AsĂłmate !

Aujourd’hui j’ai passĂ© quelques heures avec les guerres napolĂ©oniennes et ce qui s’en suivi en Espagne… Le XIXĂšme, Fernando II, les guerres carlistes etc… Pfiou… C’est passionnant mais au bout d’un moment on a mal au dos, Ă  force d’ĂȘtre assise sur sa chaise…

Demain il faudra se promener et peut-ĂȘtre aller Ă  la pistoche avec El Marido et celui qu’on appellera plus El Hijito (dĂ©solĂ©e mais il est grand maintenant) mais El Joven (quand c’est un  substantif cela ne veut pas dire « jeune » mais « jeune homme » ou « garçon »).

Je vous parlais dans le post prĂ©cĂ©dent des sĂ©rĂ©nades, et du coup, je me rappelais de cette nuit d’aoĂ»t 1984… VoilĂ  quelque chose que je peux cocher dans la check list des choses qui valent la peine d’ĂȘtre vĂ©cues : Un groupe de « tunos » a chantĂ© la sĂ©rĂ©nade pour moi! Cependant ça fait trÚÚÚÚÚ longtemps que je n’y avais pas pensĂ©. J’avais mĂȘme presque oubliĂ©. J’avais 19 ans et je dormais, aprĂšs avoir passĂ© la soirĂ©e avec mes amis italiens, belges, français, Ă  parcourir les bars et les clubs, comme tous les soirs… Les mandolines et les belles voix graves m’ont rĂ©veillĂ©… Je suis allĂ©e Ă  la fenĂȘtre pour voir sous la fenĂȘtre de qui se tenait la sĂ©rĂ©nade et j’eus un peu de mal Ă  comprendre que c’Ă©tait sous la mienne… Cependant il n’y avait pas de doute : Ă  mon apparition les « tunos » avaient redoublĂ© d’ardeur et j’avais reconnu le jeune homme qui les avait amenĂ©s jusque lĂ . Bien sĂ»r, j’Ă©tais trĂšs flattĂ©e, mais dire si ça m’avait fait plaisir… Je crois que « pas spĂ©cialement », ça m’avait fait rire et flattĂ©e, surtout flattĂ©e. A 19 ans j’Ă©tais blasĂ©e et trouvais trĂšs « normal » qu’on me chante la sĂ©rĂ©nade, mĂȘme si je ne m’y attendais pas (il devait ĂȘtre 3 ou 4h du matin)…

Elle met pas de bonne humeur cette vidĂ©o? 🙂

Ce qui m’intrigue le plus aujourd’hui en 2017 c’est « qui » avait amenĂ© la « tuna » pour me faire ce numĂ©ro de charme? Je me rappelle « trĂšs bien » (enfin autant que faire ce peux!)  de cet Ă©tĂ© lĂ … Je me rappelle d’un type qui me courrait aprĂšs… Mais Ă©tait-ce lui? Était-ce un autre? Et bien je ne sais plus… J’avais pas mal de succĂšs… Oh oui. Et d’arrogance aussi… Quoi qu’il en soit, je revois la scĂšne mais pas la tĂȘte du garçon! Alors vous avez la rĂ©ponse Ă  la question « Est-ce qu’il est parvenu Ă  ses fins avec cette sĂ©rĂ©nade? » : Non. J’ai Ă©coutĂ©, j’ai ri. Ils ont chantĂ© et rechantĂ©, suppliĂ© pour lui, etc… Et je me suis recouchĂ©e! Sans Ă©tats d’Ăąme 😀 Sur la place il n’y avait que la tuna et le garçon et ses copains… Il Ă©tait beaucoup trop tard pour qu’il y ait autant de monde que sur la vidĂ©o!

C’est triste tout de mĂȘme que je ne me rappelle mĂȘme pas du garçon alors que je me rappelle si bien du reste… J’aimerais imaginer qu’il me plaisait un peu, au moins un peu… Mais trĂšs sincĂšrement, comment le savoir? Je ne m’en souviens pas. Seul les « tunos » restent inoubliables. Il faut avouer qu’ils ont sĂ»rement plus de conquĂȘtes en chantant sur les places et dans les rues que les gars pour qui ils chantent des sĂ©rĂ©nades…

Les rubans qu’ils portent Ă  leur cape symbolisent leurs conquĂȘtes justement et il y en a qui ont vraiment beaucoup de rubans! Bon c’est un peu macho, c’est vrai, mais c’est rigolo aussi.

« AsĂłmate » ne signifie pas « assomme-toi », mais « penche-toi » (Ă  la fenĂȘtre).

 

 

A votre santĂ© et Ă  vos amours!

Elle est rigolote cette sĂ©rie colombienne : la moitiĂ© du temps les protagonistes sont complĂštement saouls! Et ils boivent, sans modĂ©ration aucune dans tous les Ă©pisodes. Bon heureusement, cela n’affecte pas leurs voix.

« La hija del mariachi » est une « tĂ©lĂ©novĂ©la » colombienne dont les protagonistes sont jouĂ©s par Carolina RamĂ­rez et Mark Tacher, un acteur mexicain, qui joue le rĂŽle d’un mexicain, ça tombe bien.  C’Ă©tait entre 2006 et 2008 (je crois) et ça a Ă©tĂ© un Ă©noooorme succĂšs dans toute l’AmĂ©rique Latine de langue espagnole (c’est Ă  dire toute l’AmĂ©rique Latine exceptĂ© le BrĂ©sil qui est lusophone Ă©videmment.)

Vous connaissez les sĂ©rĂ©nades? Cette tradition espagnole et sud-amĂ©ricaine? Je me rappelle d’une nuit Ă  Salamanque oĂč je m’Ă©tais rĂ©veillĂ©e au son des guitares et des belles voix des « tunos »* qui chantaient une chanson d’amour… Une fois la surprise passĂ©e, j’avais eu un peu de mal Ă  rĂ©aliser que c’Ă©tait pour moi… C’est tellement loin maintenant, j’arrive Ă  peine Ă  faire revivre ce moment dans ma mĂ©moire.

Comment ça marche une sĂ©rĂ©nade?  Un gars veut dĂ©clarer son amour, se faire pardonner un truc… Et il amĂšne avec lui sous sa fenĂȘtre des « tunos » (Un tuno est un membre d’une « tuna » qui est un petit orchestre Ă©tudiant.) en Espagne et dans beaucoup de pays d’AmĂ©rique Latine, des « mariachis »au Mexique et contre rĂ©munĂ©ration pour les mariachis, ou contre des biĂšres (les Ă©tudiants) ils chantent la sĂ©rĂ©nade Ă  la belle, qui ouvre sa fenĂȘtre, ou pas… Qui est convaincue, ou pas… Bien sĂ»r tout le monde (les voisins aussi) attendent qu’elle se montre Ă  la fenĂȘtre…

La sĂ©rĂ©nade c’est le soir et l’aubade (aube) le matin…

Difficile de rĂ©sister Ă  leur charme! Autant je ne supporte pas les « mariachis » qui dĂ©barquent dans un restau mexicain… Autant une « tuna » qui se met Ă  jouer et Ă  chanter, n’importe oĂč : restau universitaire, mĂ©tro, sous ta fenĂȘtre c’est une explosion de bonne  humeur et de joie de vivre.

Des amis espagnols, m’ont dit pas mal de choses nĂ©gatives sur les « tunos ». Apparemment ce sont des gars plutĂŽt « conservateurs »Â  et les « tunas » pas prĂ©cisĂ©ment des clubs « progressistes ».  Traditionnellement elles Ă©taient composĂ©es uniquement d’hommes. A partir des annĂ©es 80 cela a Ă©voluĂ©, il y a aussi des filles maintenant. Mais ce n’est pas acceptĂ© par tous les « tunos »…

Les « tunos » seraient donc « de droite », ça ne s’entend pas quand ils chantent une sĂ©rĂ©nade. Pour moi c’est seulement tellement beau! Mais mais mais pour beaucoup d’espagnols cela  symbolise encore une Espagne traditionnelle, d’avant la « movida », d’avant la Transition DĂ©mocratique Espagnole, je ne peux pas ne pas le souligner.

Quoi qu’il en soit : ils apportent partout oĂč ils vont la bonne humeur et ne parlent pas de politique dans leurs chansons. D’ailleurs je ne sais pas si  c’est toujours le cas ou pas.

Je sais pas si ils aident beaucoup les gars dans leurs histoires d’amour, mais le fait est qu’eux, eux, ils ont Ă©normĂ©ment de succĂšs auprĂšs des filles. Ça vous Ă©tonne?