Journal d’une chercheuse d’emploi 7

Photo1710Portrait d’une copine dessinatrice croquĂ©e Ă  son insu pendant notre dernier cours.

J’avoue j’en ai bavĂ©, pas vous…? Mon amour… Ah Paul!!! Paul, Paul, Paul… Paul je crois que tu as fini par atteindre mes limites, mon point de non retour, de ras la casquette, de « j’en peux plus », de « non lĂ  faut pas pousser »…

Il y a quinze jours notre petite sauterie de groupe de 9h Ă  17h m’a bien pris la tĂȘte… Il s’agissait d’une fois encore (sur le mĂ©tier 1000 fois remet ton ouvrage!) de refaire notre fameuse « lettre de motiv' »…

Nous Ă©tions 10 petits « nĂšgres » au dĂ©but de « l’aventure » comme ils disent dans l’poste… Il  y a 15 jours nous n’Ă©tions plus que 5 Ăąmes de bonne volontĂ©… Les 5 qui n’avaient pas encore compris que ça servait Ă  rien. Les 5 qui voulaient encore croire que ça servirait Ă  quelque chose. Les 5 tĂȘtus, les 5 volontaires qui se sentirent ce jour lĂ  je crois, de concert, les 5 dindons de la farce.

Je n’en puis plus Paul! AchĂšve-moi!

La semaine derniĂšre je fut reçu en rdv perso (comme tous les 15 jours) par la blonde Isabelle aux yeux bleus et dents du bonheur… Elle m’expliqua comment elle s’Ă©tait senti humiliĂ©e et rabaissĂ©e la seule et unique fois oĂč elle avait Ă©tĂ© te voir, toi, le beau Paul. Elle croyait peut-ĂȘtre que de me raconter qu’elle « savait » ce que je vivais allez nous rendre plus « copines » cela ne fut que, je crois, la goutte d’eau qui fit dĂ©border le vase de ma patience dĂ©jĂ  bien rempli au bout d’une heure d’entretien ou le bavardage « amical » avait 10 fois plus de place que le coaching pro que j’aurais Ă©tĂ© en droit d’attendre… le coaching en question Ă©tant… Inexistant. Une heure « Ha ma brave dame! C’est la crise… » Ça va bien chez la boulangĂšre mais pas lĂ .

Puis elle m’encouragea Ă  quelques dĂ©marches que je n’avais et n’ai toujours pas envie de faire. En la regardant babiller je me disais qu’elle avait un job et que je n’en avais pas. Qu’elle avait dĂ©pensĂ© pas mal de soussous pour sa jolie garde robe d’Ă©tĂ© et que je ne pouvais mĂȘme pas aller m’acheter 3 t-shirt chez H&M avant  3 semaines…. Je me disais, je me disais que tout cela Ă©tait grotesque, Ă©nervant, une perte de temps…

Tous les espoirs que j’avais voulu croire pouvoir fondĂ© en cette expĂ©rience glissaient comme du sable entre mes doigts Ă  ses pieds… Tandis qu’Isabelle, joyeuse, optimiste, fonceuse, me conseillait d’y aller Ă  fond pour postuler Ă  un job que je ne voulais pour rien au monde. Elle avait confiance en moi, parce que je « prĂ©sente bien » a-t-elle rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois… Sans se rendre compte Ă  quelle point  son prĂ©rorage me devenait de plus en plus… PĂ©nible.

Nous Ă©tions donc 5… A notre derniĂšre petite sauterie de groupe. La nouvelle date  a Ă©tĂ© fixĂ© pour demain. Isabo n’y a pas Ă©tĂ© par 4 chemin et a annoncĂ© la couleur : le vendredi elle est  trĂšs occupĂ©e, a d’autres chats Ă  cravacher, elle ne sera pas lĂ ! J’ai longtemps hĂ©sitĂ© Ă  abattre mon jeu et Ă  dire moi aussi : le vendredi c’est ravioli… Je ne viendrai pas! La coupe est pleine, arrĂȘtons ce jeu d’andouilles!!

Mais je n’ai rien dit. Demain je me ferai porter pĂąle, parce que je n’ai pas, vraiment pas le courage de faire l’ultime atelier Ă  la con qui ne nous apporte rien… Non Paul, vois-tu lĂ , j’ai Ă©tĂ© vraiment une bonne petite ces derniĂšres semaines, mais lĂ  non je dis stop, merde, pute, crotte putain de bordel de merde de dieu : je dis non! Ça suffit!!

Je me débrouillerai sans Isabelle.

Il y aura la semaine prochaine un ultime rdv perso, je suppose que j’irai Ă  celui-ci. Paul tu ne voudrais pas me rĂ©pudier parce que je ne suis pas gentille avec ton Isabelle, hein?

Demain j’irai au dessin. LĂ  oĂč j’oublie tout le reste en dessinant, lĂ  ou le trait devient zen, lĂ  ou l’encre efface les frustrations oĂč le temps suspend son vol et vous heures propices … (…)

Photo1709Comme elle m’a demandĂ© si elle pouvait le gardĂ©, une fois n’est pas coutume je me suis copiĂ© moi mĂȘme en utilisant un peu de papier calque 😉 Celui-ci est en fait l’original.

Bisous Ă  tous. Bon vendredi.

PS: la semaine j’ai postulĂ© pour un job qui correspondait pil poil Ă  ce que je sais faire (mes diplĂŽmes et mon expĂ©rience pro) Paul a fait suivre ma candidature et m’a invitĂ© Ă  envoyer une belle lettre bien chiadĂ©e avec mon beau CV tout relookĂ© Ă  une Ă©norme entreprise internationale basĂ©e dans ma ville. 8 jours ont passĂ©s… Pas de nouvelles… Adieu veaux, vaches, cochons…