Clap de fin

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Bah. J’ai été voir ma formatrice le matin suivant car je sais qu’elle arrive toujours tôt, je suis arrivée tôt, pour lui parler,en privé, de mon ressenti. De là ça ne s’est pas exactement passé comme je l’envisageais. Je n’envisageais rien de spécial. De là elle m’a dit avec un air grave : « Viens on va en parler en privé dans le bureau de La Boss. » Dans le bureau de La Boss tout est allez étrangement… J’ai expliqué comment je me sentais. La Boss, 35 ans, les yeux turquoise, entourés de 3 couches de khôl noirs, le sourire toujours souple, la voix douce, le teint bronzé, la boucle blonde, m’a dit qu’elle avait prévu de me parler aujourd’hui. Ah?  Elle m’a expliqué qu’elle était désolée, qu’elle ne voulait pas que ça en arrive là mais que ma tutrice avait reçu d’elle même La Boss l’instruction de me mettre sous pression pour voir comment je m’en sortais sous la pression… Je lui ai dit que c’était « cruel », elle s’est senti pas trop bien parce que j’avais du mal à parler, les larmes aux bords des yeux. Ma formatrice, cernes sous les yeux, boucles brunes, s’est mise à pleurer. On est resté une heure à clarifier la situation. Pendant ce temps mes 4 collègues dans la salle de formation imaginaient qu’un drame familiale m’avait touché (ce qui n’est pas le cas, il ne manquerait plus ça!). La Boss m’a fait énormément de compliments et répété qu’elle était désolée que j’étais un « très bon élément », une fille épatante, attachante, compétente, qui avait réussi avec succès un entretien d’embauche difficile, très difficile, etc etc… et qu’elle serait heureuse de me faire une très bonne lettre de recommandation. Patati patata, une très belle personne, un fille courageuse, très jeune et dynamique pour mes 50 balais. Que j’assimilais très bien tout… Qu’il ne fallait pas que je prenne cette expérience comme un échec, bien au contraire (je l’écris ici pour vous pour m’en convaincre moi-même… Parce que c’est bien beau de l’entendre, quand on met fin à votre  période d’essai on a quand même du mal à ne pas le prendre comme un échec…

IMG_20160501_163624Blablabla… Pas de regrets, à part le salaire, qui était modeste et très inférieur à mon dernier salaire il y a 10 ans. Ensuite vers 10h30, la tutrice, Philippine, en charge de me pousser à bout est venu prendre un café avec moi pour que je ne garde pas une mauvais souvenir d’elle lol (encore une fois diligentée par La Boss!) Fais moi rire! devine quoi? Elle est très antipathique au naturel, elle n’avait donc pas besoin de se forcer pour me faire chier… Donc notre petit café sympathique n’a rien changé. De ses grands yeux claire et de sa mâchoire carnassière de belle fille très froide elle m’a dit plein de gentilles choses. Je retiens aussi le « Je ne suis pas méchante » qui m’a fait sourire. Quelqu’un à utilisé ce mot à son égard?  Nan, juste « épouvantable »! Lol.
La Formatrice, Florence (on l’appellera Florence pour lui mettre quelques tâches de rousseur sur le nez et la rendre plus humaine, avec sa jupette virevoltante et ses docs noirs vernis. Florence m’a avoué après un 4ième café et son retour avec moi en salle de repos, qu’elle trouvait Philippine affreusement cassante et désagréable depuis des années et qu’il fallait bien souvent qu’elle ronge son frein pour ne pas lui hurler dessus. Après elle m’a parlé de ses difficultés personnels suite à une « situation familiale difficile » et comment le jogging lui faisait du bien, et qu’elle avait envisagé de faire des ménages avant de rentrer dans la boite…. Ah… Ah… Ah… A midi et demi j’ai en fin pu me barrer. L’œil finalement sec, j’ai fait un petit discours à mes collègues (4) et tuteurs (4) qui commençait par « Mes biens chers sœurs, mes biens chers frères… » qui les a fait sourires, puis rire. Ils étaient un peu secoués aussi! Ah quel psychodrame!  J’ai rendu mon bagde et Florence a de nouveau versé une larme et moi aussi, non moi pas.

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Au cas où je ne me serai pas exprimé clairement : je ne pensais pas que ça allait être mon dernier jours chez eux, mais mais mais… En fait si, La Boss a mis fin à ma période d’essai comme si c’était moi qui le faisais, c’était un peu… Troublant!

Allez les enfants : la bonne nouvelle c’est que ce n’est pas un échec, bien au contraire!

Pis heureusement y’à Bordeaux La Belle et les beaux dimanches!

Bisous, gaufres et poiret! Adiou !

20 commentaires sur « Clap de fin »

    1. Lol les tuteurs sont des « télégestionnaires » avec de l’ancienneté enlevés de leur poste certains jours pour la formation des nouveaux, donc j’aurais fini par l’être au bout de quelques années si j’avais survécu!

  1. écoute tu as bien fait d’arrêter ce job, d’après ce que tu en racontes ça fait assez conditionnement, lavage de cerveau, un coup gentil un coup méchant, on t’en fout plein la tronche et même on te fait peur pour que tu oublies qui tu es et devienne toute entière soumise a la cause.
    ou bien en dépression, c’est selon.
    « mettre fin à ta période d’essai comme si c’était toi » ça s’appelle de la manipulation.

    1. Je trouve ton analyse très juste, j’avais pas pensé à tout ça, mais c’est très juste.
      Cela dit j’en ai parlé depuis avec la nana qui était partie dès la première semaine avec qui je suis restée en contact, elle m’a dit que dès le premier jour elle avait eu l’impression de se faire manipuler avec des beaux sourires, des croissants pour un boulot de merde…

  2. Pffff! Le monde du travail… à pleurer parfois! Surtout dans ce style de boîte! Je regrette que tu n’aies pas montré les dents: virée pour virée, autant vider ton sac et leur faire comprendre que tu as bien compris leur manège, mais que ça ne t’intéresse pas.

    En Belgique, depuis quelques semaines, les maladies longue durée (incluant of course burn-outs et dépressions) coûtent plus cher à la société que le chômage…

    J’ai retrouvé un boulot à 55 ans, j’y suis toujours 3 ans plus tard. Je suis mal payée, mais je suis respectée, autonome et on me fait confiance. Dommage pour les quelques centaines d’euros que je pourrais avoir en plus, mais franchement pouvoir travailler en étant appréciée, ça fait du bien ,et de toute façon, je m’octroie de longues pauses en allant sur des blogs, personne ne le remarque, et je me dis que je travaille (pas trop) pour mon (petit) salaire.

    Courage, et bonne chance!
    lulu

    1. C’est vrai que j’ai eu avec eux des mots assez clairs, mais qu’en même temps ils ont tout fait pour me calmer et que je parte avec le sourire (un sourire très jaune quand même!)
      C’est encourageant que tu aies trouvé un boulot à 55 ans! C’est quoi? (Tu peux me le dire en MP si tu veux ;-))
      Moi j’ai 51 ans et j’étais bien contente d’avoir trouvé quelque chose… Enfin, je vais trouver autre chose! J’y crois!
      merci pour ton com’ et tes encouragements!

      1. Pas de souci, je n’ai rien à cacher! Je fais du recrouvrement de créances, j’ai commencé en intérim pour remplacer une personne malade depuis un mois. C’était le bordel, j’ai mis de l’ordre, j’ai réussi, à force d’harcèlement, à obtenir le paiement de factures de 2008 et 2009 (on était en 2013!) pour une valeur de +/- 60 000 €. J’ai surtout réussi à mettre dans ma poche les gens qui devaient me donner les infos. Finalement ils ont licencié la personne que je remplaçais (qui à mon avis ne demandait pas mieux) et m’ont gardée, moi.

        Je te conseille, si ce n’est déjà fait, de t’inscrire dans les boîtes d’intérim, ils regardent moins l’âge des gens, et si vraiment tu arrives à faire tes preuves, pourquoi ne t’engageraient-ils pas? Argument que j’ai souvent donné lors d’entretiens: plutôt que de regarder mon âge, dites-vous que je vais encore travailler x ans (moi, c’était dix ans en 2013 – je suis Belge), et vous pouvez presque être sûrs que je ne partirai pas.

        Le plus important, c’est d’avoir ta chance, donc, comme je l’ai lu ou entendu une fois (excusez l’expression, je ne suis pas belge pour rien… 🙂 ) : « ne jamais baisser les bras, pcq c’est peut-être juste à la seconde où on a les bras baissés qu’un cadeau tombe du ciel ».

        Biz,
        lulu

  3. En Suisse le budget « burn out » coûte à 5 milliards au pays, c’est dire si il y a de l’absentéisme au travail ! Quant aux raisons tout le monde les connait ! Des boîtes avec des cheffaillons comme ces filles, il y en a pléthore ici. Le travail, si tu n’es pas cadre SUPERIEURE, devient une plaie. Voyant la tournure que prennent les choses, moi qui étais contre, je suis devenue une syndicaliste féroce envers le management que l’on veut nous imposer.

  4. Je suis à la fois triste et soulagée pour toi. Les « chefs » ne veulent plus garder des gens qui ont vraiment de la valeur parce que ces gens posent trop de questions et sont trop intelligents. Tu étais sur-qualifiée pour ce job et ça ne leur a pas plu et c’est aussi pour ça que tu étais si misérable, tu réfléchissais beaucoup trop. Je ne sais pas s’il y a de l’espoir de trouver un environement plus sain et des gens qui sauront vraiment t’apprécier à ta juste valeur et utiliser tous tes talents, mais je te le souhaite sincèrement! Et je t’embrasse mille fois. Je sais que ça n’aide pas mais sache que moi je sais que tu es réellement une fille fantastique et pleine de talents!

    1. Même sentiment : je suis triste et soulagée!
      Bah je vais être surqualifié pour tous les job auxquels je vais postuler, parce que les jobs qui correspondent à mon diplôme, je ne les aurai pas parce que mon diplôme à 18 ans et qu’il faudrait que je le repasse pour être à jour… Et même comme ça faudrait que je commence par faire stagiaire non payé pendant 6 mois…
      Mais c’est que là-bas un truc qui était assez agaçant était que des filles pas si fufutes que ça me prennent de haut…. C’est pas génial. J’aurais pu résister à ça en prenant leur job dans deux ou 3 ans 😉 Mais bon de toutes façons, ça le faisait pas et j’aurais eu une migraine carabinée tous les soirs vu le niveau sonores des plateaux !!
      Merci pour tes mots 🙂 Bises

  5. Tu es un super élément…mais on met fin à ta période d’essai plutôt que d’essayer d’améliorer les choses. Tout à fait normal : comme le dit Dr CaSo, on n’aime pas les gens compétents de nos jours.
    Le seul job que j’ai trouvé pourrait très bien être attribué à un jeune de 16 ans sans formation ! Non, on n’aime vraiment pas les gens compétents dans les boîtes…

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