c’est comme ça : c’est rentable Ă  la fin parce que ça ne s’use jamais!!! Rho qu’elles sont belles et comme je les imagine bien sur mes petits pieds potelets avec du vernis violet sur les ongles!!!! Rah! Je meure d’extase! Je suis une vraie fĂ©tichiste de la chaussure!!! Je me pĂąme!

Le ministre des finances dit qu’elles sont beaucoup trop chĂšres 😩 Le mois prochain je vais faire un vide grenier et ça va dĂ©gager! C’est moi qui vous le dis!!! 😉

Bisous Ă  tous, adishatz et poutous!

Journal d’une chercheuse d’emploi 4

don't worry be happy hé hé hé

Hier soir j’ai eu comme un doute? Et si en fait la « prestation » devait durer toute la journĂ©e? Je veux dire de 9h15 Ă  17h? J’ai cherchĂ© des infos sur le net, j’ai rien trouvĂ©. Mais soudain le doute s’installait en moi… Rho… Ça serait con parce que de 9h Ă  midi c’Ă©tait cool, El Marido s’occupait del Hijito et de son petit pote Iron, mais aprĂšs je devais prendre le relais vers 13h et puis Ă  15h j’avais une sĂ©ance de « ganchillo »* avec Paloma…

Mais non : si on avait eu Ă  rĂ©server notre journĂ©e entiĂšre, la maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie nous l’aurait dit…Donc pas d’inquiĂ©tude!

Ce matin je suis arrivĂ©e Ă  9h10 en mĂȘme temps que mes nouveaux camarades, laissez-moi vous les prĂ©senter :

Isabo, la camionneuse, grande gueule, presque 50 balais, pas méchante mais relou, sérieuse, bosseuse, garçon manqué, mÚre de famille.

Candido, 35 ans, le gars trĂšs soignĂ© au grands yeux verts et Ă  l’air taciturne, il dit « Je suis trĂšs calme, mais faut pas m’Ă©nerver » (on prend note)

LĂ©oplod, l’avocat quinqua qui a fait un burn-out et ne veut plus entendre parler de son ancien mĂ©tier*. Il a  les rides du sourire autour des yeux.

Esteban, 28 printemps, « le » barbu latin du groupe (dans les annĂ©es 10 il faut avoir son barbu dans un groupe!) qui aime les animaux et la nature et se verrait bien globe trotteur.

Ludine, la timide (moins de 25 ans) qui a fait une formation de coiffeuse mais rĂȘverait  de dessiner le prochain WD.

Prune, la belle gosse blonde en minijupe (pas beaucoup plus de 20 ans) qui a vu la mort de trop prÚs et veut se réorienter complÚtement, mais va bientÎt repartir vers une grande métropole.

Jean, le quadra super sérieux qui rougit tout le temps et se remet complÚtement en question aprÚs quelques années trÚs dures.

Paul, le gars transparent dont je ne peux rien dire. Pourquoi?

LoĂŻc, l’obsĂ©dĂ© du sport, qui n’a pas l’air si sportif que ça mais ne parle que de sport quoi qu’il veuille dire. TrĂšs bavard. Un peu trop bavard…

Et puis il y a moi,  qui n’a pas pu noircir des feuilles sur place pour vous raconter tout ça… Car je suis studieuse et appliquĂ©e et que j’Ă©coute les gens quand ils parlent sans continuer Ă  Ă©crire mon « roman ».

Aujourd’hui plusieurs personnes on dit que j’aimais Ă©crire! HĂ© hĂ© : j’ai Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e!

Bref  au dĂ©but de la matinĂ©e, Isabelle (car figurez vous qu’elle s’appelle vraiment Isabelle!***) nous a expliquĂ© ce que nous allions faire aujourd’hui : ce matin et … cet aprĂšs-midi! Oula!!!! Hum!!! « Excusez-moi, me permettez-vous de sortir un instant passer quelques coups de fil? J’ai soudain un gros problĂšme de logistique car je n’avais pas compris que nous Ă©tions lĂ  jusqu’Ă  17h! »

AprĂšs mes quelques coups de fil et autant de textos la situation n’Ă©tait pas du tout plus facile : du coup la journĂ©e Ă  Ă©tĂ© trĂšs « go go go! » Mais ma foi j’ai survĂ©cu! Je suis rĂ©-arrivĂ©e Ă  14h15 Ă  la « presta », j’ai rĂ©cupĂ©rĂ© les mĂŽmes Ă  17h30 et Titine a roulĂ© plus que de coutume…

Ah?! Je ne vous ai pas dit ce que nous avons fait et ce que j’en ai pensĂ©? Ben : A suivre alors!

* « crochet » en espagnol

* D’ailleurs j’ai changĂ© tous les mĂ©tiers et les prĂ©noms, par respect pour leur vie privĂ©e. Mais mĂȘme si les professions ne sont pas les bonnes on est dans le mĂȘme registre 😉

*** Oui enfin un autre prénom typique des filles nées dans les années 60.

 

Jounal d’une chercheuse d’emploi 3

10860

Sur le tableau (le « paper board ») il y a Ă©crit au marqueur bleu :

  • Qu’est-ce que j’ai appris?
  • Qu’est-ce que je sais faire?

(ici j’ai l’impression d’ĂȘtre une journaliste infiltrĂ©e en train de faire un reportage en lousdĂ©.)

  • Qu’est-ce que je suis capable de faire?
  • Qu’est-ce que je veux faire?

(je veux écrire un livre sur cette expérience de crotte)

Ça sonne Ă  la porte. Dommage que je ne fume plus. J’entends  les fumeurs qui papotent dehors. DĂšs que tout le monde s’est levĂ© tout Ă  l’heure j’ai demandĂ©s aux restantx « Heu excusez moi, ça ne vous dĂ©range pas que j’ouvre la fenĂȘtre? Parce que… Hum… » Ils ont dit « Oui oui il fait trop chaud » et j’ai ajoutĂ© « En plus ça sent pas trop bon » et oui oui c’est vrai. Il fait beau, on est Ă  la limite de la ville, il y a pas mal d’arbres, mais au delĂ  des arbres il y a la rocade, et puis l’autoroute, les bruits de voitures dehors. Le silence total dedans.

  • Quels sont mes atouts?
  • Que rĂ©vĂšlent mes loisirs?
  • Qui suis-je?

les fumeurs sont revenus. Le seul barbu restant me demande : »C’est toujours la mĂȘme personne qui est avec elle? » « Oui » Son visage s’Ă©tonne, se teinte d’ironie.

  • Ou est-ce que je me vois dans 5 ou 10 ans?

Le tĂ©lĂ©phone continue Ă  sonner. Il ne se passera rien ce matin. La premiĂšre personne qui a signĂ© son dossier vient de partir. « HĂ© bien Ă  la semaine prochaine alors! » On entend dans le couloir avant que la porte se referme dans un bruit mou. On va tous disparaitre comme ça ce matin, comme les 10 petits nĂšgres aprĂšs avoir parler avec Isabelle (ou bien serait-ce plutĂŽt Nathalie ou VĂ©ronique? Impossible que ce soit Audrey! Encore moins Claude) Pendant que je m’Ă©vade dans la sphĂšre des prĂ©noms un autre monsieur nous a quittĂ©, il va bien sortir. Je me tiens prĂȘte, autant que je sois la troisiĂšme.

  • Diagnostic
  • connaissances : savoir
  • aptitudes : savoir ĂȘtre
  • compĂ©tences savoir faire

Oh…………..

Outil de TRE (Quésaco?)

CV, lettres, entretiens, prĂ©sentation de soi…

« HĂ© bien Ă  la semaine prochaine! » « Oui, 9h15! »

(……………………………………………………………………)

Je me suis levĂ©e, je suis entrĂ©e dans le bureau et me suis assise face Ă  Isabelle sur une chaise en tissue bleue. Elle a regardĂ© son ordinateur portable dans son bureau ou rien ne laisse imaginer qu’il est le sien plutĂŽt que celui d’un ou d’une autre. J’y suis restĂ© 5 minutes. Elle a vĂ©rifiĂ© mon nom, mon adresse, mon mail et mon tĂ©lĂ©phone. Sa voix et son regard Ă©tait chaleureux. Mais… Ă  10h23 j’Ă©tais sur le parking au milieu des aiguilles de pins et de la poudre de pollen jaune…. Je me suis avancĂ© vers ma voiture en tapotant un message sur mon tĂ©lĂ©phone.

(Ă  suivre)

 

 

Journal d’un chercheuse d’emploi 2

grr

« Bon alors est -ce que tout le monde sait pourquoi il est lĂ ? »

Tout le monde prend la tĂȘte de « J’en ai aucune idĂ©e ». Ça m’Ă©nerve. « Bon, vos conseillers vous ont expliquĂ© en quoi consistait cette prestation? » Encore la tĂȘte  » Non non non » sur mes coĂ©quipiers. Ça m’Ă©nerve, je prends la parole. J’explique en quoi consiste la prestation en quelques mots et l’assure que je sais parfaitement pourquoi je suis lĂ  et que mon conseiller Ă  parfaitement fait son travail et m’a Ă©galement orientĂ© vers la page perso de Paul pour lire le contenu de la prestation. Pff. Soupir(dans ma tĂȘte). J’ai l’impression d’ĂȘtre encore sur un bateau fantĂŽme.  Ça va durer 3 mois, explique-t-elle, 1 matinĂ©e par semaine, en groupe une semaine, la suivante en entretien perso.

Le problĂšme c’est qu’on est 17 inscrits. « Et que je ne peux en garder que 12 » continue-t-elle. Paul est au courant… Il connait trĂšs bien la situation et c’est parce qu »il y a toujours plusieurs dĂ©sistements au cours de la prestation qu’il nous en envoie un peu trop… Je me retiens encore de rouler les yeux vers le ciel ou de soupirer bruyamment. « Comprenez-moi bien je ne veux chasser personne. Je sais comme il est dur d’ĂȘtre en recherche d’emploi depuis quelques annĂ©es… Mais vous ĂȘtes 17 et j’ai besoin que 5 personnes se dĂ©sistent ». Les culs s’agitent sur les chaises de bureau couvertes toujours du mĂȘme tissus bleu roi. « Cette prestation consiste Ă  rĂ©pondre Ă  un besoin de rĂ©orientation professionnel, Ă  dĂ©finir un projet clair. » « Si vous avez dĂ©jĂ  un projet dĂ©fini, cette prestation ne vous sera d’aucune aide »… 1 fille, puis un garçon se dĂ©noncent : ils ont dĂ©jĂ  un projet. On se croirait dans un jeu jeu tĂ©lĂ©visĂ© pas trĂšs drĂŽle. 1 troisiĂšme prend la parole : il a dĂ©jĂ  un projet, une formation « Afepa » pour septembre.

Il faut encore que 2 personnes partent de leur plein grĂ©. « Je ne veux forcer personne!  Bon but c’est de vous aider… Mais les textes prĂ©voient 12 participants. Je ne ne peux pas excĂ©der ce nombre. D’ailleurs ça ne serait pas intĂ©ressant, on serait trop. Paul le sait. » Isabelle (je lui donne un nom puisqu’elle ne nous en a pas donnĂ©) a la cinquantaine dynamique, le regard clair, les dents bien blanches, elle est mince, blonde, j’imagine qu’elle fait de l’Ă©quitation… Pourquoi pas de l’Ă©quitation…

Le tĂ©lĂ©phone sonne, elle repart dans le bureau Ă  cĂŽtĂ© oĂč elle a accueilli tout le monde. Au tĂ©lĂ©phone c’est une retardataire. La fille est perdue quelque part. « A la mĂ©diathĂšque? Mais non monsieur nous ne sommes pas Ă  la mĂ©diathĂšque! » (Ah en fait c’est un monsieur) « Mais monsieur il fallait partir plus tĂŽt! Mais enfin vous n’avez pas regarder votre convocation avant de partir? »… »Mais enfin monsieur nous ne pouvons pas vous attendre, vous avez 30 minutes de retard… Mais non je ne peux pas vous dire comment arriver ici! Vous vous rendez compte? HĂ© bien arrivez quand vous pouvez! »

La revoilĂ .

Un autre type a eu le temps de rĂ©flĂ©chir et se dĂ©nonce : il n’a rien Ă  faire ici. Il fait de longues missions d’intĂ©rim, ça ne lui plait pas, mais il ne peut pas « signer » pour 3 mois avec « la prestation ». « Mais alors pourquoi on vous a envoyĂ©? » « J’aimerais me rĂ©orienter…  »

Isabelle refait le point sur le contenu du truc. Ca me convient Ă  100%.

Il est 10h05, « Le club de cinq » part. Ils n’auront aucun soucis avec Paul, c’Ă©tait prĂ©vu de toutes façons. On est plus que 10, il y en a deux perdus dans la nature. Isabelle va faire les « contrats » individuellement dans son bureau. 5 partent fumer une clope. On reste 4 dans la salle. Heureusement que je gratte mon papier Ă  toute vitesse.

Sur le tableau il y a Ă©crit… (Ă  suivre)

 

Journal d’une chercheuse d’emploi 1

ennui

Et voilĂ , on est 10. Et voilĂ  on est 11…

Paul m’a envoyĂ© suivre un CAP (Cap Projet Professionnel). Enfin lui et moi avons dĂ©cidĂ© que ça serait chouette que je suive un truc comme ça… Pour redĂ©finir mon projet professionnel…  On s’imagine toujours qu’on va ĂȘtre seul avec quelqu’un qui va ĂȘtre Ă  l’Ă©coute ou au moins pas plus de 4 ou 5… Et puis…

Y’en a pour 3 mois. Le formateur n’est pas encore lĂ . Une douziĂšme personne arrive… Chouette! Qu’est ce que ça va ĂȘtre nul! Chouette! Le projet « perso » promet… Et toujours pas de formateur. La secrĂ©taire entre et nous dit qu’il manque encore 5 personnes… 17 personnes dans cette toute petit salle minuscule ça doit pas ĂȘtre trĂšs « conforme »… DĂ©jĂ  Ă  12, depuis que la fille qui a mangĂ© des frittes hier et ne s’est pas lavĂ© en sortant de sa couette moisie ce matin est entrĂ©e, ça sent pas la rose…

Il est 9h35. Dans 2 heures on va Ă©touffer et probablement mourir dans les Ă©manations toxiques de transpirations pas nettes….

Je griffonne Ă  toute vitesse sur mon papier. Certains ziphonent (2), les autres regardent par terre en se rendormissant peu Ă  peu. Sonnette. « Oui  entrez! Entrez! Bonjour!Passez Ă  cĂŽtĂ©! » Une autre victime du tueur en sĂ©rie entre timidement dans notre salle une chemise rouge (comme le sang) Ă  la main. La victime est Ă©tonnĂ©e de nous voir tous. elle s’attendait Ă  ĂȘtre seule, c’est visible. En fait la secrĂ©taire doit ĂȘtre la formatrice : « Bisous » dit-elle Ă  son interlocutrice au tĂ©lĂ©phone, aprĂšs avoir dit « Je fais un CAP ce matin ».

Un autre coup de sonnette. dans l’entrĂ©e : « Je vais vous demander de passer Ă  cĂŽtĂ© et de vous trouver une place. » Dit la maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie/formatrice/secrĂ©taire. Puis elle entre pour nous faire passer une feuille d’Ă©margement… « Vous signerez Ă  cĂŽtĂ© de votre nom et mettrez votre date de naissance s’il vous plait ». 5 femmes et 9 hommes sont prĂ©sents. Je noircie ma feuille. Vous voyez : je sais m’occuper dans les moments de dĂ©tresse. Personne ne se parle. L’atmosphĂšre est lourde. 3 barbus. On s’emmerde dĂ©jĂ  ferme. . Tout le monde se demande probablement ce qu’il fout ici. La « dame » (elle n’a toujours pas pris le temps de se prĂ©senter) n’est pas restĂ©e aprĂšs avoir fait passer la feuille d’Ă©margement. Le silence est pesant. Un « merci » murmurĂ© quand la feuille passe de l’un Ă  l’autre.

« Bon, on va commencer! » La formatrice entre, ferme la porte et se prend un grand panneau qui Ă©tait derriĂšre sur la tĂȘte. La salle reste silencieuse, la jeune fille Ă  cĂŽtĂ© de moi Ă©touffe un « OH! »… La dame est enjouĂ©e.

Ca commence bien… (Ă  suivre)