Julieta

La chanson du film « Si no te vas » de Chavela Vargas (je vous mets la traduction demain.) On remarquera le tableau de Freud en arrière plan (ou premier)!

Depuis sa sortie il y a une quinzaine de jours, je trĂ©pignais d’aller voir le dernier Almodovar, surtout avant d’en savoir trop sur le film : j’aime voir les films quand je ne sais rien, que c’est comme un roman qu’on ne m’a pas racontĂ©, que je dĂ©couvre tout au fur et Ă  mesure… Je trĂ©pignais parce qu’Almodovar presque tous ces films me touchent vraiment de très près, parce que il me fait prendre un bain d’hispanitude, parce qu’il me ramène Ă  Madrid, tout ça, tout ça 🙂 Parce qu’il est de ma gĂ©nĂ©ration, de ma culture, etc.  Et c’est chouette, ça me met en joie Ă  chaque fois!

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LĂ , malgrĂ© la bande annonce que j’avais vu : je n’avais vraiment aucune idĂ©e de Ă  quoi m’attendre et c’Ă©tait parfait. J’aime pas trop les films dont tu ressors en te disant : « Ben en fait : tout Ă©tait dans la bande annonce! » Non, la rien de tout ça : tout Ă©tait surprise, inattendu, romanesque, presque envoutant.

Donc, puisqu’El Marido ne semblait pas trop chaud pour le voir et qu’il pensait qu’un film d’Almodovar ça pouvait ĂŞtre un peu trop sombre, voir une peu trop « tordu » pour un jeune ado : je devais y aller seule. Je me suis programmĂ©e la sĂ©ance de midi, Ă  l’Utopia 🙂 Ni vu, ni connu pendant qu’El Hijito ( o tendria que decir « El Joven ») Ă©tait Ă  la cantine.

Ça tombait bien : il y avait sur la Place Camille Julian (celle de l’Utopia) un « mercadillo » que j’avais très envie de voir . Hier, c’Ă©tait l’Ă©tĂ© et je me suis vraiment senti en vacances en train de dĂ©ambuler entre les stands en bavardant avec les artisans. Bien, je n’ai pas rĂ©sister Ă  m’acheter une petite bricole avant de rejoindre la salle obscure.

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En dehors de Rossy de Palma je ne connaissais aucun acteur, ils m’ont tous enchantĂ©.

Mais j’en viens au film : je l’ai trouvĂ©… Magnifique, juste magnifique, juste pfiou! Juste quasiment parfait! Enfin je ne sais comment l’expliquer mais tout dans ce film m’a touchĂ© au plus profond. Évidemment Ă  partir d’un moment j’ai sorti mon mouchoir et puis finalement ça n’y suffisait plus, j’ai laissĂ© les larmes dĂ©gouliner!  Mais j’Ă©tais pas triste! Juste Ă©mue! Tellement Ă©mue! Apparemment j’Ă©tais pas la seule, parce que pour la première partie les autres spectateurs venus Ă  plusieurs bavardaient pas mal (mais pas de façon gĂŞnante, juste des « Ohlala », « Mais c’est qui elle? » Et puis vers la fin on entendait plus rien… Tout le monde Ă©tait trop Ă©mus (enfin je crois). Bref.

Je ne veux rien vous raconter de l’histoire pour ne rien « spoĂŻlĂ© » Ă  ceux qui iront. La seule chose que je peux dire c’est que ça se passe entre les annĂ©es 80/90 (ça me parle!!!)  et aujourd’hui, entre Madrid et le village de Redes dans la province de La Coruña, et un chouilla d’Andalousie aussi. La « Bretagne espagnole » je crois que c’est la première fois qu’on la voit chez Almodovar… La tempĂŞte sur l’Atlantique, les vagues, la pluie… C’est un thème nouveau chez lui.

pelicula-julieta-almodovar.jpgLe thème marin inhabituel chez Almodovar.

Un des lieu du film est un « Talgo »le train moderne des annĂ©es 80, que j’ai souvent pris, la nuit, aussi. J’ai adorĂ© les couleurs et le look de Julieta qui m’ont fait m’identifier Ă  elle tellement facilement : le pull bleu Ă  col roulĂ©, la mini-jupe… Le cerf par la fenĂŞtre du train… Les cartons de dĂ©mĂ©nagement! La maison basque avec ses fenĂŞtres sur la mer, tellement poĂ©tique et onirique. Rah! J’ai tellement aimĂ© ce film!

Ce n’Ă©tait pas gagnĂ© d’avance : il y a bien deux ou trois des film d’Aldmodovar qui ne m’ont pas vraiment emballĂ© ou juste, pas plus que ça… Mais lĂ ! LĂ !  Ah j’oubliais c’est Ă  partir de nouvelles ou de plusieurs romans d’Alice Monroe, une Ă©crivaine canadienne. Je n’ai rien lu de cette auteur. Du coup ça me tente.

On est tous ressorti avec nos petits mouchoirs chiffonnĂ©s dans nos maisn et c’Ă©tait bien. dehors le soleil Ă©clatant, la ville piĂ©tonne et estivale, les terrasses partout bondĂ©s. La rue du Loup en travaux. Le tram de retour : le bonheur.

Je vous fais plein de bisous et vous souhaite un très bon weekend!