Restons désinvolte

Morceau assez récurant sur ce blog, je l’avoue 😉

Monsieur le marocain est donc parti et j’avais vraiment de la peine pour lui qu’il ait du se farcir une heure de présentation pour rien… La vie du chercheur d’emploi est pleine de déconvenues…

Il restait Joël (j’imagine un nom) : 60 ans, les ongles plus longs et pointus qu’Amanda Lear (propres,les ongles), rouflaquettes et blouson noir à la Coluche. Il parle tout le temps. On s’en fout. Aurélie doit le « recadrer », c’est pas vraiment le lieu pour parler de ses problèmes d’impôts.

Un monsieur tendu et en colère contre tout. 50 ans. Pas content. Il a besoin de le dire.

Une Dame entre 45 et 60, anglaise ou américaine… Elle parle avec un accent bien anglo et un de ces problèmes est visiblement son niveau de français… J’aurais pu lui proposer des cours de FLE. Elle a beaucoup de chose à dire.

Il y a moi, 51 ans, qui n’a pas trop envie de parler, encore une fois, à ce genre de petite réunion festive… Je suis attentive, gentille et disciplinée, mais je ne vais pas en profiter non plus pour déverser mon désespoir… Restons désinvolte. N’ayons l’air de rien.

Et puis il y a mon voisin de droite. Il est au bord de l’implosion. 50 ans, portugais, stressé au delà du possible pour moi. Je ne sais pas si il veut se mettre en colère ou pleurer ou se jeter aux pieds de la formatrice.

Elle sort nous laissant face à nos dossiers à remplir. Sans rire il semble qu’il n’y ait que moi qui ait lu le SMS (le même a été envoyé à tout le monde). Ils gémissent tous qu’il ne savait pas qu’il fallait apporter un CV etc… Je rempli le mien en 3 minutes. Puis j’aide mon voisin de droite qui est en total panique. Il ne peut rien remplir lui même. Je le rassure, le calme, lui souris et je l’aide. Il se détend un peu. Il me montre son CV… Y’a du boulot. C’est pas un CV, même de très loin. J’ai vraiment envie de l’aider.

Aurélie revient, elle est dynamique, des collants jaunes moutarde parfaitement assorti à mes ongles peints pour l’occasion.Elle a une bouche rigolote, entre le Joker et Donald Duck. Elle dit qui vient avec moi? (pour l’entretien individuel). Comme je suis la seule à avoir terminé, je me lève et salue mes compagnons de dérive.

Dans son bureau je lui déroule mon parcours, mes dernières candidatures, entretiens etc. Puis on passe au contenu de la formation etc. Tout de suite je lui fais part de mes doutes quand à ma place dans ce groupe. Bon ça sera pas dans ce groupe précisément, on va être dispatché. Mais bon quand même, je lui redis que c’est peut-être pas ma place d’être avec des personnes qui savent tout juste écrire. Elle  trouve que le mélange est très enrichissant. Blablabla… Personnellement j’ai pas vraiment envie d’être vu comme une bêcheuse quand il faudra faire sa présentation « Mais qu’est-ce qu’elle fait là la bourgeoise avec ses diplômes? » Le truc est rémunéré. Quand on a pas de salaire et que les impôts vont bientôt tomber, on a pas envie de cracher sur ça. Mais bon. Je m’y vois vraiment pas. Aurélie insiste, ça peut être très enrichissant pour moi… Mis à part que je me suis senti une soudaine vocation d’assistante sociale plus tôt avec le monsieur portugais… Bah je reste : DUBITATIVE.

clope

Allez, il se fait tard. gros bisous à tout le monde!

autome

J’ai retrouvé mes gros collants et mes botillons : couleurs d’automne! 🙂