Gourrrou!

Pour faire suite Ă  l’article de Cristophe :

Il y a une vingtaine d’annĂ©es, mon ex Ă©tait prof d’anglais dans une boite que je n’aimais pas Ă  Bx. Le directeur Ă©tait selon moi des plus bizarre. Un grand type austère, habillĂ© en gris et beige avec des vĂŞtements qui semblait ĂŞtre aussi vieux que lui, « vieille France » peut-on dire, l’air de vivre avec rien mais en empochant gros de ses clients… Une barbe courte poivre et sel, comme un vieux prof, des lunettes dĂ©modĂ©es, le visage  maigre et pâle… Jamais souriant, toujours sĂ©rieux. Il Ă©tait obsĂ©dĂ© par « l’oreille » et disait qu’on apprenait les langues uniquement par l’oreille. J’ai Ă©tĂ© prof de français et sa thĂ©orie me paraissait idiote et trompeuse… Les Ă©lèves payaient pour Ă©couter des cassettes pendant des heures, sans prof. Il y avait aussi les heures avec le prof… Dans toute l’Ă©cole on entendait que du Mozart et uniquement du Mozart. C’Ă©tait selon le boss la seule musique qui pouvait et devait  « ouvrir » l’oreille pour bien apprendre. J’adore Mozart, mais Mozart-obligĂ©, Mozart-en-prescription ça me semblait aussi affreux que de boire une coupe de champagne tous les matins au rĂ©veil pour ĂŞtre en bonne santĂ©… Bref : Il faisait des rĂ©unions certains soirs oĂą il invitait ses profs, ses Ă©lèves… Mon ex le trouvait formidable, « comme un père »…. Après cette première rĂ©union j’ai dĂ©testĂ© ce type qui m’Ă©tait dĂ©jĂ  pas mal antipathique et demandĂ© Ă  mon ex de ne plus aller Ă  ces rĂ©unions. Je trouvais le type ridicule mais je m’inquiĂ©tais un peu de la façon dont G. et certaines autres personnes paraissaient boire ses paroles (je n’ai plus aucune idĂ©e de ce qu’il racontait,je me rappelle seulement que ça me hĂ©rissait, parce qu’il Ă©nonçait des trucs complètement discutables comme des vĂ©ritĂ©s qui Ă©chappaient Ă  la plus part des gens. G. a Ă©tĂ© d’accord avec moi que le type Ă©tait finalement un peu Ă©trange et je crois, sans en ĂŞtre sĂ»re, qu’il n’a plus assistĂ© Ă  ces rĂ©unions  …

guruKali, déesse de la destruction.

G. a continuĂ© a enseigner dans cette Ă©cole, avant de trouver un job plus stable et mieux rĂ©munĂ©rĂ©. Je crois qu’il a toujours continuĂ© Ă  penser que ce type Ă©tait formidable et moi j’ai toujours continuer Ă  penser que c’Ă©tait un type tordu et malsain. Il l’a dĂ©pannĂ© parfois quand un prof lui faisait faux-bond.  Je ne connaissais pas le mot Ă  l’Ă©poque mais maintenant qu’on l’utilise, je dirais qu’il avait tout du « pervers narcissique ». Tout puissant dans son Ă©cole, adorant ĂŞtre admirĂ©, avec une femme complètement effacĂ©e et vieillotte qui semblait le servir comme on sert un ĂŞtre supĂ©rieur. Et puis un jour j’ai fait le lien entre les livres qui Ă©taient exposĂ© dans la salle d’attente de « l’Ă©cole », ces livres dont les couvertures me paraissaient  dĂ©sagrĂ©ables : clairement des bouquins Ă  la con de gourou mystique. L’auteur de ses livres dont le directeur parlait avec respect n’Ă©tait autre que R.H* le fondateur de la plus cĂ©lèbre secte qui recrute chez les acteurs cĂ©lèbres…

VoilĂ  ma petite anecdote Ă  ce sujet…

Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche! Bisous et galette aux prunes!

* Bon en fait je n’en suis pas sĂ»re… Mais c’Ă©tait de toutes façons un type qui se prenait pour une lumière…