Verde, verde esperanza

VoilĂ  le soleil revenu, les boulistes sur l’esplanade devant le bois. Le chat qui dort, les hommes Ă  la piscine. Et moi qui doit « Ă©tudier ».

L’autre jours j’ai eu un gros coup de mou en attaquant le « cours de grammaire et de linguistique espagnole dans une perspective contrastive avec le français ». A priori c’est typiquement le genre de cours que j’adore. Mais lĂ  lĂ  lĂ … Pfiou…

Le cours prĂ©pare Ă  l’épreuve de justification de choix de traduction du CAPES . Cette Ă©preuve a pour objectif d’évaluer la connaissance des systĂšmes grammaticaux espagnol et français tout comme notre aptitude Ă  apprĂ©hender les difficultĂ©s du passage d’une langue l’autre. Elle attend de nous qu’on soit capable d’expliquer clairement, avec pĂ©dagogie, les similitudes et les diffĂ©rences de les deux systĂšmes. Une connaissance « rĂ©flĂ©chie » des deux langues est donc ce qui est demandĂ© : « Les candidats doivent bien ĂȘtre conscients qu’une pratique naturelle, mais jamais analysĂ©e, de l’une des deux langues ne peut en aucun cas suffire Ă  faire d’eux des enseignants de langue. Il ne suffit pas pour enseigner une langue de la parler convenablement, il faut en connaitre les mĂ©canismes profonds et ĂȘtre capable de les expliquer Ă  un public de quelque niveau qu’il soit. ».  Caroline Pascale, PrĂ©sidente du Jury du CAPES.

 

Bon, tout cela va de soit et me plait beaucoup, mĂȘme j’adore ça. Mais aprĂšs vient  ce qu’il faut vraiment ĂȘtre capable de faire, et avec les mots qu’il faut ,employer…

Il y a 4 Ă©tapes dans l’Ă©preuve (qui suit elle mĂȘme l’Ă©preuve de traduction):

1) Identifier la nature et la fonction des Ă©lĂ©ments qui font l’objet de la question et dĂ©gager une problĂ©matique

2) Présenter le fonctionnement de la langue-source (français pour un thÚme, espagnol pour une version)

3) Présenter le fonctionnement de la langue-cible (espagnol pour un thÚme, français pour une version)

4) Justifier les choix de traduction, en s’appuyant sur l’analyse du passage du texte (1) et en rappelant les Ă©lĂ©ments importants, dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©s dans le commentaire thĂ©orique de la question (3-4), sans oublier de citer ladite traduction…

En fait lĂ  comme ça, ça me parait simple et pourtant… Pourtant ça me met un peu la pression de regarder tout le chemin Ă  parcourir. Je sais qu’il faut avancer pas Ă  pas et valoriser chaque pas au lieu de se dĂ©courager en regardant l’horizon qui parait si lointain…

Dans le rapport du jury 2011 on peut lire : « Cette question (l’épreuve de justification de choix de traduction) a montrĂ© que de nombreux candidats ont une connaissance intuitive de la langue espagnole : la traduction Ă©tait souvent correcte, mais beaucoup ont Ă©tĂ© incapables de la justifier. Bien souvent ils n‟ont mĂȘme pas eu conscience que le recours Ă  une relative, n’Ă©tait pas la meilleure mais bien la seule solution. Un futur enseignant de langue ne peut pas se contenter de cette connaissance intuitive, elle doit ĂȘtre Ă©tayĂ©e par de solides connaissances grammaticales pour qu‟il puisse en expliquer le fonctionnement.  »Â  Ah… Soupir…

Je sais que je suis bonne en traduction. Ce qu’il va falloir que je bosse, plus que la traduction que j’envisage comme un jeu et un super moment fun, c’est la grammaire, encore la grammaire et toujours la grammaire. Pas ĂȘtre capable de l’appliquer : ĂȘtre capable de la dĂ©cortiquer dans tous les sens et de l’expliquer… Pas un fait de langue, des centaines de faits de langue… Rah que de boulot, que de boulot. C’est un concours, pas exam… Que de boulot!

Je vous prĂ©senterais bien tout cela plus en dĂ©tail, mais du coups mon post devrait ĂȘtre 2 ou 3 fois plus long et je vous perdrais tous! 🙂 Et puis au lieu de blablater il faut que je me mette au boulot!

Verde, verde esperanza
el trigo verde
verde bonanza
verde, el cocodrilo
el monte verde
ciudad esmeralda
verde que te quiero verde…