Y’a pas de quoi pavoiser…

Je pavoise pas moi. Le drapeau a Ă©tĂ© capturĂ© par un mouvement nationaliste que je ne citerai pas. Je n’ai pas trop l’impression du coup qu’il me reprĂ©sente. Et puis depuis l’adolescence on me bassine que je dois arrĂȘter d’ĂȘtre française pour ĂȘtre europĂ©enne. J’ai eu du mal Ă  devenir europĂ©enne. J’aimais bien quand on avait tous des monnaies diffĂ©rentes et quand les madrilĂšnes ne s’habillaient pas comme les parisiennes. Quand il n’y avait pas de Mi-Caline Ă  Madrid et qu’on ne mangeait pas de tapas Ă  Bordeaux. Bref : on s’est tous rapprochĂ© et on est devenu europĂ©en par la volontĂ© politico-Ă©conomique de nos dirigeants.

LA-ROCHELLE-Tour-Saint-Nicolas

Alors bon tout le monde se met Ă  chanter la marseillaise. J’aime pas ce chant.  J’ai commencĂ© Ă  ne pas l’aimer dans les annĂ©es 90 quand j’enseignais le français et que mes Ă©lĂšves me demandaient de le traduire en cours. Ils Ă©taient choquĂ©s par les paroles, je l’ai entendu comme ils l’entendaient… Et j’ai commencĂ© Ă  penser qu’il serait bon de changer les paroles. Enfin bref.

Le drapeau de la rĂ©publique française me parait ĂȘtre maintenant un drapeau de repli sur soi. De fin de l’ouverture europĂ©enne. Alors quoi on m’a tannĂ© toute ma vie pour que je devienne europĂ©enne et maintenant que je le suis on me dit « Sois fiĂšre d’ĂȘtre française! ». Je sais pas. Ça me met mal Ă  l’aise. J’ai l’impression de retourner Ă  la premiĂšre et 2iĂšme guerre mondiale. « Travail Famille Patrie »… Ou alors c’est parce que je refuse que nous soyons rĂ©ellement « en guerre »? Et mĂȘme, si nous le sommes, je veux ĂȘtre europĂ©enne : ĂȘtre la main dans la main avec les autres pays de l’union.

fg86

Je ne me vois pas non plus mettre un drapeau europĂ©en Ă  ma fenĂȘtre. Je n’ai pas l’impression que tout cette histoire de drapeau fasse partie de ma gĂ©nĂ©ration. Pour moi les drapeaux c’est pour les fans de foot ou pour les vieux films ou pour les gens avec un oeil en verre.

J’ai fait la minute de silence il y a 15 jours, toute seule dans ma cuisine, pĂ©trifiĂ©e… HorrifiĂ©e. ApeurĂ©e.

Le titre de ce post n’est pas une provocation : il illustre juste le fait qu’avant cette semaine j’ignorais le sens propre de ce verbe. Je pensais que cela voulait juste dire « faire le beau ».

Aujourd’hui je n’ai pas encore commencĂ© Ă  10h51 mon travail de secrĂ©taire de direction de ma vie… J’avais besoin de faire un peu « relĂąche ».

Je vous fais des bisous et vous souhaite une bonne journée.