La rumbita que baila Barcelona

Turism killAffichette qu’on peut voir à Barcelone

Depuis cet été, ou même ce printemps, Bordeaux s’est « entouristifié » au maximum. D’une manière un peu trop « pesante » voir « oppressante », ou en tous cas légèrement agaçante.

Plusieurs fois depuis le printemps je me suis dit « On se croirait à Barcelone ». Et c’était pas un compliment. Pauvre barcelonais victimes du succès ahurissant de leur ville.

Je suis allée à Barcelone dans les années 80, c’était une ville dont les jolis quartiers n’étaient pas vraiment mis en valeur : une des places historiques étaient le repaire des « drogadictos » entre autre, on y croisait pas de touristes, sur cette place. J’ y suis retourné dans les années 2000 avec mon mari et mon fils et Barcelone était une ville tellement touristique qu’on ne croisait QUE des touristes sur la place des drogués (d’aucun diront que c’est mieux comme ça… Faut voir, y’avait peut-être une alternative moins rrradicale) et j’y ai même croisé des gens que je connaissais de France. El Marido aime beaucoup Barcelone, il y a de la famille. Moi je n’avais pas été emballée dans les années 80, je n’ai pas été emballée + que ça dans les années 2000, même si j’avais beaucoup aimé certaines choses. Le tourisme m’avait semblé un peu trop présent (oui je sais : j’en faisais parti mais… j’ai toujours visité l’Espagne , moi, je le fais pas parce que c’est LA destination à la mode). Bref quand j’ai vu le tournant qu’était en train de prendre Bx, ça m’a fait pensé à Barcelone où les jeunes étaient visiblement dépossédés du vieux quartier qui avait toujours été le quartier de tout le monde, des jeunes, des vieux, des familles… des drogués…

CZLfLQfVIAAjiKG.jpgLe tourisme tue les quartiers

Pour devenir un quartier super propre, avec des boutiques ultra léchés et des appartements calibrés pour les touristes… J’avais été mal à l’aise avec ça… Et notre appart en plein centre de ce vieux quartier était le début de ce processus de main basse sur les apparts qui auraient du être loués aux habitants à un prix correspondant à leur salaire… Et au lieu de ça sont loués à prix d’or à la semaine ou à la nuit au touristes, qui, la gueule enfarinée, dépeuple un centre ville de ceux qui en font la vie. Les commerces s’adaptent pour vendre au touristes et se faire un max de tunes. Etc.

C’est ce que j’observe à Bx en moment avec une certaine « horreur » : place Pey Berlan cet aprèm était installé un « kiosque Souvenirs de Bx »… Eu l’impression soudain d’être à Dysney Land… Après les tuk-tuck qui trimbalent le consommateur-touriste dans les petites rues, à la découverte des autochtones en train de faire leur course, après les segway ridicules qui roulent cahin-caha sur les places des quartiers autrefois dit malfamés  😦 (et qui ne l’étaient que pour les trouducs…) manière assez voyante et intrusive de visiter une ville.

Ah Mahie, mais t’es jamais contente!!!  Si si, je suis contente, j’habite une ville que j’adore, mais j’ai quand même le droit de râler contre la connerie de masse 😦 Y’a pas assez de villes de part le monde? On croirait que tout le monde doit aller à Bordeaux ou à Barcelone en moment! Est-ce que les gens ne sont que des moutons? N’ont-ils pas envie de visiter Poitier, Limoges ou Carcasonne?

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Vos selfies font augmenter nos loyers

Pourquoi je parle (encore) de ça? Parce que ce matin j’ai lu dans « le journal » que la maire de Barcelone voulait interdire en ville les Segway et autres trotinettes électriques (business extra florissant de Barcelone), au début, comme vous, comme le journaliste je me dit « Ben qu’est-ce qui lui prend? Et puis j’ai continué à lire : A Barcelone ces moyens de transport  sont massivement utilisés par les touristes et envahissent le centre-ville : « des centaines de segways conduits dans le désordre le plus total. Imaginez le cauchemar lorsque tout ce petit monde se retrouve concentré sur les Ramblas, surtout qu’évidemment personne ne parle ni espagnol, ni catalan. […] A Barcelone, mais aussi dans les îles Baléares, à Venise, mais à Rome, Milan, Dubrovnik, Majorque ou San Sébastien : partout en Méditerranée et dans les villes les plus visitées, le ras-le-bol se fait sentir. En Catalogne, on a même forgé un mot-valise qui décrit parfaitement le fait que les habitants se sentent assiégés par des hordes de Britanniques avinés ou des groupes compacts de Chinois qui occupent tous l’espace public : ce mot c’est la touristophobie. » (France Inter)

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Et puis à midi sur à la tévé espagnole à la maison, y’avait un sujet sur la turismofobia… Tu m’étonnes. Dans cet article très intéressant (en espagnol) on nous dit que c’est un phénomène qui se produit quand l’équilibre ou la capacité d’accueil d’une destination touristique est rompu parce que les visiteurs et la population locale partagent des ressources limitées et un même espace publique. »

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Bordeaux n’en est pas à manifester dans les rues pour demander crier que la ville n’est pas à vendre comme à Barcelone et sur la photo ci-dessus dans le (ex?)populaire quartier de la Barceloneta. Mais mais mais… Je sens le même malaise naître. A travers la presse régionale,  à travers des groupes FB qui aimeraient voir les toursites s’intéresser à d’autres villes françaises… Qui ont certainement autant de charme que la notre…

Tout cela me laisse extrèmement perplexe.

A lire également (en espagnol) : https://elpais.com/ccaa/2017/08/07/catalunya/1502117326_168155.html