You must allow me to tell you how ardently I admire and love you.

C’est pas que je veuille systĂ©matiquement faire ma mĂ©chante… MAIS combien de fois suis-je atterrĂ©e par les traductions de bouquins? Mon dernier choc avait Ă©tĂ© il y a deux ans quand j’avais voulu lire un bouquin espagnol d’une main en m’aidant de sa traduction française de l’autre. En fait je lis le bouquin en espagnol et quand je pige pas un truc (oui ça arrive, paf je regarde la traduc’ de celui/celle qui s’est cassĂ© la tĂŞte avant moi sur la phrase). J’avais donc achetĂ© le bouquin en français (entre autre) parce qu’il y avait des passages sacrĂ©ment gratinĂ©s que je jugeais très difficiles Ă  traduire, voir impossible Ă  traduire. Le/la traductrice officiel/le du bouquin en Ă©tait arrivĂ© Ă  la mĂŞme conclusion et avait simplement zappĂ© ses passages au lieu de s’en dĂ©patouiller tant bien que mal avec des « notes du traducteur ». ChoquĂ©e. J’avais Ă©tĂ© choquĂ©. ChoquĂ©e, choquĂ©e, choquĂ©e.

Bref. Cette annĂ©e, après avoir lu (en français) Les Hauts de Hurlevent (1847,  l’unique roman d’Emily BrontĂ«) que j’ai a-do-rĂ©, je m’Ă©tais attaquĂ© Ă  Orgueils et PrĂ©jugĂ©s (Ă©crit entre 1796 et 1797) de Jane Austen (toujours en français). J’avais du mal a avancer. Il me tombait des mains. En partant en vacances je l’ai quand mĂŞme pris avec moi, mais c’Ă©tait laborieux, les phrases Ă©taient compliquĂ©es… J’avais du mal Ă  rentrer dedans contrairement Ă  celui d’Emily BrontĂ« qui m’avait captivĂ© du dĂ©but Ă  la fin. Bref. Nous voilĂ  en train de nous balader Ă  TĂ©ruel, et Ă  TĂ©ruel comme ailleurs je ne peux passer devant une librairie sans y entrer. Me voilĂ  attirĂ© par la couverture de « Orgullo y Prejucios » et tandis que les hommes regardent ce qui leur plait. J’ouvre le bouquin et lit une page au hasard et lĂ …. Tata: Ça se lit bien, facilement, c’est agrĂ©able, ça ne tombe pas des main, pas du tout! Oh! Ah! Du coup j’achète le bouquin! Et du coup je finis le pavĂ© avec plaisir.

Une fois à  la maison je me procure une autre traduction française que je trouve beaucoup plus agrĂ©able Ă  lire que la première : Ça se lit aussi agrĂ©ablement que la traduction espagnole. Mais je ne pouvais plus le lire en français, parce que maintenant je j’Ă©tais trop dans l’histoire en espagnol.

Le même extrait (la déclaration) en différentes versions :

Version 1

Chiari

Version 2

« Ă‰tait-ce, par hasard, le colonel Fitzwilliam, dont les visites Ă©taient quelquefois assez tardives, qui venait prendre de ses nouvelles ? Un peu troublĂ©e par cette idĂ©e, elle la repoussa aussitĂ´t et reprenait son calme quand elle vit, avec une extrĂŞme surprise, Mr. Darcy entrer dans la pièce.

Il se hâta tout d’abord de s’enquérir de sa santé, expliquant sa visite par le désir qu’il avait d’apprendre qu’elle se sentait mieux. Elle lui répondit avec une politesse pleine de froideur. Il s’assit quelques instants, puis, se relevant, se mit à arpenter la pièce. Elizabeth saisie d’étonnement ne disait mot. Après un silence de plusieurs minutes, il s’avança vers elle et, d’un air agité, débuta ainsi :

— En vain ai-je lutté. Rien n’y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l’ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime.

Elizabeth stupéfaite le regarda, rougit, se demanda si elle avait bien entendu et garda le silence. Mr. Darcy crut y voir un encouragement et il s’engagea aussitôt dans l’aveu de l’inclination passionnée que depuis longtemps il ressentait pour elle.

Il parlait bien, mais il avait en dehors de son amour d’autres sentiments Ă  exprimer et, sur ce chapitre, il ne se montra pas moins Ă©loquent que sur celui de sa passion. La conviction de commettre une mĂ©salliance, les obstacles de… »

Version3

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Quelle version préféré vous? Si à la vu de ces deux exemples vous deviez choisir de lire le bouquin entier. lequel choisiriez-vous?

Ah! HĂ© bien, j’allais oublier la version originale!!!

While settling this point, she was suddenly roused by the sound of the door-bell, and her spirits were a little fluttered by the idea of its being Colonel Fitzwilliam himself, who had once before called late in the evening, and might now come to inquire particularly after her. But this idea was soon banished, and her spirits were very differently affected, when, to her utter amazement, she saw Mr. Darcy walk into the room. In an hurried manner he immediately began an inquiry after her health, imputing his visit to a wish of hearing that she were better. She answered him with cold civility. He sat down for a few moments, and then getting up, walked about the room. Elizabeth was surprised, but said not a word. After a silence of several minutes, he came towards her in an agitated manner, and thus began:

“In vain I have struggled. It will not do. My feelings will not be repressed. You must allow me to tell you how ardently I admire and love you.”

Elizabeth’s astonishment was beyond expression. She stared, coloured, doubted, and was silent. This he considered sufficient encouragement; and the avowal of all that he felt, and had long felt for her, immediately followed. He spoke well; but there were feelings besides those of the heart to be detailed; and he was not more eloquent on the subject of tenderness than of pride. His sense of her inferiority–of its being a degradation–of the family obstacles which had always opposed to inclination, were dwelt on with a warmth which seemed due to the consequence he was wounding, but was very unlikely to recommend his suit.

Oui, mĂŞme quand j’ai fini un bouquin je continue Ă  comparer les diffĂ©rentes traductions. Y’en a qui font du sport ou on une diète irrĂ©prochable… Moi c’est la traduction qui me fait vibrer. Une autre fois, si vous en exprimez le dĂ©sir, nous pourrons parler du tutoiement en anglais, en espagnol et en français chez Jane Austen!

Bonne journée!