De la lecture (suite)

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L’objective donné par la prof de version, qui pour la petite histoire a eu son agreg’ et son capes la même année. C’est ce que j’appelle une méga grosse tête bien faite. Respect. L’objectif donné est donc, en plus de tout le boulot qu’on a  par ailleurs, de lire au moins 10 pages d’un roman français, par jour. Et bien entendu autant ou plus en espagnol…  Et bien sûr aussi, lire quotidiennement la presse espagnole (Vive Internet!).

J’ai commencé en septembre des bouquins entiers, mais là je me demande si je ne vais pas me mettre « morceaux choisis » en refaisant l’acquisition d’un Lagarde et Michard XXème siècle par exemple. J’adôôôre les Lagarde et Michard 🙂 Parce que mine de rien les bouquins entiers (j’ai du mal à ne lire que 10 pages par jour) ça prend du temps sur le temps « lecture de la presse »… Bref. Hier j’ai commencé avec la liste construite sur vos suggestions. Et au risque de me répéter je voulais des bouquins qui donnent la patate et le sourire…

La première punition (lire ou relire Bel Ami!) sera donc pour Isis qui m’a suggéré Les Choses Georges Pérec. Non mais c’est pas drôle du tout les Choses!

Incipit : L’oeil, d’abord, glisserait sur la moquette grise d’un long corridor, haut et étroit. Les murs seraient des placards de bois clair, dont les ferrures de cuivre luiraient. Trois gravures, représentant l’une Thunderbird, vainqueur à Epsom, l’autre un navire à aubes, le Ville-de-Montereau, la troisième une locomotive de Stephenson, mèneraient à une tenture de cuir, retenue par de gros anneaux de bois noir veiné, et qu’un simple geste suffirait à faire glisser. La moquette, alors, laisserait place à un parquet presque jaune, que trois tapis aux couleurs éteintes recouvriraient partiellement…

Ça dure comme ça interminablement, j’avais envie de me pendre à la fin j’avoue… Je fais un 😦 sur ma liste papier à côté du titre. Ah ben oui, je suis comme ça moi! Faut que ça pulse! Oui je sais : Pérec est un très grand écrivain. Mais j’avais bien stipulé, qu’après Maupassant, je voulais quelque chose de guilleret.

Après j’ai lu un chapitre ou deux de « Demain j’arrête » conseillé par Lulu. Ça se laisse lire, pas prise de tête. Style très contemporain. J’attends de voir. Je vous dirai. Il était gratuit sur mon Kindle en plus!

Le livre espagnol que je lis en ce moment c’est celui que je vous ai conseillé hier. Et le prochain ça sera « La vie de Pascual Duarte » que j’avais lu en première année de fac  et dont j’ai traduit un passage en cours aujourd’hui et qui m’a fait bien marrer, bien que ce ne soit pas « drôle ».

Voilà. Autrement ma préparation au CAPES se passe très bien. J’ai eu une première note, trèèès encourageante. Yes!

Je vous fait des bises.

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11 commentaires sur « De la lecture (suite) »

  1. Pour Viou, c’pas forcément le meilleur pour avoir la patate alors !! 😉
    Contente que ça avance bien ! je suis jalouse que tu arrives à autant lire !!!

    1. Bon alors je le laisse de côté pour l’instant, je le garde pour lus tard 😉
      Il suffit de s’y mettre, après on ne peut plus s’arrêter 😉

  2. Oups ! Désolée Mahie pour Les Choses (en fait je ne l’ai pas lu, mais je sais qu’il est hyper connu et représentatif du mouvement du Nouveau roman, que j’ai aimé à travers Nathalie Sarraute).

  3. Pfiou, je t’admire de lire tout ça! Moi et la litérature française c’est comme l’huile et l’eau, ça colle pas 😉 En ce moment je lis « Reincarnation Blues » qui est un roman marrant et fascinant! et bravo pour les bonnes notes!

  4. bon des petits bouquins ultra connus mais qui restent ma plus belle découverte des 30 dernières années:la trilogie de Daniel Pennac: La fée Carabine, La petite marchande de prose, Au bonheur des ogres. Des histoires très sombres mais une vraie fête de l’écriture, un festival d’inventivité, une lecture qui glisse et rebondit sans à coup , on se retrouve toujours beaucoup de chapitres plus loin que prévu. Sous couvert de polard, un humanisme et un cœur gros comme ça.

    Un petit extrait:
    « Chaque soir c’est le même rituel: la main de Verdun tremble comme une feuille, mais, à l’intérieur, celle du Petit la stabilise, et l’aïeul croit dur comme fer qu’il trace ses anglaises aussi joliment qu’avant la Première Guerre. Il est triste, pourtant, Verdun, il fait écrire au Petit un seul prénom sur son cahier: Camille, Camille, Camille… sur toute la longueur des lignes. C’est le prénom de sa fille, morte il y a 67 ans, à l’âge de six ans, juste à la fin de la Der des Ders, fauchée par l’ultime rafale, celle de la grippe espagnole. C’était vers l’image de Camille que Verdun tendait ses mains tremblantes quand il a commencé à se shooter. Il se rêvait, bondissant de sa tranchée, zigzaguant entre les balles, cisaillant les barbelés, et courant vers sa Camille, sans fusil, bras ouverts. Il traversait ainsi toute la Grande Guerre et trouvait une petite Camille morte, momifiée, plus ratatinée à six ans qu’il ne l’est lui-même aujourd’hui. Double dose pour la seringue.
    Depuis que je le planque chez nous, Verdun ne se shoote plus. Quand le passé le prend à la gorge, il regarde juste le Petit, les yeux noyés, et murmure: « Pourquoi qu’t’es pas ma p’tite Camille? » Parfois, il lâche une larme sur le cahier d’écriture et le Petit dit:
    – T’as encore fait un pâté, Verdun…
    C’est tellement déchirant que l’ex-séminariste Stojilkovicz, ex-révolutionnaire, ex-vainqueur des armées Vlassov et de l’hydre nazie, que Stojil, présentement conducteur de bus pour touristes CCCP, et pour vieilles dames seules le samedi et le dimanche, que Stojil, dis-je, se racle la gorge et grogne:
    – Si Dieu existe, j’espère qu’Il a une excuse valable. »

    https://booknode.com/la_fee_carabine_0763/extraits

    1. 😦 « Et au risque de me répéter je voulais des bouquins qui donnent la patate et le sourire… »
      Ça a l’air très bien écrit effectivement, mais ça me donne déjà plus envie de pleurer que de rire…

      1. oui j’avais vu mais je ne connais aucun bon bouquin qui n’ait pas une part de tristesse (peut-etre parce que la vie est ainsi ? ) et pour la patate rien ne vaut un bon concert qui bouge 🙂
        Sinon là je lis deux bouquins censés donner de bons conseils quand on n’est pas satisfait de son état, sous forme romancée: « l’homme qui voulait être heureux » et  » ta vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », Pas ininterressant mais y’a zero effort d’écriture dedans.

  5. Il y a une différence entre un bouquin rigolo avec une pincée de tristesse et un livre triste avec un pincée de… Nan en fait y’a des bouquins triste avec une pincée de larmes…
    Des livres rigolos il y en a plein, bien sûr! Le Petit Nicolas, les Livre de Pagnol, Ubu Roi, La Cantatrice Chauve, Zazie dans le métro, les pièces de théâtre de Molière… Pour ce qui est des français…

    1. Ah merci pour le rappel des livres rigolos ! Le petit Nicolas, Pagnol, Ubu, j’ai lu bien sur, il y a tellement longtemps …
      Molière pour moi hélas est trop teinté d’obligations scolaires, même si j’avais pris très à cœur de jouer une scène des fourberies de Scapin au collège.

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