Le père de la guitare classique moderne

Pour quoi « classique moderne »? Parce que la guitare elle peut être folk, flamenca, ou jazz ou électrique… Là on parle de guitare « classique » espagnole dans le sens qu’elle est jouée sans amplification, qu’elle a 6 cordes, qu’elle est faite dans des bois précieux de préférence massif. Elles ont des cordes en nylon, mais les trois cordes inférieures filées avec du métal, (argent ou  nickel).  Et « moderne », en opposition à baroque, classique (oui on peut jouer de la guitare classique classique ou de la guitare classique moderne) ou romantique…

Bon cela dit : Francisco Tárrega (1852-1909) est considéré comme le père de la guitare classique moderne et aussi comme un musicien de la période romantique.

Recuerdos de la Alhambra est un de ses morceaux les plus connus et Andres Segovia un des guitaristes les plus admirés du 20ième siècle.

Tárrega a par ailleurs transcrit pour guitare le morceau pour piano »Asturias » de Albeniz (post précédent). Qui est maintenant connu uniquement ou presque pour sa version guitare.

Bonne soirée, moscatel y polvorones.

 

¡Guitarra!

 

Quand j’écoute le Concierto de Aranjuez, je sais pourquoi j’aime tant l’Espagne…

Ce « concierto » m’évoque la chaleur d’une après-midi en Castille, le vol des hirondelles, le ciel bleu éclatant sans un seul nuage… La douceur d’une soirée, d’une promenade, « paséo », une fois la nuit tombée…

Attendez au moins la minute 8:30… 🙂

Joaquín Rodrigo, 1901 Sagonte (Espagne)-1999, Madrid, est l’auteur de plusieurs concertos pour guitare, dont le célèbre « Concierto de Aranjuez » (1939). Il était aveugle depuis ses 3 ans. Il a vécu à Paris et rencontré Ravel.

En 1991 ou 12, j’ai visité Aranjuez et j’ai été un peu déçue… Je m’attendais peut-être à quelques chose de magique. J’en garde cependant un souvenir très poétique et romantique, comme la musique…

fuente_nino_espina_Aranjuez.jpg

Jardins de Aranjuez (pas très loin de Madrid, un peu moins de 50 kilomètres). Le garçon à l’épine.

Autre maître de la guitare classique espagnole : Albeniz  (une célèbre Cécilia est son arrière-petite-fille) Isaac lbéniz y Pascual, 1860 à Camprodon (Espagne) -1909  Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques, France), pianiste et compositeur espagnol. Il a, composé pour piano mais Francisco Tárrega et Miguel Llobet ont transcrit pour la guitare un grand nombre de ses pièces. Dont une des plus connues est Asturias :

Si ce morceau ne vous fait pas aimer la guitare classique je veux bien me pendre!

Je vous souhaite une belle soirée, un verre de rosée, du jambon « de bellota » et du melon!

 

Julieta

La chanson du film « Si no te vas » de Chavela Vargas (je vous mets la traduction demain.) On remarquera le tableau de Freud en arrière plan (ou premier)!

Depuis sa sortie il y a une quinzaine de jours, je trépignais d’aller voir le dernier Almodovar, surtout avant d’en savoir trop sur le film : j’aime voir les films quand je ne sais rien, que c’est comme un roman qu’on ne m’a pas raconté, que je découvre tout au fur et à mesure… Je trépignais parce qu’Almodovar presque tous ces films me touchent vraiment de très près, parce que il me fait prendre un bain d’hispanitude, parce qu’il me ramène à Madrid, tout ça, tout ça 🙂 Parce qu’il est de ma génération, de ma culture, etc.  Et c’est chouette, ça me met en joie à chaque fois!

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Là, malgré la bande annonce que j’avais vu : je n’avais vraiment aucune idée de à quoi m’attendre et c’était parfait. J’aime pas trop les films dont tu ressors en te disant : « Ben en fait : tout était dans la bande annonce! » Non, la rien de tout ça : tout était surprise, inattendu, romanesque, presque envoutant.

Donc, puisqu’El Marido ne semblait pas trop chaud pour le voir et qu’il pensait qu’un film d’Almodovar ça pouvait être un peu trop sombre, voir une peu trop « tordu » pour un jeune ado : je devais y aller seule. Je me suis programmée la séance de midi, à l’Utopia 🙂 Ni vu, ni connu pendant qu’El Hijito ( o tendria que decir « El Joven ») était à la cantine.

Ça tombait bien : il y avait sur la Place Camille Julian (celle de l’Utopia) un « mercadillo » que j’avais très envie de voir . Hier, c’était l’été et je me suis vraiment senti en vacances en train de déambuler entre les stands en bavardant avec les artisans. Bien, je n’ai pas résister à m’acheter une petite bricole avant de rejoindre la salle obscure.

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En dehors de Rossy de Palma je ne connaissais aucun acteur, ils m’ont tous enchanté.

Mais j’en viens au film : je l’ai trouvé… Magnifique, juste magnifique, juste pfiou! Juste quasiment parfait! Enfin je ne sais comment l’expliquer mais tout dans ce film m’a touché au plus profond. Évidemment à partir d’un moment j’ai sorti mon mouchoir et puis finalement ça n’y suffisait plus, j’ai laissé les larmes dégouliner!  Mais j’étais pas triste! Juste émue! Tellement émue! Apparemment j’étais pas la seule, parce que pour la première partie les autres spectateurs venus à plusieurs bavardaient pas mal (mais pas de façon gênante, juste des « Ohlala », « Mais c’est qui elle? » Et puis vers la fin on entendait plus rien… Tout le monde était trop émus (enfin je crois). Bref.

Je ne veux rien vous raconter de l’histoire pour ne rien « spoïlé » à ceux qui iront. La seule chose que je peux dire c’est que ça se passe entre les années 80/90 (ça me parle!!!)  et aujourd’hui, entre Madrid et le village de Redes dans la province de La Coruña, et un chouilla d’Andalousie aussi. La « Bretagne espagnole » je crois que c’est la première fois qu’on la voit chez Almodovar… La tempête sur l’Atlantique, les vagues, la pluie… C’est un thème nouveau chez lui.

pelicula-julieta-almodovar.jpgLe thème marin inhabituel chez Almodovar.

Un des lieu du film est un « Talgo »le train moderne des années 80, que j’ai souvent pris, la nuit, aussi. J’ai adoré les couleurs et le look de Julieta qui m’ont fait m’identifier à elle tellement facilement : le pull bleu à col roulé, la mini-jupe… Le cerf par la fenêtre du train… Les cartons de déménagement! La maison basque avec ses fenêtres sur la mer, tellement poétique et onirique. Rah! J’ai tellement aimé ce film!

Ce n’était pas gagné d’avance : il y a bien deux ou trois des film d’Aldmodovar qui ne m’ont pas vraiment emballé ou juste, pas plus que ça… Mais là! Là!  Ah j’oubliais c’est à partir de nouvelles ou de plusieurs romans d’Alice Monroe, une écrivaine canadienne. Je n’ai rien lu de cette auteur. Du coup ça me tente.

On est tous ressorti avec nos petits mouchoirs chiffonnés dans nos maisn et c’était bien. dehors le soleil éclatant, la ville piétonne et estivale, les terrasses partout bondés. La rue du Loup en travaux. Le tram de retour : le bonheur.

Je vous fais plein de bisous et vous souhaite un très bon weekend!

Sevillanas

« Sevillanas » est un film espagnol réalisé par Carlos Saura, sorti en 1992.

Au piano et au chant Manuel Pareja-Obregón y García.

Un autre visage des sévillanas : le « flamenco » danse « classique » et merveilleuse… Ne zappez pas cet extrait du même film… C’est vraiment beau 🙂 Ça me fait penser à un tableau de Goya. Dommage que la vidéo s’arrête très abruptement.

Un peu plus? C’est tellement de la beauté et de la poésie pure

Tchao tchao, bisous sur le nez et prenez soin de vos rêves 😉

Pour celles et ceux qui sont charmés : le film complet

La Movidad

« La Movida madrileña »  commence à la fin des années 70 à Madrid une fois Franco mort et enterré (1975) et la transition démocratique enclenchée…

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, Amodovar 1980 (Pralinettes s’abstenir)

La vie nocturne et culturelle madrilène avait toujours été très active mais avec l’arrivée du socialisme au pouvoir, la libération des meurs, l’évolution des mentalités, l’influence de la « new wave » et du « punk » britanique, un vent de liberté, de création artistique,  souffle sur Madrid en même temps que la jeunesse s’éclate la nuit plus jamais…

Quand je suis arrivée à Madrid en 88 tout le monde disait déjà que la « movida » c’était fini, que « la grande époque » était derrière nous. Pourtant j’ai eu l’impression de l’avoir bien connu cette movida. Les nuits étaient très folles jusqu’au début des années 90. Après c’est vrai, pendant les quelques années où j’habitais à Santa Ana, j’ai vu progressivement plus de « sérieux » s’immiscer dans la ville… La surpression du petit marché hippy sur la place a sonné la fin d’une certaine « liberté » dans le quartier, la fin des dealers aussi, mêlés à la foule des badauds le samedi après-midi. Je n’ai pas regretté les dealers mais j’ai regretté ce petit marché et son ambiance babacool. C’était la fin de la movida.

FernandoHa mais je le connais très bien ce serveur! Il était déjà là en 89! C’est Fernando! Rho… (Photo récente  trouvé sur le web aujourd’hui)

Le mouvement donc était donc né à Madrid puis s’était étendu aux autres grandes villes d’Espagne… C’est un mouvement qui, si il n’était pas du aux politiques, doit tout de même aux socialistes d’avoir eu un appui politique  fort et notamment celui du maire de Madrid de l’époque(à partir de 79)  Enrique Tierno Galván (mort en 86) pour qui ce mouvement culturel était l’image d’une Espagne moderne, nouvelle, démocratique, ouverte sur le reste de l’Europe et du monde.

Maria Barranco, Rossy de Palma, Julieta Serrano et Carmen Maura
Maria Barranco, Rossy de Palma, Julieta Serrano et Carmen Maura

La movida c’est un tout : de la musique, de la littérature, de la presse, la télé, la photo, la mode, les boites, les bars, le cinéma, la danse, les bars de nuits tous plus originaux les uns que les autres… Le royaume de la création, du fait main, de la débrouille, de la jeunesse, de l’imagination, de la joie… Aussi de la drogue et de ses drames.

madrid-gran-via-

Des personnalités flamboyante dans la musique comme Alaska, dans le cinéma tout le monde connait Almodovar.

C’est tout ce que j’avais à dire. Je vous fais de gros bisous et vous souhaite une bonne soirée.

Mercedes

Mercedes_SosaLa voix de l’Amérique latine

A la fin de ma première années de fac, je pars 2 mois au pair à Palma de Majorque (Mallorca). J’ai fait beaucoup de progrès en espagnol, beaucoup, mais je n’ai même pas visité Palma 😦 La maison était en dehors de la ville.

Et j’ai découvert dans les disques du père  une chanteuse que j’ai adoré : Mercedes Sosa chanteuse « engagée » argentine des années 70. (lien vers l’article wiki ici)

J’ai acheté ce disque lors de mon retour en faisant une étape de quelques jours à Madrid, c’était en 85 :

J’aime particulièrement cet album, parce qu’il a été enregistré en publique, parce que le public donne une émotion supplémentaire à ses chansons. Beaucoup d’entre elles sont à double sens parlant à la fois d’amour et de résistance du peuple à l’oppression de la dictature militaire.

J’ai choisi « gracias a la vida » (« merci à la vie ») qui m’avait particulièrement touché la première fois que j’ai entendu cet album par une nuit d’été, sur la terrasse on passait la soirée à fumer des bidies en discutant de la culture hispanique, espagnole ou hispano-américaine.

Dans  Wiki il est écrit : « Très populaire dans toute l’Amérique latine, elle est appelée La Negra (La Noire) par ses admirateurs. » Ce qui peut paraître étrange pour des non hispanophones. Je rajoute donc que « Negra » en Amérique hispanophone est un mot comme « chérie » « belle » ou « amour » très souvent utilisé pour parlé à sa femme ou à son amoureuse. On le retrouve d’ailleurs souvent dans les chansons. Pourquoi « negra »? Je sais pas. Et ça ne s’utilise pas au masculin et surtout pas en Espagne. Le fait que ses fans l’appelle « La noire » revient un peu à « La chérie de l’Amérique ». C’était pour la petite histoire.

Gracias a la vida
Merci à la vie
Que me ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me dio dos luceros
Elle m’a donné deux étoiles
Que cuando los abro
Quand je les ouvre
Perfecto distingo
je distingue parfaitement
Lo negro del blanco
Le noir et le blanc
Y en el alto cielo su fondo estrellado
Et dans le haut du ciel son fond étoilé
Y en las multitudes
Et dans la foule
El hombre que yo amo.
L’homme que j’aime

Gracias a la vida
Merci à la vie
Que me ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me ha dado el oído
Elle m’a donné l’ouïe
Que en todo su ancho
Qui dans toute son ampleur
Graba noche y día
Enregistre nuit et jour
Grillos y canarios
les grillons et les canaris
Martillos, turbinas, ladridos, chubascos
Les marteaux, les turbines, les aboiements, les averses
Y la voz tan tierna de mi bien amado.
Et la voix si douce de mon bien-aimé

Gracias a la vida
Merci à la vie
Que me ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me ha dado el sonido
Elle m’a donné le son
Y el abecedario
Et l’alphabet
Con él las palabras
Avec lui les mots
Que pienso y declaro
Que je pense et déclare
« madre, amigo, hermano »
 »mère, ami, frère »
Y luz alumbrando la ruta del alma del que estoy amando
Et la lumière illuminant la route de l’âme de celui que j’aime

Gracias a la vida
Merci à la vie
Que me ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me ha dado la marcha
Elle m’a donné la marche
De mis pies cansados
De mes pieds fatigués
Con ellos anduve
Avec eux j’ai marché
Ciudades y charcos
parles villes et les marécages
Playas y desiertos, montañas y llanos
Par les plages et les déserts, les montagnes et les plaines
Y la casa tuya, tu calle y tu patio.
Et  jusqu’à ta maison, ta rue et ton patio

Gracias a la vida
Merci à la vie
Que ma ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me dio el corazón
Elle m’a donné le cœur
Que agita su marco
Qui « agite son cadre »
Cuando miro el fruto
Quand je regarde le fruit
Del cerebro humano
Du cerveau humain
Cuando miro el bueno tan lejos del malo
Quand je regarde le bien si loin du mal
Cuando miro el fondo de tus ojos claros.
Quand je regarde le fond de tes yeux clairs

Gracia a la vida
Merci à la vie
Que me ha dado tanto
Qui m’a tant donné
Me ha dado las risas
Elle m’a donné les rires
Y me ha dado el llanto
Et ma donné les pleurs
Así yo distingo
Ainsi je distingue
Dicha de quebranto
Le bonheur de la détresse
Los dos materiales que forman mi canto
Les deux matières qui constitue mon chant
El canto de todos que es el mismo canto
Le chant de tous qui est le même chant
El canto de todos que es mi propio canto
Le chant de tous qui est mon propre chant
¡Gracias a la vida !
¡Merci à la vie !

Traduction : Mahie B-V.

Et pour finir cette autre chanson extrêmement poignante ou émouvante ou juste magnifique, qui me met toujours les larmes aux yeux.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que el dolor no me sea indiferente
Que la douleur ne me soit pas indifférente
Que la reseca muerte no me encuentre
Que la mort sèche ne me trouve pas
Vacia y sola sin haber hecho lo suficiente.
Vide et seule sans avoir fait suffisamment.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que lo injusto no me sea indiferente
Que l’injustice ne me laisse pas indiférente
Que no me abofeteen la otra mejilla
Qu’on ne me gifle pas  l’autre joue
Despues de que una garra me araño esta suerte.
Après qu’une griffe m’ait égratignée cette chance.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que la guerra no me sea indiferente
Que la guerre ne me laisse pas indifférente
Es un monstruo grande y pisa fuerte
C’est un monstre énorme qui écrase durement
Toda la pobre inocencia de la gente.
Toute la pauvre innocence des gens.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que lo injusto no me sea indiferente.
Que l’injustice ne me laisse pas indiférente
Si un traidor puede mas que unos cuantos
Et si un traite peut plus qu’une multitude
Que esos cuantos no lo olviden facilmente.
Cette multitude ne l’ oublie pas facilement.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que el futuro no me sea indiferente
Que le futur ne me laisse pas indifférente
Deshauciado esta el que tiene que marchar
Condamné (expulsé?) est celui qui dois partir
A vivir una cultura diferente.
Pour vivre une culture différente.

Solo le pido a Dios
Je demande juste à dieu
Que la guerra no me sea indiferente
Que la guerre ne me laisse pas indifférente
Es un monstruo grande y pisa fuerte
C’est un monstre énorme qui écrase durement
Toda la pobre inocencia de la gente.
Toute la pauvre innocence des gens.

Traduction Mahie B-V