Une journĂ©e au CDI

8h08 j’arrive, j’ouvre, j’allume, je me fais un cafĂ©… Je respire avant le rush.

8h25 ça sonne… Soupir. 8h30 : la salle est rĂ©servĂ©e pour une demie classe de 5iĂšme qui dĂ©boule. Je leur fait leur premiĂšre sĂ©ance d’orientation : discussion autour des mĂ©tiers, prĂ©sentation des fiches ONISEP, carte mentale autour d’un mĂ©tier, etc…

2iĂšme heure : ma collĂšgue est toujours au cinoche avec plusieurs classes et prof. Je descends dans la cour les Ă©lĂšves en rang devant le marquage CDI. Y’en a moins de 30. C’est parti : on traverse le collĂšge et montons au CDI. ArrivĂ©s devant la porte, miracle : la multiplication des Ă©lĂšves a eu lieu… Ils sont au moins 45!  C’est beau la science. Bref, je lĂšve la voix pour les faire taire et se mettre en rang bien gentiment et joliment. Je commence Ă  les faire rentrer un par un en prenant leur carnet. A 30 je prononce (enfin : je gueule) les mots qui fĂąchent : « C’est bon il y en a 30 qui sont entrĂ©s, les autres vous  allez en permanence!! » LĂ  mur de lamentations « mais madame j’ai exposĂ© Ă  faire avec Eliette! », « Mais Madame je dois faire une recherche sur Internet! », « Mais Madame on Ă©tait les premiers en bas et ils nous ont doublĂ©! », « Mais Madame c’est pas juste », « Mais madame ça se fait pas! »LĂ  je suis devenue un mur froid et hostile et je ferme « ma » porte : « Allez, allez, en permanence! »

La troisiĂšme heure commence : j’ai une classe de 5iĂšme avec le prof d’hist-G qui est super sympa et que je commence Ă  bien connaĂźtre puisqu’on travaille ensemble quasiment tous les jours depuis que je suis arrivĂ©e sur les « discriminations ».

Ma collĂšgue a du se faire kidnapper au cinoche, elle revient pĂŽ. Tiens finalement la voilĂ  en fin d’heure (y’a eu des problĂšmes, le film a Ă©tĂ© retardĂ©).

4iĂšme heure : voilĂ  la VRP des maisons d’Ă©ditions qui arrive. Ma collĂšgue doit bosser sur un projet avec une prof d’anglais, c’est moi qui reçoit la dame : Des tonnes bouquins tous plus chouettes les uns que les autres Ă  regarder pendant une heure. Je fais une prĂ©selection pour ma collĂšgue, c’est elle qui fera une commande ou pas. Je pars manger au bout d’une heure, ma collĂšgue prend le relais et commande pour 150 € de bouquins. Le kif.

Cantine.

13h30 : 36 Ă©lĂšves « en permanence » au CDI 😩 Heureusement y’a plein d’Ă©lĂšves qui me prĂ©fĂšrent Ă  celle que je remplace. Ils me disent « Madame vous allez rester? Elle est parti Ă  la retraite Mme Pamplemousse? šParcer que c’est juste une vieille sorciĂšre! Vous vous ĂȘtes gentille! »Je leur dis : « Non, il ne faut pas dire ça! C’est vraiment pas sympa, je ne veux plus l’entendre, ok?! »

2iĂšme heure : une demie classe de je sais plus quoi viens travailler sur les chevaliers, le roi Arthur etc… Brouillon numĂ©rique. J’aime bien ce genre de sĂ©ances oĂč on les accompagne dans les mĂ©thodes de recherche, la mĂ©thodologie, l’utilisation de la bureautique, c’est cool.

3iÚme heure : enfin du temps pour recouvrir les nouveaux bouquins! Un graphiste vient parler de son métier à deux classes qui ont, en amont, préparé des questions à lui poser.

16h45 :ça sonne. tout le monde se barre sans ranger ni les chaises ni les tables 😩 J’ai beau pousser des gueulantes, tout le monde se barre en laissant le CDI comme ça. Je commence Ă  ranger les chaises, puis j’abandonne, je vais pas remettre 20 table en place toute seule, merde. Ma collĂšgue parle avec l’intervenant et 3 ou 4 profs.

16h55 : Je salue tout le monde et je me casse. Si tout est encore en bordel demain je ferai ranger par les Ă©lĂšves… Demain c’est mercredi, je suis en solo.

VoilĂ  donc une journĂ©e type. Quoique « normalement » il y a plus d’heures de perm’.

Je vous souhaite une bonne soirée et vous fais des bisous.

PS : bonne nouvelle mon contrat est prolongĂ© jusqu’au 6 mars.