« Petites mains d’argent » ha muerto

petites mains d'argent

Manitas de Plata est mort.

Passez directement Ă  60 secondes car l’intro dure une minute et n’apporte rien…

J’en ai parlĂ© plusieurs fois ici. Mon père bien que corrĂ©zio-charento-vendĂ©en Ă©tait, disait-il, espagnol de cĹ“ur. Il avait eu le coup de foudre pour l’Espagne  Ă  la fin des annĂ©es 40 quand boursier des bozars il Ă©tait parti y passĂ© une annĂ©e, je crois. Quand il Ă©tait encore vivant j’Ă©tais jeune et sa vie ne m’intĂ©ressait pas beaucoup, je ne saurais pas racontĂ©. Je sais qu’il avait sĂ©journĂ© Ă  la Casa VĂ©lasquez(1) Ă  Madrid en 1948 probablement. Il racontait souvent qu’il avait Ă©tĂ© un des premiers Ă  passer la frontière après sa rĂ©ouverture. Or la frontière espagnole avait Ă©tĂ© fermĂ©e entre 1946 et 1948. Il a beaucoup sĂ©journĂ© Ă  SĂ©govie (Castille) toujours avec les bozars, avait longĂ© la cĂ´tĂ© mĂ©diterranĂ©enne quand elle Ă©tait encore intacte (je veux dire sans les falaises d’appartements construits sur la cĂ´te dans les annĂ©es 60/70/80). Il racontait une Espagne qui l’avait enchantĂ©e. Une Espagne très pauvre, oĂą avec sa très maigre bourse de l’Ă©tat français il Ă©tait un prince.

Son amour de l’Espagne n’avait pas grand chose Ă  voir avec le mien. Son Espagne Ă©tait celle extrĂŞmement traditionnelle et catholique, conventionnelle, des annĂ©es 40 et 50. Mon Espagne Ă©tait celle de la « dolce vita » (oui je sais que c’est de l’italien) de l’après franquisme, de la Movida, de la libĂ©ration des mĹ“urs, des nuits folles Ă  la Almodovar. Mon Espagne Ă©tait socialiste, fumeuse de haschich, et anti-franquiste. Il l’aurait trouvĂ© « dĂ©cadente », il n’a pas voulu venir Ă  Madrid quand j’y habitait. Il m’a dit que son Espagne n’existait plus. Ce n’Ă©tait pas entièrement faux, pas complètement vrai non plus.

Bref. Il avait une impressionnante collection de disque antĂ©rieur aux annĂ©es 70. Je connais bien le visage de Manitas de Plata, il Ă©tait sur plusieurs 33 tours pas encore vintage.  Pour dire la vĂ©ritĂ© je pensais qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  mort. Cela eut Ă©tĂ© logique, il Ă©tait nĂ© avant mon père. Bref. Son dĂ©cès me rappelle les vieux disques que nous Ă©coutions si souvent. Pas forcĂ©ment de lui d’ailleurs, ce n’Ă©tait pas son guitariste prĂ©fĂ©rĂ©. Il prĂ©fĂ©rait je crois les guitariste classique comme Narciso Yepes ou Andres Segovia. Enfin je crois. C’est en tous cas mon cas Ă  moi. Je ne suis pas fan du flamenco mais j’adore la guitare « classique ». En voilĂ  un exemple avec Paco de LucĂ­a qui interprète le Concierto de Aranjuez de Rodrigo. Dans votre tĂŞte prononcez-le Ă  l’espagnol, pas Ă  l’italienne. C’est pas Paco dĂ© « loutchia » c’est Paco dĂ© « Louciiia » avec la langue entre les dents presque fermĂ©es pour le « C ».

Concierto de Aranjuez – Adagio. JoaquĂ­n Rodrigo.

« JoaquĂ­n Rodrigo, 1er marquis de los Jardines de Aranjuez, nĂ© le 22 novembre 1901 Ă  Sagonte (province de Valence) et mort le 6 juillet 1999 Ă  Madrid, est un compositeur espagnol. Il est l’auteur de plusieurs concertos pour guitare, dont le cĂ©lèbre Concerto d’Aranjuez (1939). »(Wiki)

(1)La Casa de Velázquez est une Ă©cole française, qui dĂ©pend du ministère de l’Enseignement supĂ©rieur et de la recherche, Ă  Madrid (comme la Villa MĂ©dicis Ă  Rome). Un centre de crĂ©ation artistique et un centre de recherche. Elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 1928 et accueille des artistes (peintres, sculpteurs …) et des chercheurs dans le cadre de l’École des hautes Ă©tudes hispaniques et ibĂ©riques (EHEHI).